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Cap sur l'Antarctique (3/10) : Icebergs en vue !

Second jour dans le passage de Drake entre la pointe sud de l’Amérique latine et l’Antarctique. Contrairement à la première nuit, où une houle résiduelle de la tempête de la veille avait légèrement secoué L’Austral, cette fois, tout le monde a dormi comme un loir, bercé par les légers mouvements du bateau. Au réveil, un petit coup d’œil par la baie vitrée de la cabine permet de constater que la mer est calme. Et, aujourd’hui, il semble que les oiseaux marins soient sortis en masse. Le temps de prendre une bonne douche et de s’habiller, direction l’arrière du navire. Au programme, petit déjeuner rapide au grand salon Karikal, afin de profiter au mieux de cette première matinée. Les viennoiseries fraîches attendent les lève-tôt, agrémentées d’un bon café ou chocolat. Instinctivement, on ne peut s’empêcher de vouloir sortir sur la terrasse extérieure, même si la température semble de plus en plus fraiche. Bien emmitouflés dans leurs blousons d’hiver, plusieurs passagers sont déjà en train d’observer la faune. Spectacle magnifique… Il y a là des dizaines, et même en fait des centaines d’oiseaux, notamment des damiers du cap, qui suivent le navire et surfent sur les déplacements d’air provoqués par le navire. Les oiseaux planent lentement à la hauteur du bateau, à quelques mètres seulement de ces drôles d’animaux que nous sommes. Puis, d’un coup, ils piquent et effectuent d’impressionnantes figures avec une incroyable adresse. Régulièrement, on les voit se poser sur l’eau pour se reposer, ou se nourrir, car les hélices de L’Austral, en battant la mer, font remonter à la surface de succulents mets pour ces oiseaux.

 

 

Damier du Cap (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Fulmar argenté et Damier du Cap (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Pétrels antarctique (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Pétrel antarctique (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Pétrels antarctique (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Pétrel des neiges et Prion (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Pétrel des neiges (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

Alors que les passagers, à l’extérieur, restent comme hypnotisés par ce ballet naturel, à quelques mètres de là, dans le salon, s’organise la séance de gymnastique du matin. Une dizaine de personnes, en tenue de sport, se sont rassemblées autour des danseuses du Ballet Paris C’Show, qui proposent des spectacles en soirée et orchestrent la séance de remise en forme du matin. Les étirements à peine terminés, il est déjà 9h30, l’heure d’une réunion consacrée à la sécurité des débarquements.

 

« En Antarctique, on a les quatre saisons en une journée »

 

Comme la veille, cette seconde journée de navigation est, en effet, l’occasion de préparer les passagers avant leur périple en Antarctique. Ce matin, il est donc question des débarquements. Car, bien entendu, il n’y a pas d’infrastructures portuaires là où se rend le navire. Nous irons donc à terre en Zodiac, une douzaine d’embarcations étant stockées sur le pont supérieur de L’Austral. Dans la salle de spectacle, Jérôme Pierre, le directeur de croisière, et Louis Justin, le chef d’expédition, réitèrent certaines consignes avant d’entrer dans le vif du sujet : « La température sera comprise entre 0 et 5° et je vous rappelle qu’en Antarctique, on a les quatre saisons en une seule journée. Il faut donc s’habiller chaudement, avec plusieurs couches ». Vraiment très bien organisée, cette réunion permet de mieux appréhender les débarquements sur les différents sites visités. « Pour commencer, le chef d’expédition part en reconnaissance et décide s’il est possible de débarquer. Des fois, on trouve de mauvaises conditions météo, de la houle, qui empêchent d’atteindre la terre en toute sécurité. La sortie peut être annulée au dernier moment », préviennent-ils. De même, Louis Justin insiste sur le fait que nous sommes fin novembre, au tout début de la saison et que, par conséquent, nous serons les premiers à visiter de nombreux sites. On ne sait donc pas, à l’avance, quel est leur accessibilité. Aucune certitude, non plus, sur la présence d’animaux pour les sites envisagés. C’est donc un peu l’aventure ou, en tous cas, la grande inconnue, ce qui n’est pas pour déplaire à un certain nombre. C’est évident, il y aura des surprises, reste à espérer qu’elles seront bonnes !

