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Cap sur l'Antarctique (4/10) : Au royaume des manchots

Cela fait maintenant plus de trois jours que nous avons quitté Ushuaia à bord de L'Austral afin de rejoindre la péninsule antarctique. La nuit, si l’on peut la nommer ainsi, a duré entre 2 et 3 heures seulement. Le lever de soleil est somptueux et la météo toujours au beau fixe. C’est encore une superbe journée qui s’annonce. Après avoir traversé les Shetlands du sud hier, L’Austral a franchi au petit matin le détroit de l’Antarctique (Antarctic Sound), long d’une cinquantaine de kilomètres et large de 11 à 19 km, qui relie le détroit de Bransfield, séparant les Shetlands du sud de la péninsule, avec le golfe Erebus et Terror, qui s’ouvre sur la mer de Weddell, portant le nom du navigateur britannique James Weddell, qui explora ces eaux de 1821 à 1824.  

 

 

 

 

Vers 6h30, L’Austral s’approche de l’île Paulet, à la pointe de la péninsule antarctique. Pour y parvenir, le navire doit lentement se frayer un chemin entre de nombreux icebergs. Comme la veille, certains blocs de glace accueillent des manchots, dont certains, à la vue du bateau, sautent à l’eau. On découvre alors que ces animaux, patauds sur la terre ferme, nagent avec une surprenante facilité, en effectuant régulièrement des bonds au dessus de la surface, à la manière des dauphins. Moins peureux, un lion de mer et un phoque de Weddell se prélassent au soleil, insensibles à notre passage.

L’île Paulet est désormais face à nous, tel un roc planté sur la mer. Ce morceau de terre volcanique en forme de cône présente un diamètre de seulement 1.5 km, son sommet culminant à 353 mètres. L’île a été découverte par l’expédition britannique de Ross (1839 – 1843) et porte le nom d’un capitaine de la Royal Navy, lord George Paulet.

 

 

Au petit matin (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Au petit matin (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Au petit matin (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Au petit matin (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Au petit matin (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Au petit matin (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

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(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

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Arrivée à l'île Paulet (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Arrivée à l'île Paulet (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Arrivée à l'île Paulet (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

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L'Austral devant l'île Paulet (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

Première rencontre avec les manchots à l’île Paulet

 

Les passagers, répartis en trois groupes, attendent leur tour pour descendre à terre. Selon les exigences suivies par l’IAATO, il n’est en effet pas possible de débarquer plus de 100 personnes en même temps sur un site, de manière à ce que l’impact de la visite soit minimal sur l’environnement, et notamment les animaux. Le transfert dans les Zodiac se fait par l’arrière. Equipés des vêtements, bottes et autres sacs ayant été décontaminés durant la première journée de traversée du Drake, les passagers, avant de passer dans l’embarcation avec l’aide des marins, marchent dans un récipient contenant un produit décontaminant, de manière à ne pas amener sur l’île les germes éventuellement présents sur le pont du bateau.

 

Cette fois, nous y sommes. Le Zodiac s’éloigne de L’Austral, dont on mesure mieux la taille à côté des blocs de glace qui flottent à proximité. La côte d’approche et l’on constate, non sans surprise, que la multitude de petits points noirs visibles sur les versants de l’île sont en fait des manchots. Leur nombre est considérable. « C’est une colonie d’environ 200.000 individus », précise devant les yeux ébahis des passagers un naturaliste, fier de son effet. Nous sommes les premiers de la saison à mettre le pied sur cette île, encore revêtue d’un superbe manteau blanc. Dans quelques semaines, la blancheur de la neige laissera place à une couleur rosâtre liée à la couche de guano qui va s’accumuler avec la naissance des bébés manchots, et qui imprégnera l’atmosphère, à des kilomètres à la ronde, d’une odeur bien particulière. Il faut en effet le savoir, le manchot est magnifique, mais ses colonies sont loin de sentir la rose !

