Marine Marchande
Ce que pèse CMA CGM avec NOL

Actualité

Ce que pèse CMA CGM avec NOL

Marine Marchande

Vendredi dernier, le groupe maritime français a pris le contrôle Neptune Orient Lines (NOL), compagnie détenue jusque-là par le groupe public singapourien Temasek. Avec cette acquisition, la plus importante de son histoire, CMA CGM continue de se renforcer. La hiérarchie des grands armements au conteneur demeure toutefois inchangée puisque malgré l’absorption de NOL, auquel appartient la marque APL, le groupe français ne parvient pas à détrôner son concurrent suisse Mediterranean Shipping Company, numéro 2 mondial du secteur derrière le Danois Maersk Line.

Avec NOL, CMA CGM intègre 88 navires supplémentaires, 7000 employés, un volume annuel de 4.94 millions d’EVP et des lignes desservant plus de 50 pays, avec 180 bureaux dans le monde.

Ainsi consolidé, l’armement français aligne désormais une flotte de 540 navires pour une capacité de 2.4 millions d’EVP et 18 millions d’EVP transportés annuellement. L’ensemble, qui génère un chiffre d’affaires de 21 milliards de dollars, emploie plus de 29.000 collaborateurs et détient 11.7% de parts de marché. Pas moins de 420 ports sont desservis. 

La reprise de NOL est la dernière d’une série d’acquisitions réalisées ces dernières années par le groupe fondé en 1978 par Jacques Saadé. Europe, Etats-Unis, Asie, Afrique, Océanie… Au fil du temps, la compagnie a étendu son réseau en développant des lignes océaniques renforcées par le rachat de sociétés spécialisées sur des marchés régionaux, comme Delmas, ANL, COMANAV, CNC, US Lines, Mac Andrews ou encore OPDR. Des alliances ont également vu le jour récemment, comme Ocean 3 en 2015 avec UASC et CSCL, ainsi que la future Ocean, qui doit être lancée en avril 2017 avec Cosco, Evergreen et OOCL.

Quant à ses deux grands concurrents européens, ils continuent également de développer leurs capacités dans un secteur où le ralentissement des échanges mondiaux impose d’importantes économies d’échelle, des réductions de coûts et une tendance à la consolidation, les plus petits opérateurs étant poussés vers la sortie ou absorbés.

A ce jour, selon les chiffres d’Alphaliner, Maersk aligne une flotte de 621 navires pour une capacité de 3.15 millions d’EVP, alors que MSC exploite 497 porte-conteneurs capables de transporter 2.75 millions d’EVP. La flotte de CMA CGM, agrémentée de celle de NOL, est donc plus nombreuse que celle du groupe suisse, mais ce dernier affiche une capacité supérieure. De plus, il a en commande un nombre supérieur de navires, soit 35 unités pour 485.000 EVP alors que CMA CGM n’en a « que » 24 représentant 235.000 EVP. Quant à Maersk, il attend des chantiers la livraison de 29 nouveaux navires totalisant 387.000 EVP. 

 

CMA CGM | Toute l'actualité du groupe maritime français