 

 

Les Zodiac de L'Austral (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Débarquement en Zodiac (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Les Zodiac de L'Austral (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

Pour le côté pratique, l’équipe d’expédition choisit toujours des zones faciles pour débarquer, les passagers étant systématiquement encadrés et au besoin aidés. La plupart du temps, la troupe met le pied à terre sur de petites plages de galets où les Zodiac viennent s’échouer. L’usage de bottes est obligatoire car, généralement, on descend de l’embarcation dans quelques petites dizaines de centimètres d’eau. Durant la réunion, de nombreux conseils sont prodigués, et Louis rappelle une nouvelle fois qu’il faut être prudent. « Nous restons vigilants en permanence, non seulement sur la météo, mais aussi sur d’autres facteurs. La chute de grands blocs de glace peut, par exemple, provoquer de mini-tsunamis. Quand cela se produit, on arrête immédiatement les débarquements le temps que les vagues passent ». On rappelle également aux passagers que, malgré le sentiment de sécurité offert par le navire, nous allons évoluer très loin de la civilisation. « Il faut faire attention car tout bobo insignifiant à terre peut prendre de grandes proportions dans cet environnement. Si une personne souffre d’une fracture, nous serons obligés de nous dérouter ».

 

 

Albatros fuligineux (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

Les oiseaux du grand sud

 

L’après-midi est consacré à la découverte des oiseaux qui peuplent la région. Déjà, sur les ponts extérieurs, Gérard Bodineau apprend depuis hier aux curieux les noms de ceux qui pointent leur bec à proximité du bateau. « Ils suivent les navires car les hélices remuent l’eau et ramènent à la surface de la nourriture ». La richesse des espèces vivant dans le grand sud est étonnante et leur mode de vie l’est encore plus. On peine en effet à imaginer que ces bêtes passent, pour la plupart, l’essentiel de leur vie en mer où elles se nourrissent, au gré des vents et de la houle. « Un oiseau marin comme l’Albatros passe entre 18 mois et 7 ans en mer, sans toucher le sol. Capable de parcourir plusieurs centaines de km par jour, il plane et peut se reposer en vol. Ou bien, s’il le veut ou qu’il n’y a pas de vent, il se pose et flotte ».

 

 

Albatros hurleur (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

Le roi de ces contrées est l’Albatros Royal, dont l’envergure va de 40 cm à 3.5 mètres. Le majestueux oiseau revient seulement à terre, lorsqu’il est adulte, pour se reproduire. Il nidifie alors au sein de colonies très denses dans les îles subantarctiques. Hurleur, Fuligineux, à sourcils noirs, à tête grise… De nombreux Albatros de différentes espèces sillonnent également cet océan. « Ces oiseaux sont des voiliers, ils peuvent planer durant des heures. Les couples sont très fidèles et l’espérance de vie très grande puisque les Albatros peuvent vivre plus de 70 ans », explique Gérard Bodineau. « Ils se nourrissent de calamars, de poulpes, de seiches ou de charognes. Quand ils repèrent quelque chose de mangeable à la surface, ils se posent ».

Proche de l’Albatros Royal, l’Albatros Hurleur présente une envergure de 2.5 à 3.6 mètres et pèse de 7 à 11 kg. Il niche en Géorgie du Sud, où l’on compte 8500 couples. Les nids sont construits dans la végétation. « Il leur faut 80 jours pour couver et 9 mois pour élever leurs petits, qui passent l’hiver sous la neige. Cet oiseau est adulte à l’âge de 7 ans mais il ne se reproduit pas avant 12 ans ». L’Albatros Hurleur présente également une particularité. Plus il est vieux, plus ses ailes sont blanches.

 

 

Albatros à sourcils noirs (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

L’Albatros à sourcils noirs se trouve, quant à lui, dans le canal de Beagle et autour du cap Horn, ses zones de nidification étant localisées aux Malouines et en Terre de Feu. Pesant de 3 à 4.5 kg, avec une envergure de 2.1 à 2.5 mètres, il peut vivre une soixantaine d’années. Capable de plonger pour pêcher, l’Albatros à sourcils noirs compte une population d’environ 600.000 individus, le nombre d’oiseaux ayant semble-t-il baissé en raison de l’industrie de la pêche.

Un peu plus petit, l’Albatros à tête grise (2 à 2.2 mètres d’envergure) niche quant à lui dans l’archipel de Diego Ramirez et en Géorgie du Sud, où il se reproduit une fois tous les deux ans. L’espèce compte 90.000 couples.

