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Brest tourne la page de la construction navale militaire

Une page d’histoire s’est tournée la semaine dernière à Brest. Le site DCNS de la pointe Bretagne a, en effet, livré les derniers anneaux de frégates qu’il devait réaliser dans le cadre du programme FREMM. Destinés à la future Languedoc, les blocs ont été conduits à Lorient, où sera assemblé le bâtiment. Le transfert a été réalisé avec la barge Dino II, de DCNS, remorquée par le Croisic, de la société de remorquage Boluda France, le convoi ayant quitté Brest le 3 décembre.

 

Anneaux de la FREMM 5 quittant Brest le 3 janvier (© : MICHEL FLOCH)

 

Anneaux de la FREMM 5 quittant Brest le 3 janvier (© : MICHEL FLOCH)

 

Le remorqueur Croisic (© : MICHEL FLOCH)

 

Cet évènement met un point final à la construction neuve de bâtiments militaires dans la Coté du Ponant, plus de trois siècles après la création de l’arsenal. Ayant réalisé des centaines de navires, dont la plupart des grands fleurons de la flotte française, comme le croiseur de bataille Dunkerque (1938), le cuirassé Richelieu (1940), le croiseur Colbert (1959), le porte-hélicoptères Jeanne d’Arc (1964), ainsi que les porte-avions Clemenceau (1961) et Charles de Gaulle (2001) pour ne prendre que quelques unes des réalisations les plus marquantes du siècle dernier, l’arsenal de Brest, dont les activités industrielles sont aujourd’hui assurées par DCNS, a livré ses derniers navires en 2006 et 2007. Il s’agit des bâtiments de projection et de commandement Mistral et Tonnerre, qui ont symbolisé la mutation du site, où leur assemblage a été assuré avec des blocs provenant de Pologne pour la partie arrière et une moitié avant construite à Saint-Nazaire. Les deux BPC devaient marquer la fin de la construction neuve à Brest, étant entendu que DCNS ne conserverait dès lors que deux chantiers (Lorient pour les unités de surface et Cherbourg pour les sous-marins), les grands bâtiments devant être confiés à Saint-Nazaire, un choix alors vivement contesté par les syndicats.

 

Le Mistral a été mis à flot à Brest en 2004 (© : DCNS)

 

 

Participation temporaire au programme FREMM

 

 

Avant de s’éteindre, cette activité a néanmoins connu un petit sursis avec le programme des frégates multi-missions. Brest, comme Cherbourg, connaissant des creux de charge, la direction de DCNS avait, en effet, décidé de confier à ces deux établissement la réalisation d’éléments d’anneaux pré-équipés destinés aux FREMM construites à Lorient. Le demi-flotteur avant de la seconde frégate, destinée au Maroc (Mohammed VI) a, ainsi, été réalisé en Bretagne et en Normandie (Cherbourg a réalisé les anneaux 8, 9 et 10, qui ont été transférés à Brest pour être soudés aux anneaux 5, 6 et 7, réalisés sur place), l’assemblage de cette partie étant assuré à Brest avant son remorquage vers Lorient. Ensuite, pour la FREMM 3 (Normandie), Cherbourg a produit les anneaux 9 et 10, qui ont été assemblés aux anneaux 5, 6, 7 et 8, fabriqués par DCNS Brest. L’établissement breton a, enfin, réalisé les anneaux 5, 6 et 7 de la FREMM 4 (Provence) et ceux de FREMM 5 (Languedoc).

 

 

L'Aquitaine, tête de série du programme FREMM (© : MICHEL FLOCH)

 

 

Cap sur les services et les EMR

 

 

La montée  en puissance du programme des nouveaux sous-marins nucléaires d’attaque du type Barracuda à Cherbourg et la refonte des trois premiers sous-marins nucléaires lanceurs d’engins du type Le Triomphant à Brest regarnissant le plan de charge des deux sites, la direction de DCNS a donc décidé de ne pas poursuivre la construction de blocs de frégates en Normandie et en Bretagne. Après sa longue histoire dans la construction de bateaux gris, Brest s’oriente désormais vers les services, comme l’entretien et la refonte des unités de la Marine nationale basée à la pointe Bretagne, mais aussi de nouvelles activités, à l’image des énergies marines renouvelables.

 

 

Le SNLE Le Vigilant achève sa refonte à Brest (© : MARINE NATIONALE)

 

Hydrolienne sur le site DCNS de Brest (© : DCNS)

 

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