Construction Navale
Bruxelles : La défense des intérêts de l'industrie maritime s'organise

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Bruxelles : La défense des intérêts de l'industrie maritime s'organise

Construction Navale

Faire revenir dans les priorités européennes les industries maritimes. C'est l'objectif d'une quinzaine de régions de l'Union, qui se sont fédérées à l'initiative des Pays de la Loire pour se faire entendre et peser sur les institutions européennes. Cela au moment où la Commission travaille sur le développement d'une politique maritime intégrée et fera en fin d'année une communication sur ce que l'on appelle la « Croissance bleue ». Baptisée justement « Industrie Maritime pour la croissance bleue », l'initiative des régions, lancée en octobre dernier, mobilise de plus en plus et commence à porter ses fruits. Ainsi, jeudi dernier, une troisième rencontre était organisée à Bruxelles, dans les locaux du parlement européen. En plus des 15 régions fondatrices du mouvement (Allemagne, France, Italie, Espagne, Finlande, Pologne), des représentants d'environ 25 autres territoires avaient fait le déplacement. Et c'est devant une salle comble, avec 150 participants, que les hauts fonctionnaires des différentes directions générales de la Commission concernées par les affaires maritimes ont pu mesurer l'ampleur de la mobilisation.

Durant l'audition de jeudi dernier  (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Durant l'audition de jeudi dernier (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

« Accélérer la différenciation et la diversification des industries maritimes »

Organisée par la région Pays de la Loire, la Conférence des Régions Périphériques Maritimes (CRPM) et l'intergroupe Mers et Zones côtières du parlement européen, cette audition publique avait pour but de faire le point sur les stratégies de développement et de diversification poursuivies par l'industrie navale européenne, ainsi que la manière de renforcer la compétitivité, tout en préservant et en amplifiant l'avance technologique des acteurs du secteur. Le message se voulait volontairement très positif. Pas question, en effet, de venir « pleurnicher » et appeler l'Europe à la rescousse pour sortir la tête de l'eau à des chantiers moribonds. Certes, la navale européenne a perdu ces dernières années des dizaines de milliers d'emplois et fait toujours face à une très vive concurrence internationale, accentuée par la crise économique et financière. Mais le secteur, pour la première fois depuis longtemps, compte bien profiter, dans les années à venir, de nouvelles sources de développement à très haute valeur ajoutée. « Nous souhaitons accélérer la différenciation et la diversification des industries maritimes vers des secteurs porteurs d'avenir comme les énergies marines, le navire du futur économe en énergie et respectueux de l'environnement ou encore les infrastructures maritimes. A cet égard, l'Union européenne peut jouer un rôle déterminant. Nos objectifs sont donc politiques : la future stratégie d'innovation européenne et la future politique régionale de l'UE doivent prendre la mesure de cet enjeu industriel. Un consensus fort se dégage entre les régions européennes sur les moyens de préparer l'avenir des industries maritimes », souligne Christophe Clergeau, premier vice-président du Conseil régional des Pays de la Loire.

Eoliennes offshores  (© : C-POWER)
Eoliennes offshores (© : C-POWER)

Zone portuaire dédiée à l'éolien  (© : BRETAGNE DEVELOPPEMENT INNOVATION)
Zone portuaire dédiée à l'éolien (© : BRETAGNE DEVELOPPEMENT INNOVATION)

EMR : La carte stratégique de l'indépendance énergétique

Espagnols, Italiens, Polonais, Finlandais, Allemands, Français... Jeudi dernier, tous les représentants des régions invités à s'exprimer ont fait le même constat. Si le secteur, dont l'activité est traditionnellement cyclique, a été sévèrement malmené par la crise, les perspectives de développement, notamment dans les énergies marines, l'exploitation des fonds marins et les navires du futurs, sont bien réelles et pourvoyeuses de manière pérenne d'un fort développement économique et social. Sans oublier que les industries maritimes sont, et on l'oublie souvent, stratégiques pour l'indépendance de l'Europe en matière d'approvisionnements, notamment énergétiques. « Le processus de restructuration a été très douloureux mais, ces dernières années, nous avons donné un nouveau souffle aux entreprises et l'industrie a évolué. Les opportunités de développements futurs doivent aller de paire avec les nouvelles technologies et la diversification énergétique. Il faut par exemple travailler sur l'extraction du gaz, les éoliennes et de manière générale l'ingénierie de pointe dont nous disposons pour assurer la sécurité des approvisionnements de l'Europe », note Wieslaw Byczkowki, vice-président de la région polonaise de Poméranie. Et le potentiel est considérable. Ainsi, pour le seul segment de l'éolien offshore, 380 turbines étaient installées en Europe en 2010. En 2020, on estime que la capacité sera multipliée par 20 ou 25, alors qu'en 2030, l'éolien offshore devrait être au même niveau que l'éolien terrestre. Et les énergies marines renouvelables ne s'arrêtent pas là. Déjà, les industriels et centres de recherche européens travaillent sur le développement de l'éolien flottant, de l'énergie hydrolienne, de l'énergie des vagues ou encore de l'énergie thermique des mers. Un gisement colossal qui peut permettre à l'Europe d'atteindre ses objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, tout en développant un nombre considérable d'emplois et, au passage, d'assurer par une politique de développement durable une stratégie d'indépendance énergétique, répondant ainsi à un enjeu crucial pour les années à venir.

Hydrolienne  (© : OPENHYDRO)
Hydrolienne (© : OPENHYDRO)

Prototype d'hydrolienne  (© : DCNS)
Prototype d'hydrolienne (© : DCNS)

Se diversifier et améliorer la lisibilité du secteur

Sur le plan économique et social, face au dumping des chantiers coréens et chinois, ainsi que la raréfaction des commandes de navires, l'émergence de nouveaux secteurs d'activité constitue une fabuleuse opportunité de redressement pour la navale. Une chance unique qu'il va falloir saisir avant d'autres acteurs internationaux en renforçant les investissements de R&D, tout en maintenant et en développant des savoir-faire très pointus, chez les grands donneurs d'ordres comme pour les PME et PMI. « Nous devons diversifier les

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