Croisières et Voyages
Celestyal Cruises : Progression en France mais toujours pas de retour à Marseille

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Celestyal Cruises : Progression en France mais toujours pas de retour à Marseille

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Filiale du groupe chypriote Louis, Celestyal Cruises continue de regagner des parts de marché dans l’Hexagone. En 2018, elle annonce avoir accueilli près de 6000 passagers français sur ses navires, contre 2735 l’année précédente. Pour 2019, la croissance devrait se poursuivre puisque l'objectif est fixé à 7500 clients. C’est le résultat d’une présence plus forte en France, où la compagnie a rouvert en 2017 le bureau qu’elle avait fermé cinq ans plus tôt. Son équipe française, emmenée par Clément Mousset, est passée de deux à quatre personnes ces derniers mois. Dans le même temps, le réseau de vente est patiemment reconstruit, avec désormais 150 partenaires distributeurs, soit un bond de 68% en un an. Conséquence directe de ces efforts, les réservations s’envolent : il y en avait déjà 2300 au début de cette semaine pour 2019, alors qu’à la même époque l’an dernier on n'en comptait que 300 pour la saison 2018.

 

La direction de la compagnie et l'équipe France étaient réunis à Paris lundi 

La direction de la compagnie et l'équipe France étaient réunis à Paris lundi 

 

Une compagnie qui pesait plus de 40.000 passagers français

Une belle progression donc, même si l’on est encore très loin des 42.000 passagers que l’armateur revendiquait en 2010. Il s’appelait alors Louis Cruises et était un acteur majeur du marché hexagonal grâce aux embarquements qu’il proposait à Marseille. Ceux-ci ont cessé en 2012 et, l’année suivante, la clientèle tombait à seulement 980 passagers français. A l’époque, la compagnie traversait une période très difficile, incapable avec sa flotte de vieux navires de rivaliser avec les paquebots modernes alignés par ses concurrents sur la Méditerranée occidentale. Elle a donc réduit drastiquement la voilure et s’est repliée sur sa seule zone protégée, sa terre historique, celle des îles grecques. Pour symboliser un nouveau départ, Louis Cruises est devenue Celestyal Cruises en 2014, avec un produit axé principalement sur l’expérience et l’art de vivre grecs. Le tout autour d’itinéraires uniques sur le marché permettant une découverte en profondeur des archipels helléniques et une extension vers des escales turques. Ce qui a clairement séduit la clientèle. En revanche, la tentative de développement à Cuba, où Celestyal fut pionnière en 2017, s’est interrompue en 2017 car les opérations y étaient trop complexes et coûteuses.

Une flotte drastiquement réduite

Côté flotte, de la douzaine de bateaux alignés il y a moins de 10 ans, il n’en reste plus que deux, le Celestyal Crystal et le Celestyal Olympia. Après un affrètement auprès de l'opérateur britannique Marella (ex-Thomson), le Majesty (1992, 41.662 GT, 731 cabines) a été vendu l’été dernier à la compagnie israélienne Mano Maritime. Le vieux Louis Aura (15.780 GT, 358 cabines) est quant à lui parti à la démolition à la même époque, sans grande surprise pour cette vieille baille datant de 1968. Plus curieusement, le Spirit (33.930 GT, 627 cabines), sorti en 1983 des chantiers de Saint-Nazaire sous le nom de Nieuw Amsterdam, vient de connaître le même sort. Affrété depuis 2003 par Thomson, il était pourtant très apprécié par la clientèle et avait encore un bon potentiel.

Respectivement mis en service en 1980 et 1982, le Celestyal Crystal (25.000 GT, 480 cabines) et le Celestyal Olympia (37.600 GT, 725 cabines) ont été modernisés plusieurs fois et bénéficient encore de travaux de rénovation cet hiver. Mais ils commencent tout de même à accuser leur âge et il faudra bien les remplacer. Ils ne devraient en tous cas pas rester seuls très longtemps.

 

Le Celestyal Crystal (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Celestyal Crystal (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Quid des futurs navires ? 

La compagnie a en effet affirmé cette semaine sa volonté d’accroître ses capacités. Depuis longtemps, ses dirigeants successifs ont évoqué des bateaux neufs. En 2016 encore, l’objectif affiché était de disposer d’une nouvelle paire de paquebots livrables en 2020 et 2022. Mais Celestyal Cruises n’a manifestement pas les moyens financiers, pour le moment du moins, de faire aboutir ce projet. Comme elle l’a toujours fait jusqu’ici, elle devrait donc se tourner vers le marché de l’occasion, à ceci près que les navires de taille moyenne âgés d’une vingtaine d’années ne sont pas légion, si ce n’est l’ancien Mistral aujourd’hui exploité par Costa ou encore la série des Statendam qu’avait faite construire Holland America Line. Quoiqu'il en soit, le produit de la vente des trois navires sortis de flotte, en particulier celle du Majesty, devrait logiquement permettre à Celestyal de procéder à une acquisition.

Une saison 2019/2020 étendue de 12 semaines

En attendant, la compagnie, qui a enregistré pour tous ses marchés 108.000 passagers en 2018 (+8% par rapport à 2017), a décidé d’étendre son offre avec de nouveaux itinéraires mais aussi une extension de la durée d’exploitation annuelle de sa flotte. L’armateur, qui avait jusqu’ici une activité très saisonnière en Grèce (d’avril à octobre généralement), va ainsi prolonger son activité annuelle de 12 semaines, soit pour la prochaine saison du 15 mars 2019 au 6 janvier 2020.

Nouveaux itinéraires vers la Grèce, la Turquie, l’Egypte, Israël et Chypre

En plus de ses traditionnelles boucles au cœur des îles grecques, elle va par exemple proposer une nuit à quai à Istanbul pour permettre aux passagers de rester deux jours dans la célèbre cité turque. Celle-ci fait notamment partie d’une nouvelle croisière de 7 jours au départ du Pirée avec comme autres escales Canakkle, Volos, Héraklion, Santorin et Mykonos. Celestyal a également décidé de rouvrir certaines destinations, comme l’Egypte, Israël et Chypre. Ce sera l’objet d’une nouvelle croisière d’une semaine entre Le Pirée, Alexandrie, Port Saïd, Ashdod, Limassol, Rhodes et Kusadasi.

Et Marseille ?

En revanche, l’armateur ne prévoit toujours pas un retour de ses navires à Marseille, où pourtant une place est très clairement à prendre suite à la disparition de Croisières de France. De nombreux acteurs du secteur semblent persuadés que Celestyal pourrait se faire une belle place en proposant des itinéraires alternatifs à ce qui se pratique au départ de la cité phocéenne. A commencer évidemment par des croisières vers la Grèce. Mais avec une flotte qui ne compte plus que deux bateaux, les possibilités d'ouvrir de nouvelles destinations sont forcément moins importantes. De plus, le poids du marché français, bien qu'en croissance, est bien loin de ce qu'il était il y a une décennie. Il ne représente plus que 5% des passagers accueillis par la compagnie, dont la première clientèle est constituée par les Américains et Canadiens (32%), suivis par les Espagnols (12%), les ressortissants d'Amérique latine (10%), les Grecs (10%) et les Turcs (9%). 

 

Louis Cruises