 

 

(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

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Débarquement à l'île Paulet (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

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Colonie de manchots Adélie sur l'île Paulet (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Débarquement sur l'île Paulet (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

L'île Paulet (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

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Manchots Adélie (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

Sitôt débarqué sur une petite plage de galets noirs, on ne sait plus vraiment où donner de la tête. De petits groupes d’animaux circulent un peu partout. Certains sortent d’un coup de l’eau, d’autres partent à la pêche. Passée la grève, les visiteurs empruntent précautionneusement un chemin balisé au préalable par l’équipe d’expédition, qui a fait une reconnaissance du lieu avant d’autoriser le débarquement. Les consignes sont une nouvelle fois rappelées : « On ne s’approche pas à moins de 5 mètres des animaux et, lorsqu’un groupe traverse le chemin, on le laisse passer. On ne se met jamais entre un manchot et la colonie ».

Ce petit briefing terminé, place à la magie. C’est la première fois que l’on rencontre ces petites bêtes d’aussi près et c’est, tout simplement, merveilleux. Les animaux ne sont pas craintifs. Ils sont même assez curieux et, si vous n’êtes pas autorisé à vous approcher, le manchot, lui, a tous les droits en son royaume. Et il ne s’en prive pas, venant au pied des drôles de bipèdes en parkas rouges que nous sommes. Il n’y a alors qu’à s’accroupir lentement ou s’assoir et les laisser venir, pour admirer, juste devant soi, ces petits êtres blancs et noirs. Leur corps, luisant au soleil, semble plus recouvert d’une combinaison que d’un plumage. Il s’agit de manchots Adélie, qui tirent leur nom de celui de la femme de l’explorateur français Dumont d’Urville, qui a aussi donné son nom à la Terre Adélie. Hauts d’environ 70cm, ces manchots, dont il existerait 3 millions de couples, vivent en grandes colonies, nichant en bordure du continent antarctique, sur l’Est de la péninsule et dans les îles. Pouvant vivre 10 à 20 ans, les manchots Adélie couvent leurs œufs durant 30 jours et, après l’éclosion, forment de crèches pour leurs petits, qui sont initialement gris et sont indépendants à l’âge de 2 mois.

 

 

(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

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Pour l’heure, aucun bébé manchot n’est encore né. C’est le début de l’été austral et les pontes sont en cours. On observe d’ailleurs de nombreux animaux se baladant avec un petit caillou dans le bec afin de construire leurs nids. Au cœur de l’île Paulet se trouve un grand lac qui dégèle progressivement à cette saison. Mais la glace supporte encore bien le poids des manchots, soit moins de 10 kilos, qui se suivent en file indienne, marchant sur le lac ou se laissant glisser sur le ventre. On remarque également les restes d’une construction humaine, une ancienne cabane construite à l’époque de l’expédition norvégienne emmenée par Otto Nordenskjöld, entre 1901 et 1904.

 

Les conditions météo sont idéales pour observer cette incroyable faune. Une première rencontre emprunte de beaucoup d’émotion face à ces êtres à la démarche chaloupée et nonchalante, qui semblent si gauches sur leurs petites pattes. Les manchots tombent d’ailleurs régulièrement sur cette île recouverte de neige glissante et de rochers formant autant d’obstacles. Mais qu’importe, même s’il est ici moins à l’aise que dans l’eau, le manchot est pugnace. Il trébuche, se relève, retombe, fait de petits bonds pour éviter un écueil, se laisse glisser quand la progression est trop dure… Rien ne semble devoir l’arrêter, surtout en cette période d’édification des nids, où il faut aller chercher loin et parfois dans des endroits improbables les pierres qui servent à construire le berceau des futurs nouveau-nés. Une tâche qui, pour ces animaux, tient véritablement du parcours du combattant.

