Marine Marchande
Brest : Une plateforme de simulation de secours en mer
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Brest : Une plateforme de simulation de secours en mer

Marine Marchande
Formation et Emploi

Le centre de simulation en santé (Cesim) installé à la faculté de médecine de Brest inaugurait lundi 18 mars son nouvel équipement : une plateforme de secours en mer pour la formation des professionnels de santé et plus largement de tous les acteurs du secours en mer.

Dans la salle de simulation, installée au sous-sol de la faculté de médecine, les voix sont couvertes par le vacarme du bruit du moteur d’hélicoptère, des ventilateurs sont en action, reproduisant un jour venteux de la côte bretonne.

 

 

Associer la mer et la santé

Plusieurs visiteurs ont pris place dans la cabine de l’hélicoptère pour tester le réalisme du vol. À leurs pieds, une civière sur laquelle repose Viviane, un mannequin. Le Cesim est doté de nombreux mannequins pour simuler différentes situations de détresse vitale. Chaque année, 5 000 personnes viennent suivre des formations initiales pour les étudiants en médecine, infirmiers ou sages-femmes et des formations continues pour un public très large, grâce à des « serious games » (jeux de simulation). Certains mannequins sont bourrés d’électronique et simulent parfaitement un arrêt cardiaque et respiratoire. Pour cette fois ce sera juste une balade dans un hélicoptère un peu secoué par le vent pour les besoins de l’inauguration.

 

 

Ce lundi matin, une cabine d'hélicoptère était installée sur la plateforme et plusieurs visiteurs ont pu la tester. (Le Télégramme / Catherine Le Guen)

« C’est une plateforme unique en Europe, parce qu’elle associe les problématiques de la mer et de la santé. Elle peut simuler ce qui se passe à l’intérieur d’un bateau, d’un hélicoptère, d’un caisson hyperbare ou d’un compartiment moteur d’un bateau de pêche », souligne le Pr Erwan L’Her, directeur du Cesim créé en 2009 dans le cadre d’un groupement d’intérêt scientifique associant le CHRU, l’UBO et la Région. Un centre qui doit, dans trois ou quatre ans, déménager dans de nouveaux locaux, près de la faculté Segalen. « À l’allure où le Cesim se développe il va peut être falloir déjà penser à réinvestir ! », a plaisanté le doyen de l’UBO Matthieu Gallou.

Des urgentistes, des plongeurs et des pêcheurs…

La plateforme sert à former les personnels de santé mobilisés pour le secours en mer, ceux du Smur maritime, mais aussi les bénévoles de la SNSM, les médecins de la force d’action navale, les pompiers, les urgentistes. Elle sert également à la formation médicale des skippers, des plongeurs, des pêcheurs en haute mer, des navigateurs au long cours… « Grâce à la simulation et à son processus d’immersion, on travaille comme si on était en situation réelle. Cela permet de maîtriser les gestes techniques d’urgence, mais aussi de travailler les compétences relationnelles », souligne le Pr Christian Berthou, doyen de la faculté de médecine de Brest.

Arrêt cardiaque dans un hélico

« La plateforme nous offre un environnement de travail très réaliste, cela permet de reconstituer en formation des scénarios rares. Cela bouge, il y a du bruit, comme dans un hélico ou un bateau on n’entend pas nos outils de surveillance scopique standards. Avant on s’adaptait dans l’action et grâce au retour d’expérience. Comme il n’y avait pas beaucoup d’interventions, les apprentissages étaient très longs et il était compliqué d’avoir des personnes très vite opérationnelles. Maintenant, on peut simuler la prise en charge d’un arrêt cardiaque d’un patient dans un hélico et acquérir des automatismes. Et c’est plus simple qu’une formation en mer, on peut filmer, faire du débriefing en temps réel et rediscuter de la situation », souligne le Dr Emgan Querellou, responsable du Smur maritime de Brest.

Un article de la rédaction du Télégramme