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Bugaled Breizh : Une nouvelle expertise attendue d'ici le 31 mars 2010

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Bugaled Breizh : Une nouvelle expertise attendue d'ici le 31 mars 2010

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Sous-marin ou croche molle (*) ? Les deux hypothèses concernant le naufrage du Bugaled Breizh, plus ou moins bien étayées faute d'éléments matériels probants, ont l'une et l'autre des difficultés à emporter l'adhésion de tous. Vendredi, la Cour d'appel de Rennes a ordonné une nouvelle expertise dans le cadre de l'enquête sur la disparition du chalutier breton et de ses cinq membres d'équipage. C'était le 15 janvier 2004, au large du cap Lizard, zone où se préparait à l'époque un important exercice de l'OTAN, auquel participaient notamment des sous-marins de la Royal Navy et de la marine néerlandaise. La nouvelle expertise vise à déterminer la possibilité de l'implication d'un sous-marin nucléaire d'attaque (SNA) dans le drame. Elle a été confiée au contre-amiral (2S) Dominique Salles, sous-marinier réputé qui a déjà réalisé une étude sur le naufrage du Bugaled et la possibilité qu'un sous-marin ait accroché le chalut, entrainant le bateau par le fond. Or, ce document n'a jamais été rendu public, les conclusions qu'on lui prête étant par conséquent invérifiables. Ainsi, certains expliquent que Dominique Salles aurait considéré que l'implication d'un SNA était « hautement probable ». Mais, selon plusieurs sources, cette phrase aurait été sortie de son contexte, et porterait donc à confusion.

En attendant que la première expertise soit rendue publique

Dans sa démonstration, l'officier aurait, en effet, déterminé qu'en cas d'implication d'un sous-marin dans cette affaire, seul un SNA aurait la puissance nécessaire pour entrainer le chalutier. Si tel est bien le cas, l'expertise « disculperait » au passage le Dolfijn néerlandais, un bâtiment à propulsion diesel. Quant aux SNA britanniques, leur coque est recouverte d'un revêtement anéchoïque (caoutchouc), dont on n'a pas trouvé de trace sur les funes du Bugaled. Pour lever les soupçons, il serait donc utile que le premier rapport de l'amiral Salles soit rendu public, comme l'a largement été, en son temps, malgré le secret de l'instruction, celui de Jean-Paul George, ancien technologiste des pêches à l'Ifremer, aujourd'hui décédé (cette expertise estimait que la croche était improbable).
La nouvelle expertise devra, en tous cas, déterminer si un SNA a pu être impliqué. Au cours de l'instruction, le ministère français de la Défense a fourni aux juges les positions des unités de la Marine nationale au moment du drame. Aucune ne naviguait dans le secteur. La Royal Navy a, également, affirmé que ses bâtiments ne pouvaient être en cause. Reste la théorie d'un sous-marin espion, ce qui dans une zone où les fonds sont d'environ 100 mètres, serait une grande première pour un SNA, car particulièrement risquée.
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(*) La croche molle est un enfouissement du chalut dans le fond sableux.

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