Marine Marchande
Bye bye P&0…

Actualité

Bye bye P&0…

Marine Marchande

Le trafic transmanche connaît aujourd’hui une étape importante de son histoire. La compagnie britannique réalise ce vendredi ses dernières rotations entre l’estuaire de la Seine et Portsmouth. A 17 heures, un ultime ferry de P&O quittera Le Havre et demain, ces navires bleus et blanc qui faisaient partie du décor auront disparu. L’histoire de P&O en Manche a presque 20 ans. En 1986, le britannique s’installe au Havre et à Calais en rachetant la Normandy Ferries. Un an plus tard, il s’étoffe en prenant le contrôle de Townsend Thoresen. La compagnie anglo-norvégienne, en proie a des difficultés financières, subi le coup de grâce en 1987 avec le terrible naufrage du Herald of Free Enterprise, au large de Zeebrugge. P&O récupère donc les lignes vers Cherbourg et se renforce à Calais et au Havre. Vingt ans plus tard, le groupe a décidé de se recentrer. En fait, on assiste plutôt à un démembrement de P&O, entre le rachat de la filiale transport (P&O Nedlloyd) par le danois AP Möller Maersk et la mise sous contrôle de la branche croisière (P&O Cruises) par l’américain Carnival. Pour se recentrer autour du lucratif marché de la croisière, la compagnie se désengage du secteur très concurrentiel et moins rentable des ferries.

Calais, ultime bastion

Après la fermeture de ses liaisons à partir du Cotentin, c’est au tour du Havre d’être déserté. Ne reste plus que Calais où six navires aux couleurs de P&O assurent encore la traversée vers Douvres, mais pour combien de temps ? Les collectivités locales s’attendent à une cessation d’activité dans les prochains mois, alors que, ces dernières années, le groupe a déjà diminué d’un tiers le nombre de ses ferries sur la ligne. Pour reprendre cette liaison vers l’Angleterre, plusieurs noms circulent, dont celui de Maersk (sa filiale Norfolk Lines exploite déjà une ligne au départ de Dunkerque). Pour l’opérateur SeaFrance, locataire historique de Calais, l’arrivée du géant danois et de sa politique commerciale très agressive ne serait pas franchement une bonne nouvelle.
En attendant, le départ de P&O a des conséquences sociales au Havre où 58 salariés attendent d’être fixés sur leur sort. La situation est bien pire à Portsmouth où 800 emplois sont menacés par l’interruption du trafic transmanche. Pour Le Havre, la ligne sera reprise par l’armement français Louis Dreyfus Lines. Au lieu des deux navires exploités par P&O (Pride of Le Havre et Pride of Portsmouth), LDL n’armera qu’un seul bateau qui, pour le clin d’œil, est un ancien britannique (Le Norman Spirit, ex Pride of Aquitaine).

Port du Havre P&O Ferries