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Chavirage du trimaran Drekan Groupe : Le drame évité de justesse

Le chavirage du trimaran de 50 pieds « Drekan Groupe » dans la Transat Jacques Vabre (ci-contre), aurait pu virer au drame. L'un des deux marins, Christopher Pratt, est tombé à la mer et a été remonté in extremis, en début de nuit, dans 25 noeuds de vent et des creux de quatre mètres.

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Mercredi soir, à 300 milles dans le nord-est de l'île de San Miguel, l'archipel des Açores. Le vent de nord-est souffle à 25 noeuds avec des creux de quatre mètres. Le temps est rafaleux, les marins de « Drekan » redoublent de vigilance à la barre et aux écoutes. Ils sont à l'attaque après avoir fait le gros dos depuis le passage d'un front musclé, en sortie de golfe de Gascogne. La nuit vient de tomber, le vent n'est pas stable, le duo décide d'enrouler le gennaker, la grand-voile d'avant. La grand-voile est réduite d'un cran (un ris). Au moment de manoeuvrer, le bateau est confié au pilote automatique.

Complètement hébété

Alors que Christopher Pratt est déjà sur la plate-forme à l'avant, Eric Defert finit de se changer à l'intérieur et s'apprête à monter sur le pont. Une rafale arrive subitement, le bateau accélère, impossible de choquer les écoutes... « Le bateau a sanci... », raconte Defert. Le trimaran s'envole et propulse à la mer le marin qui se préparait à rouler la voile d'avant. Le multicoque se retourne entièrement. Eric Defert se retrouve à l'intérieur, en sécurité. Mais pas de trace de Christopher, aucun signe de vie. Le skipper informe la direction de course de la gravité de la situation et s'extirpe par le hublot de survie pour rejoindre les trampolines de la plate-forme retournée. Interminables minutes dans le vent et la nuit. Personne sur le bateau retourné, personne autour de la coque. De longues minutes plus tard, deux bras apparaissent le long d'un flotteur, Christopher Pratt est hissé par Eric Defert. « Chris a eu chaud, il était choqué ». Le marin est récupéré à bout de souffle, complètement hébété. Ils regagnent l'intérieur de la coque centrale et tentent de reprendre leurs esprits. Christopher Pratt est passé tout près du drame absolu.

Emanations diverses

Retournée, la plate-forme est relativement stable, avec le mât et l'ensemble du gréement manifestement encore en place. A l'intérieur de la coque centrale, la situation est moins confortable. Plus aucun moyen de faire le point et de signaler sa position. Dans la coque retournée, de l'eau et du gasoil qui se libère du réservoir. Les fumées des systèmes électriques et électroniques qui ont cramé s'ajoutent aux émanations de batteries qui se sont détachées. Christopher Pratt reste en état de choc. Eric Defert décide de déclencher la balise de détresse et se résigne à abandonner le trimaran retourné. « Il a suivi les conseils de la direction de course qui l'a incité à jouer la carte de la prudence », complète Thibaud Georges, le co-propriétaire du bateau avec Eric Defert.

A la dérive

Le cargo hollandais, qui les a rejoints au milieu de la nuit, met à l'eau une embarcation pour les récupérer. Douze heures après le chavirage, ils sont pris en charge par les marins de ce cargo en route vers les Etats-Unis. Le trimaran retourné dérive à 280 milles dans le nord-est de San-Miguel. Il s'approche lentement (un noeud et demi) de l'île. Dans le chavirage, la balise a cessé d'emettre, donc Eric Defert ne peut suivre la trace de son multicoque retourné qu'en estimant sa dérive. Les deux propriétaires vont tout faire pour récupérer leur bateau.

Un article de la rédaction du Télégramme