 

 

(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

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Mais le manchot est motivé, et malin. Ainsi, lorsque l’un de ses congénères a la tête tournée, il n’hésite pas à chiper un caillou et fuit prestement. Les couples se répartissent donc les charges entre la construction et la protection du nid. Car, au-delà des vols de matériaux de construction par d’autres manchots, une menace bien plus importante plane au dessus de la colonie. Dans le ciel, de gros oiseaux tournoient à faible altitude. Il s’agit de Skua, qui guettent les nids laissés sans surveillance. A la moindre opportunité, ces rapaces aux pattes palmées plongent au milieu de la colonie et s’empare d’un œuf de manchot, qu’ils partent dévorer plus loin.

 

 

Skua rôdant autour de la colonie (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Skua rôdant autour de la colonie (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

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Skua attaquant un nid de manchots (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

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Skua s'étant emparé d'un oeuf (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

Après avoir passé une heure aux abords de la colonie, il est temps de reprendre le Zodiac. Sur la plage, on brosse les bottes car, s’il ne faut pas contaminer les sites visités avec d’éventuels germes provenant du bateau, il convient également de ne pas en transporter d’un lieu à l’autre. Une fois embarqué, le pilote de l’embarcation nous propose une petite navigation entre les icebergs afin d’observer de plus près la glace et les animaux qui sont dessus. Lentement, moteur au ralenti pour ne pas effrayer les manchots et phoques, le Zodiac s’approche des gros glaçons aux formes aussi diverses que variées. Alors qu’un groupe de manchots décide de plonger devant nos yeux, un cormoran entame son envol, décollant lentement de l’eau, ses pattes touchant la surface comme si l’oiseau prenait son élan depuis la terre. L’Austral, lui, se profile entre les glaces, attendant notre retour pour quitter son mouillage.

 

 

(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

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Cormoran à l'île Paulet (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Cormoran à l'île Paulet (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

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A l’issue de cette première descente à terre, qui a fait forte impression auprès des passagers, encore sous le choc de leur rencontre avec les manchots, le navire reprend sa route. Au gré des glaces, il navigue en mer de Weddell. C’est là que d’énormes icebergs tabulaires se détachent des plateformes de glace, pour errer au fil des courants. Cette très belle navigation se déroule le long de la péninsule, dont le littoral montagneux, d’un blanc immaculé, se confond parfois avec les nuages. C’est un peu comme si les Alpes se jetaient dans la mer. Et c’est devant ce cadre incroyable que les passagers profitent de cette croisière, sur les ponts extérieurs comme derrière les baies vitrées, dans le confort des salons et restaurants.

 

 

(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

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Brown Bluff (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

L'Austral arrive devant Brown Bluff (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

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L'Austral devant Brown Bluff (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

 

Les papous de Brown Bluff

 

En début d’après-midi, nous atteignons notre prochaine escale. Il s’agit de Brown Bluff, la « Falaise marron », qui porte vraiment bien son nom, d’autant qu’en ce mois de novembre, le soleil fait ressortir la couleur de l’imposante montagne, dont les falaises abruptes, hautes de 725 mètres, plongent directement dans la mer.

Comme ce matin, tout le monde se remet en « tenue d’expédition » pour une nouvelle excursion. Normalement, ce site est peuplé par 20.000 couples de manchots Adélie mais nous devrions également voir quelques manchots papous. Vue du pont de L’Austral, il semble en tous cas y avoir pléthore d’animaux au pied de Brown Bluff.

 

Un bon présage qui se confirme puisque dès notre arrivée, une belle surprise nous attend. Le site est en effet non seulement investi par les manchots Adélie, mais aussi par de nombreux manchots papous. Haut de 76 à 81 cm et pesant de 4.5 à 8.5 kg, cet animal blanc sur le ventre et noir sur le dos et les ailes, se caractérise notamment pas son long bec orange et les tâches blanches de son plumage au niveau des tempes. Se nourrissant de petits crustacés et de krill, les papous, qui plongent à moins de 100 mètres de profondeur, sont les plus rapides des manchots, de véritables torpilles, avec de fortes capacités d’accélération, qui leur permettent d’atteindre une vitesse sous l’eau de 35 km/h. Les scientifiques ont recensé environ 300.000 couples de papous, qui construisent eux-aussi des nids de cailloux. La femelle pond deux œufs, couvés en alternance avec le mâle durant 35 jours. Après l’éclosion, les jeunes sont groupés en crèches pendant 5 semaines et deviennent indépendants à l’âge de 3 mois.

