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Ce que l’on sait du futur porte-avions nucléaire français
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Ce que l’on sait du futur porte-avions nucléaire français

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Acté par l’Elysée depuis plusieurs semaines, le lancement du programme de porte-avions de nouvelle génération (PANG) doit faire l’objet d’une communication présidentielle. Mais le contexte ne s’y est encore pas prêté et l’actualité, entre la crise sanitaire et les récents attentats qui ont frappé la France, a entrainé à plusieurs reprises, depuis la fin octobre, le report des annonces que devait faire Emmanuel Macron sur ce sujet.

L’annonce ratée à deux reprises au Creusot

Alors qu’une intervention présidentielle sur le PANG est attendue depuis le mois de juillet, il était dernièrement prévu que le chef de l’Etat annonce sa décision à l’occasion d’une visite du site Framatome du Creusot (Saône et Loire). Celle-ci était initialement prévue le 20 octobre, mais a été reportée une première fois suite à l’assassinat quelques jours plus tôt de Samuel Paty, l’enseignant de Conflans Sainte-Honorine tué par un terroriste islamiste. Reprogrammé le 27 octobre, ce déplacement a de nouveau été annulé, cette fois en raison de l’instauration du nouveau confinement destiné à contrer l’épidémie de Covid-19. Une nouvelle visite pourrait intervenir courant décembre. Pourquoi chez Framatome, qui a certes créé en octobre une division défense mais dont l'activité dans le nucléaire est essentiellement civile (conception de centrales nucléaires et réalisation d'équipements) ? Parce qu'au-delà du PANG, c'est surtout un grand plan de relance de la filière nucléaire française, très malmenée ces dernières années, qui est attendu. 

 

L'un des avant-projets PANG, ici à propulsion classique (cheminées sur le côté tribord) dessinés depuis 2018

L'un des avant-projets PANG, ici à propulsion classique (cheminées sur le côté tribord) dessinés depuis 2018

 

Le choix de la propulsion nucléaire

En attendant, que sait-on sur le futur porte-avions français ? D’abord, que le choix d’une propulsion nucléaire est acté, comme en témoigne le lieu prévu pour l’annonce présidentielle. Framatome, ex-branche réacteurs d’Areva reprise en 2015 par EDF, intervient notamment dans les appareils propulsifs des bâtiments de la Marine nationale, qu’il s’agisse des sous-marins et du porte-avions Charles de Gaulle. L’entreprise vient d’ailleurs de créer une entité dédiée au secteur militaire, Framatome Défense, dont la naissance devait être au départ annoncée pour la venue d’Emmanuel Macron au Creusot le 20 octobre. Le choix du nucléaire tient en plusieurs facteurs, politiques, géostratégiques, opérationnels et industriels (voir notre article à ce sujet).

Deux nouvelles chaufferies nettement plus puissantes

Comme le Charles de Gaulle, le PANG sera doté de deux chaufferies nucléaires, mais elles seront nettement plus puissantes que celles de son aîné, en l’occurrence deux réacteurs K15 d’une puissance de 150 MW chacun. Le futur porte-avions français, lui, disposera de deux nouvelles chaufferies communément appelées K22, qui permettront d’atteindre de l’ordre de 450 MW. Une hausse significative de puissance dictée par une taille nettement plus importante du PANG (plus de 280 mètres et au moins 70.000 tonnes à pleine charge) par rapport au Charles de Gaulle (261 mètres, 42.500 tpc). Mais aussi pour répondre aux besoins énergétiques des catapultes, pour lesquelles le choix s’est là aussi, sans surprise, arrêté sur le nouveau modèle EMALS (Electromagnetic Aircraft Launch System) développé par les Américains pour les nouveaux porte-avions de la classe Ford de l’US Navy.

 

Le système EMALS employé sur les nouveaux porte-avions américains de la classe Ford (© : GENERAL ATOMICS)

Le système EMALS employé sur les nouveaux porte-avions américains de la classe Ford (© : GENERAL ATOMICS)

 

Plus d’1 milliard d’euros pour les catapultes et le système de récupération

L’achat de deux de ces catapultes électromagnétiques longues d’environ 90 mètres (contre 75 pour les catapultes à vapeur du Charles de Gaulle), ainsi que le système de freins retenant les brins d’arrêt servant aux appontages des avions, sera réalisé auprès des Etats-Unis. Comme cela avait été le cas pour le Charles de Gaulle, le groupe américain General Atomics étant le concepteur et fabricant de ces systèmes. Cependant, par rapport au Charles de Gaulle (ou ce qui était prévu pour le défunt projet PA2), la facture sera cette fois nettement plus élevée puisqu’il ne s’agit plus de traditionnelles catapultes à vapeur et presses de frein hydrauliques mais de nouveaux systèmes nettement plus onéreux. Avec donc les catapultes EMALS et le système de récupération Advanced Arrested Gear (AAG), constituant lui aussi une nouvelle technologie basée sur l’électromagnétique. Ce système est basé sur des turbines qui absorbent l’énergie et son couplées à des moteurs à induction permettant de régler plus finement la puissance du freinage en fonction de la masse de l’avion. Un gros avantage par rapport aux actuelles presses de freins hydrauliques.

 

Le système AAG employé sur les nouveaux porte-avions américains de la classe Ford (© : GENERAL ATOMICS)

Le système AAG employé sur les nouveaux porte-avions américains de la classe Ford (© : GENERAL ATOMICS)

Le système AAG employé sur les nouveaux porte-avions américains de la classe Ford (© : GENERAL ATOMICS)

Le système AAG employé sur les nouveaux porte-avions américains de la classe Ford (© : GENERAL ATOMICS)

 

Pour deux catapultes et le système de récupération, on parle d’un budget situé entre 1 et 1.5 milliard d’euros, soit au

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