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Charles de Gaulle : Problème identifié et retour à la mer prévu en septembre

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Charles de Gaulle : Problème identifié et retour à la mer prévu en septembre

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C'est donc finalement au mois de septembre que le porte-avions Charles de Gaulle devrait être de nouveau opérationnel, a indiqué hier Hervé Morin, ministre de la Défense. Depuis la fin février, le bâtiment est immobilisé à Toulon en raison d'une usure prématurée des pièces d'accouplement reliant les quatre turbines aux réducteurs des deux lignes d'arbres. Selon le ministre français de la défense, l'avarie du Charles de Gaulle est consécutive à une malfaçon sur une pièce. « J'ai demandé que l'on pousse les investigations au maximum afin que cette hypothèse, aujourd'hui la plus vraisemblable, soit du domaine du quasi certain », a précisé Hervé Morin à l'AFP.
En tout, quatre pièces ont été usées prématurément. Après analyse, l'une d'elle a révélé un défaut d'usinage de quelques dixièmes de millimètre. Un écart infime pour un usinage particulièrement complexe, mais qui a été suffisant pour entrainer un frottement beaucoup plus important que la normale et, par conséquent, provoquer une usure plus rapide. L'installation de nouvelles hélices, réclamant plus de puissance qu'à l'origine, n'a fait qu'accélérer le processus.
De source proche du dossier, on explique néanmoins que la malfaçon a permis d'identifier un problème qui n'avait pas été décelé auparavant. Car, en plus de la pièce ayant subi une malfaçon, les trois autres pièces d'accouplement se sont également dégradées plus vite que prévu (après l'arrêt technique réalisé en 2007 et 2008).

 (© MARINE NATIONALE)
(© MARINE NATIONALE)

Un changement toutes les 25.000 heures de fonctionnement

Dérivées de celles, éprouvées, utilisées notamment sur les frégates du type Tourville, les pièces du porte-avions devaient durer toute la vie du bâtiment. Or, les expertises menées à l'issue de l'avarie montrent qu'il faut, en réalité, les remplacer après 25.000 heures (durée de fonctionnement que le Charles de Gaulle avait atteint au moment de son Indisponibilité Périodique pour Entretien et Réparations, intervenue sept ans après sa mise en service). « La conception, à l'époque, de ces pièces n'est pas en cause. Elles ont été conçues selon les règles techniques en vigueur dans les années 80, règles dont la validité était démontrée par les systèmes du même type utilisés sur d'autres navires de la Marine nationale. Il n'y avait donc aucune raison de penser que les pièces installées sur le Charles de Gaulle pourraient s'user prématurément. Cette usure rapide révèle que le système avait atteint la limite de la technologie tel qu'on la maîtrisait il y 25 ans, probablement en raison des conditions spécifiques de couple et de vitesse de rotation de la turbine du porte-avions », affirme une source. La pièce défectueuse, accélérant l'usure du système, a, en fait, mis en lumière la nécessité de procéder à un renouvellement des équipements à intervalles réguliers.
Une première pièce d'accouplement de ce type avait été remplacée durant l'IPER, achevée par DCNS fin 2008. Les ingénieurs, ne parvenant pas à déterminer les causes de cette usure, avaient mis en place une surveillance, qui conduira aux constatations de février, après plusieurs mois d'entrainement à la mer du navire. Or, un seul rechange était disponible au moment de l'arrêt technique pour remplacer la pièce détériorée (il n'y avait pas d'autre stock puisque les pièces ne devaient à priori pas être remplacées). Cet unique rechange (victime de la malfaçon) ayant été utilisé, il faut un certain délai pour produire de nouveaux équipements et les installer. Cela repousse la date prévisionnelle de retour à la mer au mois de septembre.

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