 

 

Albatros fuligineux (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

Très étonnant, l’Albatros Fuligineux (1.8 à 2.2 mètres, 2.5 à 3.7 kg), très bel oiseau à la tête plus renfoncée dans le corps que ses autres congénères, a moins tendance que les autres à suivre les bateaux. Lors du passage de Drake, on peut néanmoins savourer le vol de plusieurs individus. Nichant en Géorgie du Sud, l’Albatros Fuligineux est un animal rare, seuls 20.000 couples étant recensés. « Il fabrique un nid de terre et de végétaux, la couvaison dure 70 jours et l’élevage des jeunes 5 mois. Sa longévité pourrait atteindre 80 ans », note Gérard Bodineau.

 

Comme sur toutes les mers de l’hémisphère sud, on trouve également, dans cette région, des Pétrels de grande et moyenne tailles, qui accompagnent facilement les navires. Ressemblant aux Albatros, le Pétrel géant, ou Fulmar, présente une envergure de 1.8 à 2.2 mètres, pour un poids compris entre 3.9 et 5 kg. Ce charognard, dont il existe environ 60.000 couples nichant dans divers îles, peut être blanc ou presque noir. Adulte à l’âge de 5 ou 6 ans, il peut vivre jusqu’à 60 ans.

 

 

Pétrel géant (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Pétrel géant (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

La famille Pétrel compte également un représentant beaucoup plus petit, le Damier du Cap (80 à 90 cm d’envergure, 400 à 450 g). Très répandu dans le secteur, avec 300.000 couples estimés, cet oiseau noir et blanc, vif et rapide, suit volontiers les bateaux, s’adonnant à d’impressionnantes pirouettes. « Il y a une grosse colonie de Damiers du Cap sur l’île de la Déception, où ils nichent dans les anfractuosités  des rochers. Ces oiseaux peuvent vivre 18 ans et, comme les Albatros, les couples sont très fidèles ».

Parmi les nombreux autres oiseaux évoluant autour du bateau durant ce voyage, on notera également le Pétrel Antarctique, voisin en termes de taille du Damier du Cap, mais avec un plumage différent, à moitié noir/marron et à moitié blanc. On croisera également quelques Prions, magnifiques petits oiseaux gris avec une ligne noire formant un V évasé sur le dessus des ailes, se fondant dans les vagues et la grisaille du ciel.

 

 

Damiers du Cap (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Damier du Cap (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Damiers du Cap (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Pétrel antarctique (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Fulmar argenté (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Skua (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Skua ayant dérobé un oeuf de manchot (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Sterne antarctique (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Cormoran (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Chionis blanc (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

Dans la péninsule antarctique, on trouvera également des Sternes, des Cormorans, des Chionis Blancs, ou encore des Skua, capables de migrer d’un hémisphère à l’autre. Ces prédateurs, qui se nourrissent de tout se qu’ils trouvent, affectionnent plus particulièrement les œufs de manchots. Et à cette saison, les colonies en pleine couvaison dans la péninsule leur offrent un véritable festin.

 

Glaces droit devant !

 

Après la conférence, il est temps de partir se restaurer. Pour déjeuner, de nombreux passagers ont choisi Le Rodrigues, le restaurant situé en haut du navire, sur l’arrière, avec de grandes baies vitrées permettant de profiter au mieux de l’océan. Chacun sait, en effet, que nous ne devrions pas tarder à apercevoir les premiers icebergs. D’ailleurs, le matin même, le commandant a fait une annonce en ce sens, en lançant un petit jeu : le premier passager repérant un gros glaçon flottant remportera une bouteille de champagne. Et c’est en plein déjeuner que le bouchon sauta ! De la passerelle, une annonce prévient tout le bord qu’un iceberg se dresse devant le navire. D’un coup, une vague d’excitation s’empare du restaurant.

