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Charles de Gaulle : 24 Rafale sur le pont d’envol

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Charles de Gaulle : 24 Rafale sur le pont d’envol

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Ce sont les premières vues aériennes du Charles de Gaulle en mode « tout Rafale ». Des images impressionnantes montrant le pont d’envol du porte-avions garni de 24 appareils de ce type, auxquels s’ajoutent deux avions de guet aérien Hawkeye et deux hélicoptères, un Caïman Marine et un Dauphin. En fait, le hangar était à cet instant vide puisque c’est l’ensemble du groupe aérien embarqué actuellement présent sur le bâtiment qui était massé sur le pont d’envol pour les besoins du shooting photo. Le résultat est en tous cas réussi et illustre parfaitement la puissance militaire qu’offre le Charles de Gaulle, avec une force de frappe significativement renforcée depuis le retrait du service, cet été, des derniers Super Etendards Modernisés (SEM) et leur remplacement par des Rafale, dont sont désormais équipées les trois flottilles de chasse de l’aéronautique navale.

 

(© : MARINE NATIONALE)

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Premières frappes en Irak

Ces vues ont été diffusées vendredi, jour où le groupe aéronaval français a débuté son troisième engagement contre le groupe terroriste Daech. Les opérations ont été lancées dans la matinée avec le catapultage d’une première pontée, qui a œuvré avec les appareils de l’armée de l’Air déployés dans la zone (12 Rafale) afin d’offrir un appui aérien aux troupes irakiennes dans les régions de Mossoul et Ramadi. « Le 30 septembre, les Rafale de l’armée de l’Air ont réalisé quatre sorties aériennes détruisant un dispositif défensif de Daech dans les reliefs qui surplombent la vallée du Tigre au nord-est de Mossoul. Dans la même journée, trois patrouilles composées de deux Rafale Marine ont été successivement engagées en appui des troupes irakiennes au sol. Trois frappes ont été réalisées et ont permis de détruire quatre positions de combat de Daech à une vingtaine de kilomètres de Mossoul. Pendant ce temps, l’E3F (AWACS), aéronef de détection et de contrôle aéroportés qui volait au-dessus du théâtre d’opérations, surveillait l’ensemble de l’activité aérienne », détaille l’Etat-major des Armées.

Les opérations se sont poursuivies samedi : « Dans la journée du 1er octobre, les activités aériennes se sont poursuivies avec la réalisation de 8 sorties aériennes des Rafale (Marine et Air). Une patrouille de deux Rafale Marine a ainsi effectué une frappe au nord-ouest de la ville de Ramadi (centre de l’Irak), et a détruit une position de combat de Daech. Pendant, ce temps, un E2-C Hawkeye menait une opération de surveillance de l’espace aérien alors que trois sorties de reconnaissance étaient menées par une patrouille de Rafale Marine et un Atlantique 2 en Irak et en Syrie ».  

 

(© : MARINE NATIONALE)

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Préparation en vue de la bataille de Mossoul

Permettant de tripler la force de frappe offerte par les appareils de l’armée de l’Air, le groupe aéronaval permet de renforcer significativement les moyens militaires français au moment où l’armée irakienne, soutenue par la coalition internationale, s’apprête à lancer une vaste offensive pour reprendre la ville de Mossoul, fief de Daech en Irak. En dehors des moyens aériens, la France a notamment déployé dans le secteur un détachement d’artillerie comprenant quatre CAESAR et compte également une centaine de militaires à Bagdad et Erbil pour la formation et le conseil des états-majors et unités irakiennes.

Un groupe aéronaval particulièrement puissant

Concernant le groupe aéronaval, il a pour mémoire quitté les eaux françaises le 24 septembre pour rejoindre la Méditerranée orientale. Avec autour du Charles de Gaulle une escorte particulièrement puissante, composée d’un sous-marin nucléaire d’attaque, de la frégate de défense aérienne Chevalier Paul, de la frégate antiaérienne Cassard, de la frégate anti-sous-marine Jean de Vienne, du destroyer américain USS Ross et de la frégate allemande Augsburg.

 

(© : MARINE NATIONALE)

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Prudence sur la durée du déploiement

La durée exacte du déploiement du Charles de Gaulle n’est pas connue. Même si, dans une audition parlementaire datant de juillet et rendue publique récemment, le ministre de la Défense annonçait une opération prévue de « fin septembre à fin octobre », il faut demeurer prudent. Certes, cette nouvelle mission du porte-avions se bornera à la Méditerranée orientale et devrait être plus courte que les précédentes, le groupe aéronaval partant généralement pour quatre mois en poussant jusque dans le golfe Persique et l’océan Indien. La refonte à mi-vie du bâtiment, qui devait débuter initialement le mois dernier mais a été reportée de six mois l’an dernier, notamment pour des raisons budgétaires, permet un ultime déploiement avant cet arrêt technique majeur qui durera 18 mois et intervient tous les 7 ans. Malgré ce troisième engagement contre Daech en moins de deux ans et le report du passage en cale sèche, des sources militaires assurent que le Charles de Gaulle n’a pas encore épuisé son potentiel et que, si le président de la République le décide, son engagement pourra durer plus d’un mois. Tout dépendra de la situation opérationnelle et de la volonté politique. Avec toutefois quelques contraintes puisqu’en cas de présence prolongée, il faudra évidemment décaler les importants travaux préparatoires au passage en cale sèche, prévu à partir de février 2017.

 

(© : MARINE NATIONALE)

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Le challenge du premier déploiement en tout Rafale

Alors que cette refonte permettra de moderniser le bâtiment, entré en service en 2001, et de parachever l’adaptation de ses locaux au tout Rafale, le premier déploiement opérationnel du Charles de Gaulle avec 24 avions de ce type constitue un vrai challenge, notamment en termes de logistique, de maintenance et de flux de matériels comme de munitions. Car le Rafale est un biréacteur, plus grand, équipé de systèmes complexes et doté d’une capacité d’emport double par rapport au mono-réacteur rustique qu’était le SEM. Cela, même si la transition a été progressive, la dernière mission (novembre 2015 à mars 2016) voyant le Charles de Gaulle embarquer 18 Rafale et 8 SEM, contre 12 Rafale et 9 SEM lors du déploiement précédent (janvier à mai 2015).

 

(© : MARINE NATIONALE)

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