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Cherbourg : Areva prépare le départ de combustible nucléaire vers le Japon

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Cherbourg : Areva prépare le départ de combustible nucléaire vers le Japon

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Deux navires contenant une cargaison de combustible nucléaire devraient appareiller de Cherbourg cette semaine, à destination du Japon. C'est ce qu'indique Greenpeace, qui affirme que 1.8 tonnes de MOX, mélange de plutonium et d'uranium naturel, seront transférés en camion depuis le site Areva de la Hague jusqu'au port de Cherbourg. Hier, l'organisation annonçait le transfert pour la nuit prochaine et l'arrivée jeudi de deux navires de transport spécialisés, les Pacific Pintail et Pacific Heron, appartenant à la compagnie Pacific Nuclear Transport Ltd. Selon Greenpeace, une fois le chargement effectué, les bateaux prendront très probablement la route du Cap de Bonne Espérance et la mer de Tasmanie. Les opposants à ce transfert sont appelés à se rassembler ce soir à Tourlaville. « Pendant deux mois, c'est une quantité de matière fissile permettant de fabriquer 225 bombes nucléaires qui va traverser la moitié de la planète, passant dans les eaux territoriales d'Etats qui ne sont même pas informés de leur passage ! », affirme Yannick Rousselet, de Greenpeace France. « Nous dénonçons ce transport très dangereux et le secret qui l'entoure : les beaux discours d'EDF et d'Areva font l'impasse sur les transports de ces matières parfaitement utilisables à des fins d'armement nucléaire ! ».
Hier, Greenpeace a saisi l'Agence internationale de l'énergie atomique, (AIEA) en réclamant son intervention pour stopper le transfert.
De son côté, Areva a confirmé la préparation d'un convoi de MOX vers le Japon. Contacté par l'Agence France Presse, le groupe français n'a pas précisé la quantité de matière transportée ni la date de départ du convoi. Quant à la possibilité d'utiliser cette cargaison pour réaliser des armements nucléaires, un spécialiste contacté par l'AFP indique que « Pour fabriquer une bombe à partir du MOX, il faudrait d'abord avoir une installation pour séparer le plutonium de l'uranium. Et encore il n'en résulterait que du plutonium de qualité civile et non pas militaire ».