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Buenos Aires : 13 au 17 mars

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Buenos Aires : 13 au 17 mars

Cela fait presque quatre mois que le groupe école a quitté Brest, achevant bientôt son tour d'Amérique latine. Nous retrouvons les élèves à Buenos Aires, en Argentine.
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« Je suis planté, planté, au coeur de Buenos-Aires, la ville aux yeux fardés, au fond de cet estuaire où viennent les pétroliers, donner à la rivière un long baiser salé... » Balade pour un fou, Julien Clerc.

Nous faisons désormais partie de ces quelques marins privilégiés, à qui il a été donné de parcourir la mythique « Paris » de l’Amérique latine, Buenos Aires, « la ville aux yeux fardés », à l’occasion d’une escale de cinq jours, du 13 au 18 mars 2006. La capitale de la terre argentine a en effet réservé aux marins de la Jeanne d’Arc un accueil d’une chaleur inégalée, après trois mois de mission aux Amériques, le passage du « Cabo Horno » et enfin le chenalage du Rio de la Plata[1].

Implication de la communauté française d’Argentine

Le succès de cet accueil est le fruit d’une mobilisation initiée six mois plus tôt par la dynamique et généreuse communauté française de Buenos Aires (forte de 15 000 ressortissants), très présente dans un pays dominé majoritairement par les influentes communautés italienne et espagnole, mais où le français était déjà autant parlé que l’espagnol dans la capitale au début du siècle. Orchestrée par l’Alliance française et menée par Madame Ferrier, à la présence souriante et infatigable, un comité « d’organisation de l’escale » fut spécialement créé et a permis de proposer aux marins des activités culturelles d’une très grande qualité. Ce comité était composé de dirigeants des grandes entreprises françaises installées en Argentine.

Afin de rendre hommage à l’active mobilisation et à la générosité des organisateurs et sponsors, une démonstration de tango et un cocktail ont été organisés en leur honneur sur la Jeanne d’Arc lors d’une soirée inoubliable. Les Gazelles et Alouettes ont servi de décor aux danseurs et musiciens de « cette pensée triste qui se danse », née vers 1870 dans les quartiers populaires de Buenos Aires.

Au coeur du style de vie argentin

Entre visites de la campagne environnante – balades sur le delta du Tigre, journée et asado dans une estancia avec compétition des « gauchos » à cheval – et activités ciblées reflétant le style de vie argentin – démonstration de tango dans le fameux café Tortini, déjeuner au prestigieux country club de polo Tortugas, le plus ancien d’Amérique latine -, les marins n’ont eu que la difficulté de choisir parmi toutes ces activités proposées par le comité.

Trésors de Buenos Aires

Les antiquaires de San Telmo et les designers du trendy palermo viejo n’ont plus de secret pour nous qui avons déambulé dans cette capitale à l’architecture si agréable et qui se vante de contenir en son centre l’avenue la plus large du monde, « la 9 de julio ». Les plaisirs gustatifs furent également au rendez-vous avec plusieurs traditionnels « asados » de viande rouge, ainsi que la dégustation de vins du pays dont le Malbek (rouge) et Torrientes (blanc), références au niveau international. Le « dulce de leche », dessert national au caramel mérite également d’être mentionné au rang des découvertes de l’escale.

Une forte activité de représentation marquée par la présence du chef d'état major de la marine

Enfin, une forte activité de représentation s’est parallèlement déroulée avec une belle réception à l’ambassade de France en Argentine, en la présence du chef d’état-major de la marine venu saluer ses homologues argentins, ainsi qu’une visite respectivement à l’école et au cercle naval argentin. La soirée à l’ambassade fut l’occasion également pour l’ambassadeur, Monsieur Lott de rappeler la force et l’originalité des liens unissant nos deux pays.

Enfin la présence de nombreux journalistes à la conférence de presse organisée sur le bord a démontré l’intérêt des argentins pour la marine française. Nous avons laissé dans notre sillage le delta du Tigre et du Patana pour rejoindre l’océan atlantique, avec le sentiment partagé d’avoir eu la chance et l’honneur d’effleurer en une si courte mais intense escale, un peu de l’exceptionnelle âme argentine.

Officiers Elèves du poste 12
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Transit vers le Brésil

A la suite d’une importante escale en Argentine, en raison de la présence du chef d’état major de la marine et de très hautes autorités locales, le Groupe École d’Application des Officiers de Marine a mis le cap sur le Brésil. Des officiers-élèves nous racontent cette traversée, marquée par de nombreux exercices avec la marine brésilienne.

Samedi 18 mars 2006

Après une escale très chaleureuse à Buenos Aires, la Jeanne d’Arc, orpheline du Georges Leygues appareille à 09h00. Comme à l’accoutumée, les midships (officiers-élèves) s’alignent sur le pont d’envol et profitent du poste de bande pour jeter un dernier regard sur le Rio de la Plata. La musique brésilienne accompagne la Jeanne d’Arc qui s’éloigne peu à peu du quai. C’est le début d’une navigation difficile due à la faible profondeur du Rio del Plata et qui durera la journée entière. A la sortie du Rio, la traversée commence en direction de Salvador de Bahia au Brésil.

