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Charles de Gaulle : Les contraintes de la propulsion nucléaire en temps de paix

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Charles de Gaulle : Les contraintes de la propulsion nucléaire en temps de paix

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Des impératifs liés à la législation en matière de sûreté nucléaire. C'est, finalement, la raison avancée par la marine pour expliquer le retour à Toulon du porte-avions Charles de Gaulle, revenu à sa base jeudi dernier alors qu'il s'apprêtait à partir quatre mois en océan Indien. Soyons clairs, les installations nucléaires du bâtiment ne sont absolument pas en cause et aucun danger n'est à redouter. Il s'agit « juste » de remplacer une soupape de sécurité du circuit de propulsion arrière, dont le dysfonctionnement a été mis en évidence suite à des réparations menées sur un défaut d'isolement dans une armoire électrique contrôlant ladite soupape. « C'est une panne bénigne qui n'affecte en rien les capacités du bâtiment, ça n'a aucune importance et nous aurions pu partir en opération si nous avions étés en guerre. Mais nous sommes en temps de paix, il n'y a pas d'urgence opérationnelle et nous suivons dans ce cas les mêmes règles que dans les centrales d'EDF. A partir du moment où un défaut est constaté, on n'appareille pas. On ne fait qu'appliquer un principe de précaution qui est inscrit dans la loi », explique un officier. Les impératifs de sûreté, très stricts et doublés de procédures particulièrement lourdes sont, en effet, le gros inconvénient de la propulsion nucléaire. C'est la contrepartie à la souplesse et l'autonomie très importante apportée au porte-avions, qui n'a pas besoin de ravitaillement en combustible (seulement en carburéacteur pour son aviation et en vivres). En cas de conflit, le nucléaire peut faire la différence mais, en temps de paix, le système est contraignant. C'est pourquoi, samedi dernier, la décision a été prise de procéder à un échange standard de la soupape (une nouvelle est disponible).

Plus de 52.000 milles parcourus en 18 mois

L'opération nécessite l'arrêt complet de l'ensemble propulsif arrière (dont la chaufferie) et, par conséquent, un délai de plusieurs semaines. Une date précise n'est pas donnée car il faudra procéder à des essais en conditions extrêmes du nouvel équipement avant que le porte-avions puisse repartir. Au mieux, l'immobilisation durerait trois semaines. Le report du début de la mission Agapanthe n'est, quoiqu'on en dise, pas une bonne affaire en termes d'image et on attend toujours de connaître les causes des dysfonctionnements. On imagine en tous cas la déception de l'équipage et des personnels du groupe aérien embarqué, qui n'ont pas ménagé leur peine pour que le navire soit opérationnel afin de réaliser son premier grand déploiement depuis plus de trois ans. En 18 mois, le porte-avions a, ainsi, navigué 234 jours, parcouru 52.138 milles nautiques et totalisé 4321 catapultages, ce qui est tout de même énorme.
Concernant la mission à proprement parler, la Rue Royale estime que ce contretemps « n'a aucune importance ». Car il n'y a, dit-on à l'état-major, aucun impératif opérationnel qui nécessite le déploiement immédiat du groupe aéronaval : « Qu'on y aille maintenant ou dans trois semaines, l'effet diplomatique, stratégique et dissuasif est le même ». Quant à la participation du GAN à l'opération Pamir, là aussi, l'impact éventuel du glissement de la mission est relativisé. Il est vrai que la Force internationale d'assistance et de sécurité en Afghanistan (FIAS) n'attend pas après le Charles de Gaulle pour assurer le soutien des troupes engagées contre les talibans. Sur ce théâtre d'opérations, l'appui aérien est, en effet, essentiellement assuré par l'aviation basée à terre.
Pour la Marine nationale, l'essentiel est donc que le porte-avions remplisse son rôle de présence et de dissuasion.

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