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Centrale Nantes : Où en est le projet d’extension du bassin de houle ?

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Retardé en raison d’un coût bien supérieur à ce qui était initialement prévu, le projet d’extension du bassin de houle de l’Ecole Centrale de Nantes n’est pas pour autant enterré. L’établissement a en effet revu sa copie et trouvé des solutions pour le mener à bien, sachant que le coût global est maintenant estimé à 16 millions d’euros, soit le double de ce qui avait été budgété. « Le projet suit son cours et nous sommes très confiants dans notre capacité à récupérer le financement complet de cette opération ». Centrale Nantes ne pouvant assumer le surcoût, il va donc falloir trouver l’argent ailleurs, notamment auprès de l’Europe. Pour cela, l’Ecole doit faire labelliser son outil comme Très Grande Infrastructure de Recherche, ce qui passait déjà par un classement national en Grande Infrastructure de Recherche. Un statut acté au printemps par le Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. « C’était la première marche et nous travaillons maintenant pour nous faire identifier comme Très Grande Infrastructure de Recherche par l’Europe. Celle-ci doit lancer un appel à projets fin 2019 et, si nous sommes retenus, nous aurons un budget de fonctionnement européen. Dès lors, le financement de l’Etat sera acquis ». Si tel est le cas, le chantier pourra être lancé en vue d’une mise en service de la nouvelle infrastructure vers la fin 2021.

Un outil adapté aux phénomènes côtiers

Le projet vise pour mémoire à étendre le bassin de houle, dont la longueur doit passer de 50 à 90 mètres. Avec son extension de 40 mètres, plutôt dédiée aux projets côtiers, le futur bassin doit être doté d’un nouveau système de génération de vent, alors que la partie nouvelle disposera d’un second batteur et d’un « faux plancher » avec des pompes permettant de créer une courantologie. Il sera dès lors possible de cumuler toutes les contraintes naturelles (mer, vent, courants) pour déterminer le plus finement possible le comportement d’un bateau ou d’une structure offshore, via les tests effectués en bassin sur des maquettes instrumentées et autopropulsées. Des tests qui concernent les structures en elles-mêmes, mais aussi leur interaction avec d’autres éléments, par exemple un navire immergeant une structure sous-marine.

La partie allongée doit également proposer des profondeurs variables, allant jusqu’à moins de 1.5 mètre. Comme la possibilité de générer du courant, il s’agit là de répondre à un besoin croissant de tester des structures côtières, pour lesquelles la profondeur actuelle du bassin (5 à 10 mètres) est trop importante pour reproduire les effets naturels.

Première phase de travaux lancés cette année

En attendant, l’Etat a autorisé Centrale Nantes à conserver le budget initial de 8 millions d’euros que l’école va pouvoir utiliser pour débuter les travaux dès cette année.  Ils ne porteront pas sur l’extension du bassin, qui dépend de l’aboutissement de la démarche auprès de l’Europe. « Sur l’existant nous avons déjà beaucoup de choses à revoir. Nous allons par exemple intervenir sur l’actuel batteur et nous avons aussi une partie immobilière importante. Les travaux vont notamment porter sur l’extension de la zone de préparation des maquettes et l’aménagement de bureaux. Cela se fera sans créer de nouveau bâtiment puisque nous allons en fait réaménager des surfaces connexes existantes ». De cette manière, Centrale Nantes peut moderniser son bassin de houle et cette partie de son Laboratoire de recherche en hydrodynamique, énergétique et environnement atmosphérique (LHEEA), ce qui est nécessaire, sans prendre le risque de lancer la phase suivante avant d’obtenir l’agrément européen. « Si dans le pire des cas on nous dit non, nous n’aurons donc pas dépensé inutilement d’argent ».