 

 

Premier iceberg (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Premier iceberg (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

L’intérêt ne se porte plus sur les assiettes, si délicieux soit leur contenu, mais sur les baies vitrées. Certains abandonnent même leur repas pour filer, appareil photo en main, vers les extérieurs. Soudain, une montagne de glace défile le long du navire. Les passagers en restent sans voix. Cet iceberg est énorme et impressionne fortement l’assistance, médusée par le spectacle. Après avoir manifesté leur surprise, c’est dans un silence quasi-religieux que toute l’assistance fixe la mer pour ne pas perdre une miette du spectacle. Passagers comme serveurs, le même regard se dessine sur tous les visages, celui d’un enfant qui découvre une nouvelle merveille. Lentement, cette masse glacée à la forme étonnante s’éloigne dans le sillage du navire, suivie par d’autres blocs de glace plus petits. Pour cette première rencontre, l’impression est très forte. Mais les passagers sont loin de se douter que ce n’est encore rien par rapport au spectacle auquel ils assisteront le soir même…

 

 

Premiers icebergs (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Premiers icebergs (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Premiers icebergs (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

Le détroit de Nelson et les portes de l’Antarctique

 

Après ce premier grand moment d’émotion, l’après-midi s’annonce sous les meilleurs auspices. L’Austral trace sa route vers les Shetlands du sud, un archipel considéré comme les portes de l’Antarctique, que le navire va traverser en empruntant le détroit de Nelson. Dehors, la météo est toujours aussi « régionale », le soleil combattant en permanence la grisaille, offrant d’incroyables différences de luminosité. Sur les ponts extérieurs, on remarque que les oiseaux sont de plus en plus nombreux, signe que la terre s’approche. A la passerelle, une carte marine détaille la route à emprunter, comme sur n’importe quel navire. Une évidence qui prendra une importance toute particulière dans quelques jours, lorsque nous naviguerons dans des secteurs où la cartographie est bien plus aléatoire. La visibilité est exceptionnelle, soit 25 milles environ, ce qui permet d’apercevoir assez tôt le détroit qui se profile. A tribord, l’île de Livingston, et à bâbord l’île du Roi George, enserrent ce passage qui marque la frontière de l’Antarctique. 

 

 

A la passerelle de L'Austral (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

A la passerelle de L'Austral (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

A la passerelle de L'Austral (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

A la passerelle de L'Austral (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

14 h environ. Progressivement, toute la petite troupe des passagers, chaudement vêtue, se rassemble sur les extérieurs. Pile au bon moment pour assister au début d’un inoubliable meeting aérien offert par Dame Nature. Des centaines de Damiers du Cap se sont en effet rassemblés près du navire et, dans une formation parfaite, les oiseaux se massent autour de L’Austral, piquent vers la poupe et reprennent de la hauteur en rasant ses flancs. Telle une vague, cette impressionnante escadrille évolue durant un long moment avec une grâce irréelle, drapée dans les rayons du soleil qui percent enfin la couche nuageuse, contrainte un temps de céder la place à un ciel d’un bleu profond. Le spectacle offert par ce comité d’accueil est juste splendide.

Pendant ce temps, le navire s’est engagé dans le détroit de Nelson, laissant apparaitre de plus en plus distinctement le rivage des îles. Une côte montagneuse au relief tourmenté, recouverte pour l’essentiel de neige, qui émerge de la mer, tranchant avec les eaux sombres du détroit.

 

 

Oiseaux à l'approche des Shetlands du sud (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Oiseaux à l'approche des Shetlands du sud (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Oiseaux à l'approche des Shetlands du sud (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Oiseaux à l'approche des Shetlands du sud (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Oiseaux à l'approche des Shetlands du sud (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Le détroit de Nelson (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Oiseaux dans le détroit de Nelson (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Le détroit de Nelson (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Le détroit de Nelson (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Le détroit de Nelson (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Le détroit de Nelson (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Le détroit de Nelson (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Le détroit de Nelson (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Le détroit de Nelson (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Le détroit de Nelson (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Le détroit de Nelson (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Le détroit de Nelson (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Le détroit de Nelson (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Le détroit de Nelson (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Le détroit de Nelson (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Le détroit de Nelson (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Le détroit de Nelson (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Le détroit de Nelson (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Le détroit de Nelson (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

 

Une mer d’icebergs dans l’Antarctic Sound

 