 

 

Débarquement à Brown Bluff (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

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Manchots Adélie (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Débarquement à Brown Bluff (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Débarquement à Brown Bluff (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Manchots papous (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Manchot papou (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Brown Bluff  (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Manchots papous (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Manchots papous (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Manchots papous (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Manchots papous (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Manchots papous (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Manchots papous (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

A Brown Bluff, les papous ont donc décidé, cette année, de cohabiter avec leurs cousins Adélie. Par rapport à l’île Paulet, cette nouvelle rencontre est toute autre. D’abord, évidemment, du fait de la présence de nouveaux animaux. Ensuite, parceque la colonie a élu domicile au bord de la plage, certains nids n’étant qu’à quelques mètres de l’eau, ce qui impose de faire très attention aux endroits où l’on met les pieds. Plus dispersés, ces nids sont bien plus faciles à observer. On peut voir sans difficulté les œufs, que les manchots semblent avoir de la peine à couver. Régulièrement, la mère ou le père se lève pour les replacer du bout du bec, avec une délicatesse extrême. Il faut aussi les retourner afin que la chaleur soit constante sur l’ensemble de la coquille, une opération qu’on imagine facilement délicate dans cet environnement. D’autant que, comme à l’île Paulet, les manchots sont, ici aussi, soumis aux assauts des prédateurs. Perché sur un rocher, un magnifique oiseau blanc scrute la colonie et attend son heure pour passer à l’attaque et dérober le fruit de la récente ponte. D’autres goélands sont à l’affut et, régulièrement, parviennent à attraper un œuf, qu’ils lâchent en vol, un peu à l’écart, afin de le briser et d’en avaler le contenu.

 

 

L'Austral devant Brown Bluff (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Manchots Adélie à Brown Bluff (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Manchots Adélie à Brown Bluff (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Manchots Adélie à Brown Bluff (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Manchots Adélie à Brown Bluff (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Manchots Adélie à Brown Bluff (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Brown Bluff (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Phoque de Weddell (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Manchots papous à Brown Bluff (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Manchots papous à Brown Bluff (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Manchots papous à Brown Bluff (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Manchots papous à Brown Bluff (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Colonie de manchots à Brown Bluff (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Colonie de manchots à Brown Bluff (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Colonie de manchots à Brown Bluff (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Colonie de manchots à Brown Bluff (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Colonie de manchots à Brown Bluff (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Colonie de manchots à Brown Bluff (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Colonie de manchots à Brown Bluff (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Colonie de manchots à Brown Bluff (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Colonie de manchots à Brown Bluff (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Brown Bluff (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Brown Bluff (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Brown Bluff (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Brown Bluff (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Brown Bluff (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Brown Bluff (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

Le spectacle se trouve donc côté plage, avec le meilleur point de vue possible sur les nids, mais aussi côté mer. De nombreux manchots sont en effet partis chercher de la nourriture et, à leur retour, bondissent hors de l’eau dans de magnifiques sauts. D’un coup, une petite troupe s’éjecte littéralement au dessus de la surface, comme propulsé par une catapulte sous-marine, et se réceptionne avec une étonnante agilité sur l’un des nombreux blocs de glace agglutinés devant la plage. Sur l’un d’eux, un phoque de Weddell dort paisiblement, récupérant au soleil des forces après une longue et harassante plongée en quête de nourriture. Si cet animal est inoffensifs pour les manchots, cette vue idyllique cache un danger mortel. Car un phoque léopard rôde dans le secteur. Avec son allure reptilienne, cet animal aux dents acérées, long de 4 mètres, se trouve, avec l’orque, au sommet de la chaîne alimentaire de l’Antarctique. Ce redoutable et étonnant prédateur se nourrit d’autres phoques et de manchots, mais aussi de krill, grâce à une dentition unique servant de tamis pour filtrer les micro-crustacés.

