Construction Navale
Chantiers de l’Atlantique : le point avec Laurent Castaing
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Interview

Chantiers de l’Atlantique : le point avec Laurent Castaing

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Activité et perspectives, nouveaux investissements, solutions environnementales à l’étude, embauches et problématique du durcissement de la directive sur les travailleurs détachés… Dans un long entretien accordé à Mer et Marine, Laurent Castaing, directeur général des Chantiers de l’Atlantique, fait avec nous le point sur les sujets du moment. En attendant une décision européenne sur le projet de reprise de la moitié du capital de l’entreprise par le groupe italien Fincantieri (toujours en cours d’examen à Bruxelles), le constructeur nazairien continue de surfer sur une activité extrêmement importante et déroule ses projets dans la croisière, le militaire ou encore les énergies marines.

Alors que Laurent Castaing est à la barre depuis janvier 2012, le Conseil d’administration des Chantiers de l’Atlantique a voté pour la reconduction pendant quatre ans de son mandat, qui s’achevait le 31 juillet. Une décision qui, puisque la majorité de l’entreprise est détenue par l’Etat depuis l’été 2018, vient d'être entérinée par un décret du président de la République, comme pour toute société publique.

MER ET MARINE : Quel bilan dressez-vous des dernières années pour le chantier ?

LAURENT CASTAING : Ces dernières années, la situation des chantiers s’est globalement améliorée. Nous avons reconstitué notre carnet de commandes, qui a été bien solidifié, et en plus nous avons doublé notre chiffre d’affaires standard, celui sur lequel nous étions auparavant dimensionnés, c’est-à-dire entre 800 millions et 1 milliard d’euros par an. En 2018, nous étions à 1.6 milliard de chiffre d’affaires, en 2019 nous frôlerons 1.8 milliard et en 2021 nous atteindrons les 2 milliards. C’est le genre de choses auxquelles les gens ne sont pas très sensibles mais réussir à doubler son chiffre d’affaires uniquement en croissance interne, cela nécessite des efforts et une mobilisation considérables. Nous y sommes notamment parvenus parce que toutes nos livraisons ont été réussies.

Le résultat net augmente également mais semble toujours relativement peu élevé par rapport aux standards de l’industrie… 

Le résultat bien que modeste s’améliore, ce qui est aussi je le souligne le cas de la confiance bancaire, qui était notre talon d’Achilles il y a quelques années encore. Aujourd’hui, nous n’avons plus de mal à trouver des banques pour financer nos commandes.

Notre résultat net était de 37 millions en 2018 et nous serons dans les mêmes eaux cette année, alors que nous étions tout juste à l’équilibre il n’y a pas si longtemps. Si on se compare à nos concurrents directs, la norme est entre 2 et 3% de résultat net sur le chiffre d’affaires et entre 5 et 6% de résultat opérationnel. Nous sommes en train d’atteindre ces chiffres. L’indicateur de résultat sur le chiffre d’affaires est intéressant et il faut aussi regarder les résultats sur les fonds investis. Or, pour une entreprise qui a été valorisée 120 millions d’euros lors du processus de vente (par STX, ndlr), faire 37 millions de résultat est un montant que ne renieraient pas un certain nombre de start-up !

Les bénéfices sont toujours réinvestis dans l’entreprise ?

Oui, l’argent reste dans la société. Nous avons beaucoup investi ces dernières années, soit un peu plus de 30 millions d’euros par an et, dans les prochaines années, les investissements annuels seront de l’ordre de 40 millions. L’acquisition du très grand portique et l’extension de l’aire de pré-montage ont en particulier représenté un inv

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