Nous franchissons les portes de l’Antarctique de la plus belle des manières, au fil d’une journée va se terminer en apothéose. Alors que les Shetlands du sud ont disparu depuis plusieurs heures dans le sillage du navire, le ciel, qui s'était un temps sérieusement obscurci dans le détroit de Nelson, s’est durablement dégagé. Tant et si bien qu'aujourd’hui, le beau temps l'emporte largement. En cette fin d’après-midi, il n’y a plus un nuage et la chaleur des rayons du soleil caresse les visages, accentuant l’immense sentiment de bien-être et de plénitude qui saisit chacun. Sur une mer aux allures de lac, L’Austral avance paisiblement dans l’Antarctic Sound, qui borde le nord de la péninsule. Celle-ci se révèle dans toute sa splendeur. Les montagnes se jettent dans la mer et, face à la proue, se présente une forêt d’icebergs. Les colosses de glace n’en finissent pas de grossir. Bientôt, le navire s’engage au milieu de ces géants, incroyablement proches, incroyablement impressionnants. Perchés sur de plus petits blocs de glace, les premiers manchots font leur apparition. Nathalie et Fred Michel, les deux photographes de la Compagnie du Ponant présents à bord de L’Austral (voir leur blog), partent en Zodiac afin d’immortaliser l'image du navire au milieu des glaces..

 

 

L'Antarctic Sound (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

L'Antarctic Sound (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

L'Antarctic Sound (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

L'Antarctic Sound (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

L'Antarctic Sound (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

L'Antarctic Sound (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

L'Antarctic Sound (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

L'Antarctic Sound (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

L'Antarctic Sound (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

L'Antarctic Sound (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

L'Antarctic Sound (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

L'Antarctic Sound (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

L'Antarctic Sound (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

L'Antarctic Sound (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

L'Antarctic Sound (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

L'Antarctic Sound (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

L'Antarctic Sound (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

L'Antarctic Sound (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

L'Antarctic Sound (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

L'Antarctic Sound (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

L'Antarctic Sound (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

L'Antarctic Sound (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

L'Antarctic Sound (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

L'Antarctic Sound (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

L'Antarctic Sound (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

L'Antarctic Sound (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

L'Antarctic Sound (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

L'Antarctic Sound (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

L'Antarctic Sound (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Sortie photos (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

L'Austral dans l'Antarctic Sound (© : NATHALIE MICHEL)

 

L'Austral dans l'Antarctic Sound (© : NATHALIE MICHEL)

 

L'Austral dans l'Antarctic Sound (© : NATHALIE MICHEL)

 

L'Austral dans l'Antarctic Sound (© : NATHALIE MICHEL)

 

 

Le spectacle est stupéfiant, d’autant qu’en cette exceptionnelle fin de journée, le soleil colore le théâtre naturel offert à nos yeux de lumières et d’ombres accentuant la beauté du lieu. Il n’y a plus d’âge, il n’y a plus d’expérience de vie. A cet instant, même les caractères les plus rudes voient leur armure fendue d’un coup, même les plus blasés sont submergés par l’émotion.

 

Il sera très difficile de se dérocher des rambardes pour rejoindre les espaces intérieurs et le dîner qui attend. L’Antarctique exerce une véritable attraction et offrira aux chanceux que nous sommes une soirée aussi magique qu’inoubliable. Une veillée tardive, au restaurant puis au salon d’observation, durant laquelle le soleil fera semblant de se coucher derrière les montagnes. Car, en cet été arctique, la nuit est quasiment absente, le crépuscule et l’aurore se succédant presque immédiatement. Sur l’horizon orange et rose, surplombé d’un ciel au bleu intense sur lequel seuls quelques fins nuages, comme de légers coups de pinceau, viennent parfaire une sublime fresque, la côte, les îles et les icebergs se détachent, parachevant une œuvre naturelle des plus grandioses.

 

 

L'Antarctic Sound (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

L'Antarctic Sound (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

L'Antarctic Sound (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

L'Antarctic Sound (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

L'Antarctic Sound (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

L'Antarctic Sound (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

L'Antarctic Sound (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

Un coup d’œil à la montre permet de constater que les heures ont défilé à une vitesse folle. Cette nuit qui, décidemment, ne veut pas s’installer, fait perdre toute notion du temps. Il est déjà 1 heure du matin et il faut se résoudre à rejoindre la cabine pour se coucher. Après avoir savouré le paysage quelques minutes encore depuis le balcon, il est temps de tirer les rideaux pour une bonne nuit de sommeil. Car, demain matin, ou plutôt tout à l’heure, c’est une autre aventure qui va débuter avec le premier débarquement… (A suivre)

 

 

L'Antarctic Sound (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

L'Antarctic Sound (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

L'Antarctic Sound (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

L'Antarctic Sound (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

L'Antarctic Sound (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

L'Antarctic Sound (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

L'Antarctic Sound (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

L'Antarctic Sound (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

L'Antarctic Sound (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Arctique et Antarctique Compagnie du Ponant