Défense
Charles de Gaulle : Succès du passage au tout Rafale

Reportage

Charles de Gaulle : Succès du passage au tout Rafale

Défense

C’était l’un des grands enjeux du déploiement en Méditerranée orientale du Charles de Gaulle, avec une chasse embarquée pour la première fois uniquement constituée de Rafale Marine suite au retrait du service des Super Etendard Modernisés (SEM) l’été dernier. Quinze ans après sa mise en service, en 2001, le porte-avions français a pu opérer dans la configuration pour laquelle il a été conçu.  Alors qu’un groupe aérien embarqué (GAE) mixte de 8 SEM et 18 Rafale (nombre record jusque-là) était à bord au cours de la dernière mission Arromanches, de novembre 2015 à mars 2016, il y avait cette fois 24 Rafale à bord, avec en plus deux avions de guet aérien embarqué E-2C Hawkeye et quatre hélicoptères, dont un Caïman Marine, autre nouveauté importante puisque le NH90 français n’avait pas encore été intégré dans le GAE. « C’est la première fois depuis que le Charles de Gaulle est opérationnel que le groupe aérien embarqué est constitué comme cet outil avait été imaginé et pensé. Nous atteignons aujourd’hui la pleine puissance de ce que l’on souhaite faire. Par rapport aux déploiements antérieurs, le delta réside dans la différence très importante des capacités de projection de puissance du Rafale, qui dispose d’un rayon d’action, d’une capacité d’emport et de capteurs bien supérieurs au SEM, tout en étant polyvalent », rappelle le commandant du groupe aérien embarqué (COMGAE), le capitaine de vaisseau Jean. 

 

(© : MARINE NATIONALE)

(© : MARINE NATIONALE)

La possibilité d’embarquer 30 Rafale, voire plus

Le passage au « tout Rafale » constituait un vrai challenge et un certain nombre de mauvaises langues estimaient que le Charles de Gaulle aurait bien du mal à mettre en œuvre et soutenir autant d’avions de ce type. Mais après deux mois et demi d’opérations intensives contre Daech en Irak et en Syrie, le défi a été plus que relevé. « Je n’ai jamais douté du fait que cela puisse marché mais nous l’avons démontré. Avec 24 Rafale, nous avons un système hyper-fluide qui fonctionne très bien », se félicite le commandant du groupe aéronaval. Et le contre-amiral Le Bas, qui rappelle que le Charles de Gaulle a été initialement conçu pour mettre en oeuvre 40 aéronefs, se dit « sûr que nous pouvons monter à 30 Rafale, voire plus ». Un avis partagé par le COMGAE : « 30 avions ça ne me fait absolument pas peur ! », lance-t-il, alors que le commandant du Charles de Gaulle, le CV Malbrunot, est tout aussi confiant : « 30, c’est certain que nous pouvons le faire et je pense que nous pouvons aller au-delà moyennant une organisation adaptée. En tous cas, nous sommes parfaitement à l’aise avec nos 24 Rafale, nos 2 E2-C et notre Caïman ».

 

A bord du Charles de Gaulle en Méditerranée orientale (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

A bord du Charles de Gaulle en Méditerranée orientale (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Les marins pensent en fait qu’il serait sans doute possible, le cas échéant, d’embarquer trois flottilles complètes de Rafale, soit 36 avions en tout, et une quarantaine d'aéronefs avec les Hawkeye et hélicoptères. En cas d’engagement dans une crise ou un conflit majeur, cela

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