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Bruno Le Maire : «  La France, force maritime »

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Bruno Le Maire : «  La France, force maritime »

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Candidat à la primaire de la droite et du centre en vue de l’élection présidentielle, Bruno Le Maire a, lors de ses déplacements sur le terrain ces derniers mois, été notamment à la rencontre des acteurs français de l’économie maritime. Un secteur considéré comme crucial par le député de l’Eure, qui écrit justement une tribune sur l’importance de la mer et des activités qu’elle génère:

 

« De la Ciotat à la Vendée en passant par la Bretagne et la Réunion, je suis allé à la rencontre de celles et ceux qui vivent de la mer. Ils sont près de 500 000 en France. Tous passionnés. Héritiers d’une tradition, perpétuant des savoir-faire, ils sont aussi des précurseurs, des innovateurs et de formidables compétiteurs, je pense à l’excellence de notre industrie nautique que j’ai rencontrée ce week-end à l’occasion du Vendée Globe aux Sables d’Olonne. Engagés dans la pêche, dans la construction navale, dans les transports et la recherche, dans l’énergie et la défense, la pêche, l’aquaculture et le tourisme. Les secteurs maritimes sont un véritable océan de possibles. Ils représentent à eux seuls une valeur de production annuelle de 100 milliards d’euros. Soit plus de 3% du revenu national brut. Au niveau mondial, l’économie maritime est valorisée à 1500 milliards de dollars et doublera d’ici à 2030.

Notre pays dispose, grâce à ses outremers, du deuxième plus vaste espace maritime mondial. Il est doté de gigantesques ressources marines. Grâce à la mer, la France rayonne sur toute la planète.

La mer, poumon de la terre, régulateur du climat, réservoir inestimable de biodiversité est une chance exceptionnelle pour la France. Il nous faut être au rendez-vous. Le manquer serait un naufrage alors que la Chine, la Russie, les Etats-Unis, le Japon pour ne citer que ces pays, se donnent depuis plusieurs années déjà, les moyens de leurs grandes ambitions maritimes.

Et il faut commencer par rattraper le retard que nous avons accumulé. Depuis trop d’années la mer est reléguée au second plan des discours de nos dirigeants. Aucune politique maritime n’a été effectivement mise en place. Une approche beaucoup trop verte des enjeux maritimes étouffe les initiatives et les potentiels de nos entreprises. Je pense à notre aquaculture qui régresse sur nos côtes.

La mer est une ressource productive. Elle est créatrice d’emplois. Elle est aussi fragile. Oui pour la protéger parce que nous ne devons à aucun prix reproduire en mer les erreurs commises à terre. Mais non pour la figer. Il ne s’agit pas d’une ressource réservée, mais partagée.

Dans le secteur de l’énergie, aucun parc éolien n’est encore implanté dans nos eaux. La France dispose pourtant du deuxième gisement européen. Nos voisins ont pris beaucoup d’avance. Nous devons encourager en étroite concertation avec tous les acteurs concernés, l’implantation d’hydroliennes et d’éoliennes pour que la France profite de cette source d’énergie propre et renouvelable. Nous devons enfin nous doter d’un calendrier stable et d’une stratégie claire.

La France dispose des ressources en algues parmi les plus importantes d’Europe mais prend du retard par rapport à ses partenaires et concurrents commerciaux. Nous devons développer l’exploitation de nos ressources biologiques marines. Il s’agit d’un domaine stratégique pour l’avenir des biotechnologies dans les secteurs de la santé, de l’alimentation, de la cosmétique, de l’énergie.

J’ai été ministre de la pêche. Je suis avec attention les évolutions de ce secteur où j’ai rencontré tant de personnes de valeur, qui travaillent dur et dans des conditions très difficiles. La politique de la pêche se réduit aujourd’hui à une gestion de court terme. Il n’y a pas de vision. Il faut nous ressaisir, reconquérir notre capacité d’influence et d’action à Bruxelles. Replacer la pêche et l’aquaculture au ministère de l’agriculture. Protéger notre pêche des conséquences à venir du BREXIT et construire enfin un plan d’avenir pour la pêche française.

Nous devons écouter les gens de mer, je pense aux pêcheurs, aux ostréiculteurs, à tous nos marins. Ils doivent être respectés pour ce qu’ils apportent non seulement à notre culture mais aussi à notre quotidien, à note économie, à notre place dans le monde.

Nous devons prendre la mesure de nos atouts et faire de la France une grande puissance mondiale maritime.

Nous devons retrouver un esprit de conquête pour et par la mer, bâtir une véritable force maritime et faire de la mer un moteur de la croissance nationale. Je veux fixer un cap avec l’ensemble des acteurs de la mer pour que la mer soit une priorité nationale.

Depuis plusieurs années, une véritable « place maritime française s’est constituée grâce à l’action énergique du Cluster maritime français dont je veux saluer le succès. Je propose aujourd’hui de franchir une nouvelle étape en créant une « Alliance pour la croissance bleue ». Elle rassemblera les compétences privées et publiques, les industries maritimes, la recherche et l’océanographie, les universités et  scientifiques et les collectivités territoriales.

En partenariat avec l’Etat, elle devra bâtir la stratégie économique maritime nationale. Ainsi seront déterminées les priorités maritimes de notre pays.

Parallèlement, je propose de renforcer nos pôles de compétitivités « mer » sur les façades Atlantique et Méditerranée et de créer, en étroite coopération avec les régions, des clusters maritimes régionaux y compris  outre-mer, pour connecter les compétences et à promouvoir l’économie maritime sur nos littoraux.

Nous devrons aussi renforcer nos capacités de recherche et d’exploration marine. Nous avons su le faire avec nos voisins européens il y a cinquante ans pour l’exploration spatiale en créant l’agence spatiale européenne. Faisons-le pour la recherche marine.

Nous devrons gagner en efficacité. C’est pourquoi, je doterai l’administration d’une organisation plus opérante, allégée et concertée. Je renforcerai la coordination interministérielle des affaires de la mer en créant une Délégation générale à la mer qui sera chargée de favoriser le développement économique des secteurs maritime. Les compétences de l’Etat en mer doivent être rationnalisées, renforcées et réorganisées. L’Etat doit être un facilitateur pour l’économie maritime et non plus un frein. Je mettrais en œuvre en un véritable aménagement des espaces maritimes qui assure une exploitation harmonieuse, équitable et raisonnable de la mer : chaque secteur doit avoir sa place.

La sécurité des françaises et des français qui vivent en mer, de la mer ou près de la mer est tout autant une priorité. Il est vital de protéger nos routes maritimes mais aussi d’assurer la sécurité de nos navires et de leurs équipages. Le littoral est une richesse qui peut se transformer en danger. Les tempêtes, les marées noires, l’érosion de nos côtes nous obligent à mieux nous protéger.

La crise migratoire est une tragédie. Des dizaines de milliers de migrants meurent en mer. C’est inacceptable. Nous devons disposer d’une réponse nationale adaptée et coordonnée avec les mesures déjà prises et à venir au plan européen. Je soutiens le projet de création d’un corps européen de gardes-frontières et de garde-côtes.

Enfin la France mérite une véritable « diplomatie maritime ». Il faut reconstruire notre capacité d'influence dans les enceintes internationales européennes au service de nos intérêts maritimes. Nous devons retrouver une voix qui porte en Europe et dans le monde. Les Français des outremers et nos ressources marines reparties sur tous les océans nous y obligent.

La mer doit être prise au sérieux !

Ensemble nous ferons de la France, une force maritime ».