Disp POPIN non abonne!
Marine Marchande
Brittany Ferries : La CFDT inquiète des modalités de mise en place du CSE

Actualité

Brittany Ferries : La CFDT inquiète des modalités de mise en place du CSE

Marine Marchande

Le syndicat UFM-CFDT de Brittany Ferries a récemment fait part de son inquiétude sur les modalités de mise en place du comité social et économique au sein de l’entreprise, notamment sur la répartition des heures de délégation qui pourrait en découler. Pour mémoire, les CSE, mis en place par les ordonnances Macron du 22 octobre 2017, vont être amenés à remplacer les représentants-délégués du personnel, du comité d’entreprise et du comité d’hygiène, de sécurité et de conditions de travail. Les missions de ces derniers vont être transférées au CSE d’ici le 1er janvier 2020, avec possibilité de mise en place d'un accord d'entreprise.

Les représentants de la CFDT de Brittany Ferries estiment qu'une application « terrestre » de l'ordonnance stricto sensu ne permet pas la prise en compte des « spécificités indispensables aux marins », dont la nécessité d'aller à bord des navires, qui implique davantage de temps disponible que les représentants d'une entreprise à terre. La diminution des possibilités de mutualisation des heures pourrait retirer beaucoup de jours de délégations par rapport à ce que connaissent aujourd'hui les représentants au CE, les élus délégués du personnel, les représentants au CHSCT et les délégués syndicaux. Pour mémoire, en plus de ces élus identiques avec ceux du droit commun du travail, le secteur de la marine marchande a également des délégués de bord dont le rôle et les heures de délégation ne sont pas impactés par les nouvelles ordonnances.

La CFDT de Brittany Ferries demande donc un accord annexe pour des moyens supplémentaires « correspondant aux préparations de dossiers de négociation » au sein de l’entreprise (NAO, temps de travail, métiers, GPEC...) et dans les organismes paritaires au niveau national (ENIM, Conseil Supérieur de la marine marchande, comité central de sécurité des navires...), dans lesquels les représentants syndicaux de l’armement sont actifs. Le syndicat souhaite également plus de présence au CSSCT, ainsi que le maintien de moyen pour les représentants du personnel afin d'aller à la rencontre des navigants. La direction de Brittany Ferries, interrogée sur ces points, n’a pas souhaité s’exprimer.

La fédération des transports CFDT a, par ailleurs, également saisi le cabinet du ministre du Travail sur la spécificité de l’application des ordonnances Macron aux entreprises de transport en général et maritimes en particulier.

Armateurs de France, interrogé sur la question, indique, par la voix d’Eric Derrien, président de son comité des affaires sociales, que « la mission d’Armateurs de France n’est pas d’entrer dans les négociations d’entreprise, mais bien d’aider la filière à faire valoir les enjeux auxquels elle doit faire face, tous secteurs d’activités confondus. A ce titre, l’organisation n’a pas de rôle dans les négociations qui se déroulent actuellement au sein des entreprises ». Il dit également que « nos adhérents attachent tous une grande importance à la qualité des relations sociales au travail au sein de l’entreprise, qui est parfaitement conciliable avec la nécessaire compétitivité des entreprises, garante du maintien et du développement des emplois. C’est précisément l’ambition de ces ordonnances ».

Brittany Ferries