Défense
Charles de Gaulle : soyons malins, remplaçons le dès 2030

Actualité

Charles de Gaulle : soyons malins, remplaçons le dès 2030

Défense

La France doit prochainement prendre des décisions cruciales quant à la succession du porte-avions Charles de Gaulle, qui est en service depuis 2001. A l’issue d’une série d’études initiées fin 2018, les industriels en charge du dossier (Naval Group, les Chantiers de l’Atlantique, Thales, MBDA et Dassault Aviation) ont rendu leur copie au ministère des Armées. Après de nombreux échanges, non seulement sur le plan technique mais aussi sur le chiffrage budgétaire du projet, le dossier va être présenté au président de la République, qui doit prendre une décision à partir du mois de juin.

18 mois d’études

Pendant 18 mois, en lien étroit avec la Marine nationale et la Direction Générale de l’Armement, les industriels ont passé en revue toutes les options possibles en fonction des besoins opérationnels, des menaces actuelles et prévisibles à moyen et long termes, ainsi que les évolutions technologiques dont le porte-avions de nouvelle génération (PANG) pourra bénéficier au neuvage ou intégrer  pendant sa durée de vie. Parmi les grands choix en suspens, il y a notamment le mode de propulsion, classique ou nucléaire, et bien sûr le retour à une permanence opérationnelle que seuls deux bâtiments au moins peuvent garantir, l’un d’eux étant toujours disponible pendant les arrêts techniques de l’autre. C’était le cas avec les anciens Clemenceau et Foch, c’est la doctrine que le Royaume-Uni a décidé de rétablir et c’est celle que la Chine et Inde ont décidé de suivre. C’est aussi ce que compte faire à terme la Russie, alors que les Etats-Unis, même s’ils envisagent de réduire leur flotte de porte-avions de 11 à 9 unités, compenseraient cette éventuelle réduction de format par de nouveaux bâtiments à la disponibilité accrue.

Un calendrier qui dépend du rechargement des réacteurs

Jusqu’ici, l’objectif affiché est de remplacer le Charles de Gaulle à l’horizon 2038, une date qui correspond à la fin de potentiel de ses deux réacteurs nucléaires dont l’ultime rechargement est prévu à ce stade entre 2028 et 2030, lors d’un troisième et dernier arrêt technique majeur (ATM) du bâtiment.  Cependant, il est urgent de s’interroger sur la pertinence et la validité de ce calendrier. Car à la lumière de certains facteurs, d’évènements et évolutions plus ou moins récentes, il apparait que cet outil politique et militaire majeur, que seule la France possède en Europe, ne pourra sans doute pas être

Marine nationale | Toute l’actualité de la marine française