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Brexit : Les ports bretons écartés mais pas exclus des corridors
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Brexit : Les ports bretons écartés mais pas exclus des corridors

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La bataille lancée l’été dernier pour permettre à Brest, Roscoff et Saint-Malo de bénéficier de financements d’urgence en cas de hard Brexit s’est soldée par une semi-victoire.

Où en est-on ? Le soutien du Parlement européen n’aura pas suffi : les ports bretons Brest, Roscoff et Saint-Malo n’ont finalement pas été intégrés aux routes du corridor atlantique dans le cadre des « plans d’urgence » européens au cas où le Royaume-Uni sortirait de l’Union européenne sans accord le 29 mars prochain. Une majorité de ministres des transports s’y est en effet opposé, n’acceptant d’intégrer, parmi les ports français, que Dunkerque, Calais et Le Havre à un corridor existant (Mer du Nord Méditerranée). Karima Delli, qui a mené les négociations avec le Conseil pour trouver un compromis, assure cependant avoir obtenu « un filet de sécurité ». En effet, selon le compromis trouvé le 7 février, la Commission s’est engagée à considérer les dossiers de tous les ports dans le cadre des appels d’offres qui seront lancés dans les semaines et mois à venir en cas de Brexit dur.

Pourquoi Elisabeth Borne n’a pas su se faire entendre ? La ministre des Transports arrivait avec une longue liste de ports à ajouter aux corridors existants. Seuls les trois plus grands premiers ont été retenus. De telles dérogations auraient créé un précédent embarrassant, ont estimé ses homologues. Le gouvernement et les représentants des ports ayant lancé très tard leur opération d’influence pour saisir l’opportunité du Brexit, le compromis obtenu est plutôt satisfaisant. Pour la même raison, Elisabeth Borne n’a pas non plus réussi à convaincre de faire modifier le corridor atlantique pour la période qui s’ouvrira après 2020 (mais réussi à intégrer les ports de Manche au corridor Mer du Nord Méditerranée). Cependant, la messe n’est pas dite, puisque la négociation avec le Parlement doit encore avoir lieu… quand le budget 2021-2027 aura été cadré. Ce qui n’arrivera pas avant plusieurs mois.

Et maintenant ? Le règlement sur les plans d’urgence doit encore être formellement adopté par les ambassadeurs des Vingt-Huit et par le Parlement. Dès lors, la Commission européenne aura les mains libres pour lancer des appels d’offres, dans ce nouveau cadre, et dans les limites des crédits déjà votés pour la période 2014-2020. « Il reste de l’argent », rassure Karima Delli qui appelle les ports à préparer leurs arrières pour entrer dans la compétition dès qu’elle sera lancée.

Enfin, Paris a obtenu que la Commission européenne anticipe la révision des critères de classification entre réseau central (auxquels sont destinés l’essentiel des fonds et où les projets sont cofinancés par l’Europe à 50 %) et réseau global (où le cofinancement est de 30 %). Prévue en 2023, elle est désormais prévue pour 2021. C’est donc une autre bataille législative qui se prépare. Elle sera menée sous la prochaine mandature, avec la nouvelle Commission européenne issue des élections du 26 mai.

Un article de la rédaction du Télégramme