Construction Navale
Chantier Marée Haute : « Le bémol, c’est la difficulté de recruter »
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Interview

Chantier Marée Haute : « Le bémol, c’est la difficulté de recruter »

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Marée Haute, à Trégunc, peine à recruter du personnel. Malgré la crise sanitaire et ses conséquences, le chantier naval embauche, avec une activité en forte croissance. Rencontre avec le gérant, Serge Calvez. 


Pour accompagner le développement du chantier, Marée haute embauche, mais a du mal à trouver des techniciens. Comment expliquez-vous ces difficultés ?

En effet, alors que l’entreprise est en forme, le bémol, c’est la difficulté à trouver du personnel. Actuellement, on compte 32 salariés, sans compter notre support administratif du groupe BFR. Et on recherche huit personnes : cinq en composite, un mécanicien pour les services, et un ou deux accastilleurs finisseurs pour les bateaux neufs. C’est incompréhensible. Il y a une vraie crise du recrutement. Une difficulté liée au fait que les confrères recrutent, eux aussi. On a contacté les écoles. Mais le marché de l’emploi pour les techniciens est tendu.

Votre activité s’est fortement diversifiée ces derniers temps...

C’est vrai qu’on est en plein développement. On avait déjà connu ça, il y a deux ans. Il y a encore quelques années, on était essentiellement sur le neuf, avec nos Django. Récemment, nous avons énormément développé les services, notamment avec le rachat, en avril, de Belon Marine loisirs, à Moëlan, que ce soit pour l’entretien, l’hivernage et la motorisation, en plaisance. À Belon Marine loisirs, on est d’ailleurs passé d’un à cinq salariés. Depuis un an, sur le site du Minaouët, on a par ailleurs monté une équipe de quatre personnes dédiée à la modification et au « refit » de bateaux de pêche professionnels. On a en permanence un bateau de pêche en chantier. On reçoit des bateaux de toute la côte, du Conquet à Lorient, dans la limite de 16 m et de 70 tonnes.

Malgré la Covid, on aura un chiffre d’affaires en hausse à la fin de l’année. On pense même atteindre les 4 M€ en 2021.

Comment avez-vous traversé la tourmente de la crise sanitaire et de ses conséquences ?

Sur l’activité, nous avons été peu touchés, avec un peu de télétravail et 10 % de chômage partiel, sur un mois. Le marché du neuf, en plaisance, a fortement chuté, mais il redémarre. En revanche, les services ont explosé, et malgré la Covid, on aura un chiffre d’affaires en hausse à la fin de l’année. On pense même atteindre les 4 M€ en 2021.

L’annulation du salon Grand Pavois, de La Rochelle, c’est un coup dur pour les entreprises du secteur ?
Oui, c’est une vitrine importante, ce salon à flots. Alors pour compenser, on a décidé de monter un salon, à Concarneau, en partenariat avec CN Diffusion.

Comment se déroulera ce salon ?

On va commencer à l’installer ce week-end, au niveau du quai Carnot, mais il sera ouvert au public du 23 septembre au 3 octobre . Nous présenterons la gamme des Django, ainsi que des produits dont nous sommes distributeurs (moteurs, semi-rigides…).

Avec des nouveautés ?

Il y aura en effet le lancement officiel du Django 12.70, le 30 septembre. À l’origine, nous avions conçu deux prototypes, mais là, c’est le lancement de la série. Nous avons d’ores et déjà deux commandes, et le premier partira aux États-Unis. Nous présenterons également le Django 9.80, dans sa version trois cabines, dédié à l’origine aux écoles de voile et à la location. Et puis il y aura le Django 8S, dédié à la course au large, et qui vient d’être validé pour participer aux courses transatlantiques. Il concourt même pour devenir support des épreuves de course au large aux Jeux Olympiques, et fait partie des cinq derniers bateaux en lice. Mais pour aller au bout, il nous faudrait un partenariat pour la logistique.

Un article de la rédaction du Télégramme