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Charles de Gaulle : Les opérations retardent la qualification des jeunes pilotes

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Charles de Gaulle : Les opérations retardent la qualification des jeunes pilotes

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Les jeunes pilotes du groupe aérien embarqué sont contraints d'attendre pour faire leurs armes sur le Charles de Gaulle. En mai, les nouvelles recrues de l'aéronautique navale française, qui ont terminé leur formation aux Etats-Unis, devaient se qualifier aux appontages et catapultages sur le porte-avions de la Marine nationale. Mais celui-ci est mobilisé, depuis près de trois mois, au large de la Libye, où Rafale, Super Etendard Modernisés (SEM) et Hawkeye interviennent quotidiennement contre les forces du colonel Kadhafi.
Du coup, 24 pilotes attendent à Landivisiau de pouvoir se qualifier sur le porte-avions français. A l'état-major de la Marine nationale, on espère que la campagne de qualification, qui nécessite de disposer du porte-avions pendant plusieurs semaines, pourra se dérouler en septembre ou octobre. « Nous espérons que ce sera possible d'ici l'automne. Après, cela deviendra compliqué », explique-t-on Rue Royale.

Rafale sur le Charles de Gaulle  (© : MER ET MARINE - GILDAS LE CUNFF DE KAGNAC)
Rafale sur le Charles de Gaulle (© : MER ET MARINE - GILDAS LE CUNFF DE KAGNAC)

Renouveler le vivier

L'arrivée des jeunes pilotes formés aux Etats-Unis est en effet nécessaire pour renouveler le vivier de l'aéronautique navale, qui fonctionne comme d'autres secteurs à flux tendus. « Nous sommes organisés pour pouvoir durer et nous pouvons rester encore des mois au large de la Libye, d'autant qu'il est possible de faire des escales à proximité. C'est un marathon et notre limite est humaine car, en opérations, les gens fatiguent, ce qui est normal. De plus, pendant les opérations, notre système de progression individuelle et de formation continue ne fonctionne plus. Par exemple, les sous-chefs de patrouille, qui devaient devenir chefs de patrouille au printemps lors de la campagne prévue au large de Toulon, ne l'ont pas été. Et, dans le même temps, les anciens s'en vont. Il faut donc régénérer le système via le flux de formation ».

Hawkeye sur le Charles de Gaulle  (© : MER ET MARINE - GILDAS LE CUNFF DE KAGNAC)
Hawkeye sur le Charles de Gaulle (© : MER ET MARINE - GILDAS LE CUNFF DE KAGNAC)

Coopération franco-britannique

A l'instar des indisponibilités techniques du Charles de Gaulle, la nécessité de mobiliser le bâtiment pour les besoins opérationnels pose une nouvelle fois la problématique du porte-avions unique, qui ne permet pas de disposer en permanence de cet outil stratégique, ni d'assurer grâce à une seconde plateforme la formation des pilotes. C'est l'an prochain que le président de la République doit décider de lancer, ou non, la construction d'un second porte-avions (PA2). Mais en hauts lieux, on n'y croit plus guère : « Il ne faut pas rêver, il n'y a pas d'argent dans les caisses ». L'Etat-major de la marine mise donc sur les nouveaux accords de défense franco-britanniques pour combler ces lacunes, du moins celle de la formation. L'idée est, en effet, de profiter du nouveau porte-avions à catapultes de la Royal Navy, dont la mise en service est attendue en 2018, pour mettre en place des campagnes communes de formation. La configuration du bâtiment britannique permettra, en effet, de pouvoir y déployer des Rafale et Hawkeye, alors que le Charles de Gaulle devrait être en mesure d'accueillir des F-35 C. Les Britanniques auront, de plus, besoin du savoir-faire français pour maîtriser de nouveau la mise en oeuvre d'un porte-avions à catapultes, configuration qu'ils ont abandonné dans les années 70. Cet apprentissage prendra des années mais, au contact des Français, sera sans doute retrouvé plus facilement.
PA2 ou partage de plateformes avec la Royal Navy : Dans les deux cas, il faudra néanmoins attendre au mieux jusqu'en 2018 pour disposer d'une alternative, au moins au niveau de la formation des pilotes. Et, d'ici là, les marins français devront continuer de faire avec les moyens du bord.

Pilote de SEM  (© : MARINE NATIONALE)
Pilote de SEM (© : MARINE NATIONALE)

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