Construction Navale
Chantiers Bernard : La pilotine Frya mise à l'eau

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Chantiers Bernard : La pilotine Frya mise à l'eau

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Une belle bête est sortie des chantiers Bernard de Locmiquelic. Mise à l'eau hier et prochainement livrée, Frya, la nouvelle pilotine du port allemand d'Emden, mesure 19 mètres, est équipée de deux moteurs MTU de 1000 CV, pèse 40 tonnes et peut, par mauvais temps atteindre la vitesse de 25 noeuds. Tout est pensé pour affronter la rudesse de la mer du Nord. Elle est auto-redressable et sa timonerie est suspendue sur cylindres-blocs. Son étrave polyédrique permet de réduire l'enfournement et les correcteurs d'assiette, à l'arrière, améliorent la stabilité du navire. « Nous discutons beaucoup avec les pilotes pour savoir quels sont leurs besoins et nous essayons de trouver des solutions pour qu'ils puissent aller vite dans tous les temps, dans les meilleures conditions de sécurité et de confort », explique Georges Bernard, un des dirigeants des chantiers. Et pour cela, le chantier a innové : Frya dispose, ainsi, d'une échelle à enfléchure hydraulique qui sécurise la prise de l'échelle de pilote, puisque le pilote n'a plus besoin de sauter du bord vers l'échelle du navire piloté. Et, comble de raffinement, la main courante sur le pont est chauffée !

Frya en construction aux chantiers Bernard   (© : CAROLINE BRITZ - MER ET MARINE)
Frya en construction aux chantiers Bernard (© : CAROLINE BRITZ - MER ET MARINE)

Frya après sa mise à l'eau   (© : CAROLINE BRITZ - MER ET MARINE)
Frya après sa mise à l'eau (© : CAROLINE BRITZ - MER ET MARINE)



Frya en remorque à la sortie des chantiers Bernard   (© : CAROLINE BRITZ - MER ET MARINE)
Frya en remorque à la sortie des chantiers Bernard (© : CAROLINE BRITZ - MER ET MARINE)

L'étrave polyédrique   (© : CAROLINE BRITZ - MER ET MARINE)
L'étrave polyédrique (© : CAROLINE BRITZ - MER ET MARINE)

Chantiers Bernard : 40 ans de construction navale

Frya est la première pilotine d'une série de quatre, toutes destinées à des ports allemands : Emden, Cuxhaven, Hambourg et Kiel. « Nous avons de nombreux clients et d'excellents contacts dans les pays du Nord ». Georges Bernard est fier de ces bateaux. Son chantier de Locmiquelic, dans la rade de Lorient, est devenu une référence sur le marché des navires de servitude. Pas forcément évident pour cette entreprise quarantenaire, qui a commencé par la construction de bateaux de pêche pour la Bretagne Sud et la Manche. « Comme tous les chantiers spécialisés dans la pêche, nous avons commencé à réfléchir à la diversification dans les années 90, avec le plan Mellick et la réduction des flottilles ». Fort de son expérience dans les bateaux de travail construits pour affronter les mers difficiles, le chantier s'intéresse au marché des canots de sauvetage. « Nous avons décroché notre premier marché avec la SNSM en 1990 pour des vedettes de 1ère classe. Depuis nous avons construit une centaine de bateaux de sauvetage : des canots tout temps et des vedettes ». Le chantier aborde, ainsi, le marché des navires de servitude, en profitant de sa connaissance des conditions de sécurité, l'auto-redressabilité en particulier, et en s'appuyant sur une équipe polyvalente. « Nous faisons tout ici, nous avons un bureau d'études, nous travaillons le composite, nous avons des menuisiers, coque, mécanique hydraulique, on fait tout », sourit Georges Bernard.

Des canots SNSM, des pilotines, des vedettes pour la douane

Très vite, le chantier se positionne sur le marché des pilotines. « Nous avons vendu quasiment dans tous les ports français, puis nous sommes passés à l'export. C'est un marché difficile, mais nous avons réussi à y faire notre place, notamment après avoir livré des bateaux en Norvège et en Belgique ». Et la diversification se poursuit. Récemment, les chantiers Bernard ont décroché un marché de construction de quatre vedettes de 12 mètres pour la Douane. « Nous regardons tous les types de marchés, et nous sommes régulièrement démarchés ». Dernièrement, le chantier a été interrogé sur la possibilité de construction de motor-yachts et des trawlers de 30 mètres. « Les particuliers sont aussi intéressés par l'insubmersibilité et l'auto-redressabilité. La plaisance, c'est un axe de développement intéressant auquel nous réfléchissons ».
Les chantiers poursuivent donc leur croissance et viennent de s'installer dans un nouveau site dans le bloc K2 de la base des sous-marins de Lorient. « Nous avions besoin d'avoir un autre chantier pour pouvoir honorer notre plan de charge. Nous avons deux ans de travail devant nous ».

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