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Bugaled Breizh : L'instruction relancée

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Bugaled Breizh : L'instruction relancée

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Vendredi, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Rennes a décidé de la poursuite des investigations concernant le naufrage du Bugaled Breizh. Le chalutier breton a mystérieusement sombré le 15 janvier 2004, avec ses 5 membres d'équipage, au large du Cap Lizard. Deux juges d'instruction nantais ont été chargés de poursuivre l'enquête, et notamment la piste de l'éventuelle responsabilité d'un sous-marin. Car, après un bâtiment britannique, puis le sous-marin néerlandais Dolfijn, c'est maintenant un sous-marin nucléaire d'attaque américain qui est soupçonné. Selon certaines hypothèses, le SNA serait venu espionner le départ d'un convoi de déchets nucléaires... Un sous-marin à propulsion nucléaire de plus de 100 mètres (109 mètres pour les Los Angeles et 107 mètres pour les Seawolf - Les Virginia n'étant pas en service à l'époque) tentant d'évoluer discrètement, en plongée, par des fonds de moins de 80 mètres ? Un SNA américain en mission d'espionnage en marge d'un exercice anti-sous-marin de l'OTAN avec dans le secteur d'autres sous- marins et des bâtiments rompus à la détection ASM, le tout sans possibilité de se cacher par grande profondeur ? Un bâtiment évoluant forcément à très petite vitesse et qui aurait entrainé par le fond, en un temps très bref, un gros chalutier et son équipage ? Un sous-marin américain qui aurait délibérément abandonné à leur sort les naufragés ? 127 sous-mariniers tenus au secret pendant plus de 6 ans, sans compter ceux qui dans les états-majors et les arsenaux auraient eu connaissance de l'accident ? Et une mission d'espionnage pour connaître la composition d'un convoi et un dispositif de protection mis en oeuvre par des pays alliés auxquels il « suffisait de demander » (ou de poster quelqu'un dans le port d'embarquement) ? Les spécialistes en conviendront, toutes ces interrogations ne plaident pas en faveur de la dernière thèse avancée.
En revanche, il serait fort intéressant que les expertises de Dominique Salles, ancien sous-marinier français missionné par la justice, soient une bonne fois pour toutes rendues totalement publiques. Car, au-delà de quelques citations piochées dans les rapports, ces travaux, s'ils étaient intégralement connus de tous, permettraient peut-être de répondre à de nombreuses questions.

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