Pêche
Brexit : le port de Lorient se prépare au pire

Actualité

Brexit : le port de Lorient se prépare au pire

Pêche

Le port de pêche de Keroman, à Lorient, dont la moitié des poissons débarqués proviennent des eaux britanniques, tente d’anticiper les éventuelles conséquences du Brexit. Différents scénarios se dessinent.

« C’est devenu " Plus belle la vie ". Tous les jours, il y a quelque chose qui se passe ». Jean-Paul Solaro, le président de la Société d’économie mixte (SEM) de Lorient-Keroman, et tous les acteurs du port suivent de très près les péripéties de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Le Brexit doit intervenir le 31 octobre, sauf nouveau report. Aujourd’hui, la moitié des poissons débarqués au port de Keroman est pêchée dans les eaux britanniques. Alors, face à cette situation inédite, la Sem Keroman anticipe les différents scénarios possibles.

« On travaille sur ce que l’on peut », indique son président. Le rapatriement de poissons par bateaux et ferries pourrait s’intensifier, via les ports de Roscoff, Saint-Malo, Cherbourg et Caen. En lien avec les autorités, une quarantaine d’agents supplémentaires ont été mis en place dans ces ports afin de fluidifier les contrôles sanitaires. Les Anglais devraient aussi mettre en place dans leurs ports des voies prioritaires pour les camions qui transportent des produits périssables.

« Toute une économie sera impactée »

« Il y a une réalité. C’est que les poissons sont au nord et les consommateurs au sud, précise le président de la Sem Keroman. Aujourd’hui, les Britanniques n’ont pas la flottille pour alimenter tout le marché européen. Alors, soit on peut envisager des arrangements, soit les Anglais construisent rapidement une flottille mais c’est un investissement très lourd et je ne crois pas qu’ils sont prêts à mettre autant d’argent ».

Autre écueil, la crainte d’une crise sociale. « On pourra toujours trouver du poisson mais si on fait venir du poisson par camion et que les pêcheurs ici restent à quai, ça ne passera pas ».

« Quoi qu’il se passe, un Brexit avec ou sans accord, il y aura une période de flottement, voire de chaos, pense Jean-Paul Solaro. La question est : combien de temps cela va durer ? Trois semaines, on sait faire. Trois mois, on devrait s’en sortir. Plus longtemps, ça sera très compliqué. Cela va perturber toutes les entreprises. Et ce n’est pas qu’un problème pour les pêcheurs car il faut bien voir que pour une personne en mer, il y a quatre personnes à terre. C’est toute une économie qui sera impactée ».

Un article de la rédaction du Télégramme

 

Port de Lorient