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Brexit : Élisabeth Borne invite les ports bretons à investir

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Le lobbying pour améliorer la position des ports français dans les routes maritimes à la faveur du Brexit se heurte à des résistances. Dans ce contexte, la ministre des Transports, Élisabeth Borne, a écrit au président de la Région Bretagne. Sans promettre de miracle.

Si vous voulez obtenir plus, faites déjà le meilleur usage de ce qui est à votre disposition ! C’est en substance, le message adressé par la ministre des Transports aux ports français. Dans un courrier au président de la Région Bretagne daté du 17 octobre, Élisabeth Borne assure avoir « demandé et obtenu » que 65 millions d’euros soient disponibles en 2019, dans les caisses européennes, pour des « projets de liaisons ferroviaires terrestres » et « la connexion et le développement des ports maritimes ». « J’invite les porteurs de projets à s’en saisir et à formuler des propositions », écrit-elle à Loïg Chesnais-Girard.

Cette « invitation » s’inscrit dans la bataille menée depuis quelques mois par Paris pour tenter, à la faveur du Brexit, d’améliorer le sort des ports de Dunkerque, Calais et Le Havre, mais aussi de Brest et Roscoff.

Ces derniers, certes proches de l’Irlande, sont moins bien connectés avec le reste du marché européen que leurs concurrents et n’appartiennent pas au « réseau central », autrement dit le groupe des grands ports entre lesquels l’Union européenne tente de développer et rationaliser le transport maritime.

D’où la préférence de la Commission européenne pour Zeebrugge, Anvers et Rotterdam vers lesquels elle propose de détourner le trafic avec l’Irlande lorsque le « pont terrestre » britannique sera fermé en cas d’absence d’accord avec le Royaume-Uni le 30 mars 2019.

Brest et Roscoff mis de côté par le CESE

 

La semaine dernière, le Conseil économique et social européen (CESE), organe consultatif, s’est rangé du côté du Benelux. « Brest et Roscoff ne remplissent pas les critères de base pour devenir membres du réseau central », estime le rapporteur Stefan Back, directeur de la fédération suédoise des entreprises de transport. Un tel changement de catégorie, qui en principe n’est pas prévu avant 2023, décuplerait l’accès aux fonds européens. En raison de sa taille et de sa position dans les corridors maritimes, Rotterdam a reçu, à lui seul, plus de cinq fois plus de subventions européennes que tous les ports français, soulignait récemment la sénatrice du Pas-de-Calais, Cathy Apourceau-Poly.

 

Au Parlement, la députée (écologiste) Karima Delli est convaincue qu’il est possible de faire modifier les corridors maritimes et a déposé des amendements dans ce sens à la faveur de l’examen d’un texte général sur les réseaux transeuropéens. Peut-elle réunir une majorité ? Wim de Camp, le député néerlandais chef de file pour les transports du PPE, le principal groupe parlementaire, n’a pas voulu répondre à nos questions. Prévu fin octobre, le vote a été reporté au 22 novembre.

Un article de la rédaction du Télégramme