Histoire Navale

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Bretagne: Une carte actualisée des épaves de la première guerre

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« Le plus grand musée du monde est sous la mer », expliquent Bruno Jonin et Éric Le Gall, du Groupe de recherches archéologiques et historiques maritimes de Bretagne Sud.

La 15e carte historique du Groupe de recherches archéologiques et historiques maritimes de Bretagne Sud vient de sortir. Cette fois, elle répertorie, sur toute la Bretagne, 160 naufrages survenus durant la guerre 14-18. Un travail colossal mené par une toute petite équipe de passionnés. 

Ils cumulent, à eux trois, des centaines de plongées, bretonnes en majorité. Des plongées qui, purement de loisirs au départ, sont devenues des « chasses » aux épaves, autorisées par la Drassm (Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines). Bruno Jonin, de Quimper, avait l'habitude de les répertorier sur des cartes. Hervé Sévère, de Vannes, dessinait des phares et des bateaux. Le Lorientais Éric Le Gall a, lui, apporté ses talents de communication à l'association qu'ils ont montée, il y a maintenant quinze ans : le Groupe de recherches archéologiques et historiques maritimes de Bretagne Sud (GRAHMBS).

« Guerre sous-marine totale »

« On a décidé d'éditer des cartes indiquant les emplacements des épaves anciennes et contemporaines. On en a déjà quatorze au catalogue ? Belle-Ile, Golfe du Morbihan, Lorient-Groix... ? pour les plus locales, en passant par la pointe Saint-Matthieu ou la baie de Saint-Malo », expliquent Bruno Jonin et Éric Le Gall. En début d'année, l'association a sorti sa quinzième carte « Atlas des épaves : la Grande guerre en Bretagne », en cette année de commémoration. 160 naufrages sont identifiés sur la carte, sur les 250 comptabilisés sur la période 14-18. « Il y a eu énormément de morts dans les tranchées. Mais il y a eu aussi beaucoup de pertes en mer. Le Kaiser Guillaume II avait déclaré une guerre totale et décidé de bloquer tout le ravitaillement de la France, particulièrement sur les côtes bretonnes. La Bretagne est d'ailleurs qualifiée de " zone de guerre ". Nombreux ont été les bateaux ravitailleurs coulés. On a trouvé des épaves norvégiennes, américaines, canadiennes... et même une japonaise », rappellent les plongeurs-historiens.

Les redoutables U-Boots

À l'époque, l'Empire germanique dispose de nouvelles embarcations : les U-Boots. Ces sous-marins, armes redoutables, attaquent sans distinction de nationalité et sans faire de différence entre navires civils, de pêche ou militaires, soit plus de 7.000 unités coulées. Sur la carte, chaque bateau coulé est identifié avec ses caractéristiques, la façon dont il a coulé et à quelle date... Des encarts racontent comment les ballons captifs ont contribué à alerter les bateaux de l'approche d'un U-Boot ; comment la base d'hydravions de l'Île-Tudy devint également base américaine ; ou encore comment des peintures de guerre ont été adoptées par les navires de la Marine anglaise, puis américaine, pour troubler la vue des équipages de sous-marin...

Sept mois de travail

Pour élaborer ce « condensé d'histoire », bourré d'un maximum d'infos, « nous avons travaillé sept mois, fouillé plein de fonds d'archives », avouent les concepteurs. « Nous avons envie de transmettre notre passion et de laisser une trace de nos plongées. Le plus grand musée du monde est sous la mer », disent-ils, évoquant d'éventuelles découvertes d'épaves antiques dans les vases des rias et rivières. Les cartes, tirées chacune à 500 exemplaires, sont en vente dans quelques commerces et sur le site de l'association au prix de 14 €. « Ça nous permet de couvrir les frais et de contribuer à nos dépenses : semi-rigide, essence, équipement vidéo et photo... Prochaine carte : la rade de Brest, puis le tour de la Bretagne »... projettent ces plongeurs qui, décidément, ne manquent pas d'air ! 

www.atlasdesepaves.fr

Un article de la rédaction du Télégramme