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Charles de Gaulle : le Covid-19 s’est introduit à bord avant et pendant l’escale de Brest

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Charles de Gaulle : le Covid-19 s’est introduit à bord avant et pendant l’escale de Brest

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Auditionnée lundi 11 mai en visio-conférence par la commission de la Défense de l’Assemblée nationale, la ministre des Armées, Florence Parly, a dévoilé les grandes lignes le résultat des enquêtes diligentées suite à l’épidémie de Covid-19 qui a touché le porte-avions Charles de Gaulle. A ce jour, tous les marins du groupe aéronaval ayant contracté le virus sont guéris, à l’exception d’un officier-marinier toujours hospitalisé à Toulon mais qui est sorti de réanimation.

Les conclusions de ces deux enquêtes, l’une épidémiologique (menée par le Service de Santé des Armées) et l’autre de commandement (conduite sous l'autorité du chef d’état-major des armées et le chef d’état-major de la marine) doivent être rendues publiques ce mardi, ce qui permettra sans doute d’obtenir des précisions supplémentaires. En attendant, Florence Parly a annoncé hier que l’enquête épidémiologique avait situé après l’escale à Chypres (du 21 au 26 février) et avant celle de Brest (du 13 au 16 mars) les premières introductions du virus à bord du porte-avions. Celles-ci sont apparemment venues à la faveur de liaisons aériennes réalisées avec la terre. Toutefois, l’enquête a révélé que l’escale de Brest, si elle n’avait pas été la cause de la contamination initiale, a permis une réintroduction à bord du Covid-19 et fut « un facteur d’accélération de sa propagation ».

Du côté de l’enquête de commandement, la ministre indique que s’il y a eu des « erreurs d’appréciation », il n’y a pas eu de « fautes ». « La principale erreur a été de persister dans une stratégie qui était fondée sur le retour d’expérience de l’épidémie de H1N1 qui avait été surmontée en 2009 par le porte-avions, sans interrompre son activité opérationnelle. Nous l’avons cependant constaté à nos dépens, le coronavirus, ce n’est pas la grippe H1N1 (…) Le commandement, lorsqu’il a eu à prendre des décisions, l’a fait au regard des informations dont il disposait et en prenant le conseil des médecins du bord. Et je voudrais insister sur une chose, c’est qu’il a toujours eu le souci de la santé de son équipage (…) Les enquêtes soulignent cependant que le commandement, et son conseil médical, mais aussi leur hiérarchie ont eu une confiance excessive dans la capacité du groupe aéronaval et du porte-avions à faire face au coronavirus», a dit la ministre.

Florence Parly, qui n'avait été alertée de la situation que le 7 avril, a aussi souligné des « défauts de coordination et de partage de l’information entre les différentes chaînes de commandement » et a demandé au chef d’état-major des armées de faire des propositions pour améliorer l’organisation en la matière, non seulement dans la marine mais plus largement à l’échelle du ministère.

Voici le texte complet des propos liminaires tenus hier par la ministre en visio-conférence devant les députés de la commission de la Défense :

L'AUDITION COMPLETE est accessible en vidéo (2 heures) sur le site de l'Assemblée nationale

Madame la Présidente,

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