Construction Navale
Chantier Bretagne Sud: un navire propulsé par une éolienne en construction
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Chantier Bretagne Sud: un navire propulsé par une éolienne en construction

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« Naviguer face au vent avec la seule puissance du vent, quel marin n’en aurait pas rêvé ? La voilure tournante est la seule réponse à ce défi et sa technologie est aujourd’hui prête », explique son inventeur Charles Henri Viel. Dans un monde économique en transition, l’Archinaute un navire « proof of concept », trouve aujourd’hui parfaitement sa place. Imaginé dans la tête de ce Carnacois, centralien en 2008, l’Archinaute n’était alors qu’une idée. En 2014, ce drôle d’engin futuriste propulsé par une éolienne passe à l’état de maquette. Un test grandeur nature dans une lagune près d’Étel (56), prouve alors que la technique a du sens. Reste à passer au concret. En 2015, la maquette de 40 cm est présentée au musée des Thoniers, puis à Brest et enfin à Paris… sur une péniche. En 2016, l’idée fait partie des projets français retenus pour le climat et marque une véritable prise de conscience. En 2017, on change de braquet en ajoutant une stratégie d’entreprise et, en 2018, une nouvelle maquette qui répond aux normes des bateaux professionnels voit le jour.

 

 

Un prototype de 11 mètres

Aujourd’hui, l’Archinaute passe un nouveau cap avec un prototype en aluminium de 11 m de long pouvant transporter une douzaine de passagers. « Cette réalisation est le fruit du travail de toute une équipe de collaborateurs à commencer par mes proches, ma compagne, mes enfants. Elle prouve que ce bateau est à présent une réalité et l’on y croit d’autant plus qu’il répond à une nécessité urgente qu’est la transition énergétique ». Financé en partie par des prêts d’honneur, il utilise un élément que l’on trouve partout en mer : le vent… Un potentiel inépuisable.

Construit par le chantier naval Bretagne sud à Belz, ce drôle d’engin répond également à une logique économique et sera présenté en avant-première au salon La mer XXL, à Nantes, à la fin du mois de juin. Sobre, efficace et utilisant les énergies renouvelables, il a été dessiné avec une coque à carène soigneusement profilée, est doté d’une hélice à grand rendement et permet un stockage sur batterie ainsi qu’une gestion de l’énergie. « Nous mettons le vent en conserve, ce qui nous permet une autonomie complète et 100 % propre, couvrant tous les besoins en électricité du bord. La seule limite du bateau, c’est la vitesse. Pour le moment, sa moyenne est de cinq à six nœuds avec la possibilité d’aller jusqu’à 10 nœuds ».

 

 

Pour tous types de navigation

Actuellement conçu pour un transport de passagers, l’Archinaute est aussi adaptable à tous types de navigation, pêche, fret… « La seule chose que j’exclus actuellement c’est une utilisation militaire ». Doté d’une éolienne à six pales, de 6 m de diamètre, avec ses 10 tonnes, il bénéficie d’une grande stabilité et cumule les avantages. Raisonnable pour l’économie, il utilise une énergie gratuite et illimitée, sans contrainte de réapprovisionnement, avec une maintenance réduite et une grande longévité. Il est peu bruyant et véhicule l’image d’un acteur responsable.

Un article de la rédaction du Télégramme