 

 

Phoque léopard (© DROITS RESERVES)

 

 

Devant Brown Bluff, alors que les hommes sont captivés par la vie des manchots, un phoque léopard est en embuscade. D’un coup, il attrape un papou qui, en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire, se retrouve décapité et dévoré. L’attaque, d’une violence inouïe, n’a duré que quelques instants et les rares passagers ayant assisté à la scène, saisis par la soudaineté de la brutalité de l’évènement, n’ont même pas eu le réflexe de prendre leur appareil photo. Cette irruption du phoque léopard permet en tous cas de se rappeler que l’Eden antarctique nous offre une image trompeuse de quiétude paradisiaque. Alors que la météo, pour l’heure extraordinaire, peut devenir cauchemardesque, ce pays magnifique, comme toutes les contrées sauvage, est aussi un univers impitoyable, avec son lot de sang et de mort, où chaque animal lutte âprement pour sa survie.

 

 

Brown Bluff (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Brown Bluff (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Brown Bluff (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Brown Bluff (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Brown Bluff (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Brown Bluff (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

On en éprouve finalement que plus de respect pour cette nature que l’on se promet d’apprécier à sa juste valeur, et avec humilité car, si loin de notre confort quotidien, nous ne sommes finalement pas grand-chose dans ces latitudes extrêmes.

 

Des images plein les yeux, emplis d’un vrai sentiment de bien-être, nous rejoignons ensuite le navire. Enfin pas tout de suite puisqu’à mi-chemin, nous sommes arrêtés par un autre Zodiac. Il s’agit, en effet, de fêter ce premier débarquement sur le continent et, pour marquer le coup, les passagers ont droit à une coupe de champagne, les verres passant d’une embarcation à l’autre pour un toast sur l’eau et au milieu des glaces, une surprise vivement appréciée par le groupe.

 

(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Baptême de la descente sur le continent (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Baptême de la descente sur le continent (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

Après cette inoubliable journée, l’Antarctique nous gratifie encore, comme la veille, d’une soirée somptueuse. L’Austral navigue toujours sur une mer splendide, au milieu d’une impressionnante collection d’icebergs. Pour apprécier le spectacle, le salon d’observation, bordé par une terrasse extérieure, est le lieu idéal. Bien au chaud et confortablement installés dans d’épais fauteuils et canapés, les passagers, face aux vitres, dégustent un cocktail en savourant une vue surréaliste, le tout alors qu’un pianiste vient de s’installer. Celui-ci demande si quelqu’un souhaite une musique particulière. Et nous voilà partis à écouter du Bach, du Chopin et du Liszt, verre à la main, à assister au coucher du soleil sur les icebergs et la péninsule antarctique. Ambiance complètement décalée, dont s’amuse l’assistance, qui savoure ce grand plaisir, ce moment que chacun sait unique. (A suivre...)

 

 

Pianiste au salon d'observation (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Navigation en fin de journée  (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Navigation en fin de journée (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Navigation en fin de journée (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Navigation en fin de journée (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Navigation en fin de journée (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Navigation en fin de journée (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Navigation en fin de journée (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Navigation en fin de journée (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Navigation en fin de journée (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Navigation en fin de journée (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Navigation en fin de journée (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Navigation en fin de journée (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Navigation en fin de journée (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Navigation en fin de journée (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Navigation en fin de journée (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Navigation en fin de journée (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Navigation en fin de journée (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Navigation en fin de journée (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Navigation en fin de journée (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Navigation en fin de journée (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

VOIR LES PRECEDENTS EPISODES DE CE REPORTAGE:

 

(1/10) : Ushuaia et la Terre de Feu

 

(2/10) : Navigation dans le Passage de Drake

 

(3/10) : Icebergs en vue !

 

 

Arctique et Antarctique Compagnie du Ponant