Dimanche 19 mars

Dans la nuit, la Jeanne d’Arc et le Georges Leygues profitent de leur regroupement pour entamer un exercice de lutte anti-navire. Le Georges Leygues joue le rôle d’un bateau de trafiquants d’armes devant livrer des terroristes. L’objectif de la Jeanne d’Arc est de le rechercher et d’empêcher la livraison. Malgré la plus grande discrétion du Georges Leygues, la Jeanne l’intercepte au petit matin. A 8h00, la Jeanne d’Arc jette l’ancre au large des côtes uruguayennes. C’est l’occasion d’effectuer des plongées nécessaires à l’entretien des deux bâtiments et de conduire un exercice important de lutte contre les incendies. Lors de ces deux activités, les élèves sont tout particulièrement impliqués. Après l’appareillage du mouillage, les deux bâtiments du GEAOM effectuent un exercice d’artillerie simulé contre aéronef et s’entraînent au tir au canon de 100mm et à la mitrailleuse de 12,7mm sur des ballonnets.

Lundi 20 mars

La journée commence tôt, par un exercice important : la Jeanne d’Arc simule un bâtiment soupçonné de trafic illicite. Le Georges Leygues, quant à lui, remplit la mission de police qui est régulièrement attribuée aux bâtiments de la Marine nationale. La Jeanne d’Arc, non coopérative aux interrogations faites par radio, est mise en garde par un tir de semonce effectué sur son avant. La Jeanne d’Arc enfin conciliante, le Georges Leygues décide d’envoyer à son bord une équipe dont le but est de contrôler les papiers et éventuellement la cargaison du bâtiment.

Mardi 21 mars

Trois activités fortes marquent cette journée : un transfert de charge légère (nommé Traler), un exercice de lutte anti sous-marine et enfin, un exercice majeur de sécurité. Le Traler consiste à passer une charge entre les deux bâtiments alors espacés d’une cinquantaine de mètres. La difficulté de la manœuvre réside dans la proximité des deux bâtiments et dans le passage du câble supportant la charge. A 14 heures, une sorte de torpille simulant un sous-marin est mise à l’eau par la Jeanne d’Arc. Dans le central opérations du Georges Leygues, toutes les équipes sont prêtes devant les écrans sonar pour détecter et pister le « sous-marin ». Dans le même temps, un feu fictif est détecté dans le local radar. L’ampleur du sinistre nécessite l’évacuation de la passerelle de navigation, située au pont supérieur. La direction du bâtiment doit alors être menée depuis un local de secours équipé des appareils vitaux pour assurer la navigation.

Mercredi 22-Jeudi 23-Vendredi 24 mars

La combinaison d’un exercice de lutte anti-aérienne et d’un exercice de lutte contre plusieurs sinistres tend à nous rapprocher de la réalité du combat. Frappé de plusieurs impacts, le bâtiment met tout en œuvre pour continuer la lutte selon les priorités du commandant. Jeudi, dans la soirée, le groupe école rejoint, au large de Rio, une force brésilienne afin de conduire pendant deux jours des exercices en commun. Cette force est composée d’un pétrolier ravitailleur, de deux frégates, d’un sous-marin et de deux avions d’appui tactique "A4 Skyhawk". C’est l’occasion pour les deux marines de maintenir les liens privilégiés qui les unissent déjà. Durant cette période, l’enseignement reçu dans les trois domaines de lutte est mis à profit. Les exercices se succèdent à un rythme soutenu. D’autre part, la présence d’un pétrolier ravitailleur au sein de la force brésilienne était idéale pour mener des manœuvres de ravitaillement à la mer. Les nombreux vols ont permis l’entraînement mutuel des pilotes ainsi que la rencontre d’officiers des deux marines autour de l’ambassadeur de France, M. Jean de Gliniasty. Avant de se séparer, les bâtiments se rangent en formation pour une photo finale. Lors de la campagne, le groupe école saisit toujours les opportunité qui permettent à la fois l’entraînement des équipages et le resserrement des liens avec les marines étrangères.

Samedi 25 mars 2006

Aujourd’hui, la réflexion sur la sécurité nautique est mise à l’honneur. Organisée une fois par an dans toutes les unités de la marine, elle est l’objet d’études sur des thèmes choisis : une première table ronde est menée autour du thème : « le sens marin ». Dans la foulée, le débat porte sur la navigation électronique et sur son aptitude à devenir un système de navigation de référence.

Dimanche 26 mars 2006

La chaleur tropicale s’installe de plus en plus alors que nous nous rapprochons de Salvador de Bahia. Cette dernière journée avant l’escale est mise à profit pour réaliser une manœuvre délicate : un transfert de courrier entre la Jeanne d’Arc et le George Leygues.

Les officiers-élèves du poste 12

[1] 131 nautiques dans des eaux limoneuses
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• Retrouvez toute l'actualité du groupe école sur le site de la Marine nationale

• Voir la fiche technique de la Jeanne d'Arc

• Voir la fiche technique du Georges Leygues


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