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Cerbair développe un système anti-drones pour protéger navires et ports
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Cerbair développe un système anti-drones pour protéger navires et ports

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L’emploi de petits drones civils de plus en plus performants et accessibles au grand public constitue une menace, car ils peuvent être employés à des fins de renseignement mais aussi pour des actions criminelles voire terroristes. Centrales nucléaires, prisons, aéroports, zones industrialo-portuaires, bases militaires… les sites sensibles terrestres ont été les premiers concernés par ce phénomène ces dernières années, un certain nombre de cas venant démontrer la difficulté de repérer de tels engins, les empêcher d’agir et débusquer les opérateurs qui les mettent en oeuvre.

Le domaine maritime n’échappe pas au problème, avec par exemple, en septembre dernier, un drone repéré aux abords de l’Ile Longue, la base des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) français située en rade de Brest. Ce qui a donné lieu à un dépôt de plainte de la part du commandement de l’arrondissement maritime de l’Atlantique, la procédure étant toujours en cours.

Espionnage et terrorisme

Les premiers risques sont l’espionnage, mais aussi de potentielles actions offensives, les micro-drones pouvant emporter une charge utile, de quelques centaines de grammes à plusieurs kilos, par exemple des explosifs. C’est peu mais, si l’attaque est bien placée, les dégâts humains et matériels, comme l’impact psychologique, peuvent être importants. Dans le domaine naval, cette menace est prise en compte au niveau des ports, lors des appareillages ou retours aux bases, mais aussi quand les navires évoluent près des côtes ou sont en opération à l’étranger. Les drones employés seuls ou en essaims, depuis la côte ou un « bateau-mère », font partie du spectre des menaces asymétriques.

Une expérimentation avec la Marine nationale

C’est dans cette perspective que la Marine nationale expérimente des solutions embarquées capables de protéger ses bâtiments contre des attaques de mini ou micro-drones. En juin dernier, une expérimentation a débuté à Brest avec le système Hydra, développé par Cerbair. Créée en 2015, cette société française s’est spécialisée dans les outils permettant de détecter, localiser et le cas échéant neutraliser de telles menaces. « Le but de cette expérimentation était de valider le concept d’emploi, les performances et la portée d’un système de détection et de neutralisation embarqué sur un navire. L’enjeu a été de navaliser notre dispositif déjà employé à terre pour les contraintes maritimes », explique à Mer et Marine Antoine Menini, directeur technique de Cerbair. Une navalisation qui doit notamment tenir compte de contraintes environnementales particulières, avec des problématiques d’étanchéité, de résistance à la corrosion provoquée par le sel via les embruns et l’air marin, de vibrations, de mouvements de plateforme ou encore de raccordement au réseau électrique d’un bateau, qui n’a pas les mêmes normes qu’une installation terrestre. Il est également important de veiller à ce que le système ne perturbe pas (ou soit lui-même perturbé) les autres capteurs du bâtiment, par exemple les radars, sachant que les meilleurs espaces pour des équipements de surveillance sont généralement déjà occupés et restreints en termes de surface. Ce qui était le

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