Marine Marchande
Câble France-Espagne : le jack-up Jill à Bordeaux pour une campagne d’études

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Câble France-Espagne : le jack-up Jill à Bordeaux pour une campagne d’études

Marine Marchande

Le jack-up Jill de Fred Olsen Windcarrier, filiale spécialisée dans l’industrie éolienne du groupe norvégien Fred Olsen, est en escale depuis mercredi matin au Verdon où il doit rester trois jours. Ce jack-up DP2 de 56 mètres de long par 41 de large, peut travailler par des fonds allant jusqu’à 85 mètres avec ses jambes de 102 mètres. Le navire battant pavillon américain est venu participer à une campagne d’études dans le cadre du projet de câble électrique sous-marin entre la France et l’Espagne.

Arrivé des Pays-Bas, il devait se positionner à environ 10 mètres du quai pour se stabiliser sur ses jambes afrin d'effectuer des opérations de manutention. Il doit charger des composants électriques, générateurs, transformateurs ainsi qu’une plate-forme. Ces colis lourds, venus de toute l’Europe, ont été préacheminés par voie maritime. Il doivent servir à des études de reconnaissance géophysique et géotechnique pour le futur câble.

 

(© PORT DE BORDEAUX)

(© PORT DE BORDEAUX)

(© PORT DE BORDEAUX)

(© PORT DE BORDEAUX)

(© PORT DE BORDEAUX)

(© PORT DE BORDEAUX)

 

Ces études doivent permettre de « préciser les solutions techniques de contournement du canyon de Capbreton et de compléter les données déjà acquises sur le tracé maritime validé de l’interconnexion », explique RTE (Réseau de transport d’électricité) à Mer et Marine. Des études à terre et en mer ont débuté le 5 septembre et doivent se poursuivre jusqu’à fin octobre. Elles ont lieu au nord et au sud du canyon de Capbreton (Landes) ainsi que dans le Médoc, au Porge. Elles visent à réaliser une coupe géologique représentative de la côte en vue notamment d’un contournement du gouffre de Capbreton par un bref passage à terre.

Devant Capbreton (Landes), à environ 700 mètres de la plage, il s’agit de réaliser avec le Jill deux sondages de 50 mètres, devant les Bourdaines à Seignosse et Fierbois à Capbreton, pendant les deux dernières semaines de septembre. A terre, des relevés géophysiques seront également menés face aux lieux des sondages. Au Porge (Gironde), des relevés et sondages complémentaires doivent être réalisés en mer, au niveau du lieu d’atterrage, là où les câbles électriques sous-marins seront raccordés aux câbles électriques à terre. Comme à Capbreton, le jack-up va réaliser un sondage à 700 mètres devant la plage. Deux autres navires, le navire de ravitaillement offshore Ievoli Cobalt (83 mètres) de Marnavi SPA et le navire de recherche océanographique Mintis (39 mètres) de Klaipedos Unversitetas doivent aussi être mobilisés ponctuellement.

Le projet « Golfe de Gascogne » est un important câble (composé en fait de deux paires de câbles d’environ 15 cm de diamètre chacun) d’une puissance totale de 2000 MW. D’un coût d’1.8 milliard d’euros (subventionné à hauteur de 578 millions d’euros par la Commission européenne), il doit interconnecter la région de Bordeaux, depuis Cubnezais, à celle de Bilbao, à Gatika.

Ce projet a été confronté à une difficulté face à la découverte de l’instabilité des flancs du canyon. Sa mise en service initialement prévue en 2025 a dû être reportée à 2026. Des études menées depuis juin 2019 n’ont pas permis d’identifier de tracé maritime techniquement réalisable dont la stabilité soit garantie pour la durée de vie de la ligne électrique. Une alternative a donc été envisagée : un passage ponctuel à terre, ce qui implique aussi une nouvelle phase de concertation locale.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

Port de Bordeaux