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Cherbourg : DCNS lance la construction des SNA du type Barracuda

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Cherbourg : DCNS lance la construction des SNA du type Barracuda

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Après de longues années d'attente et plusieurs reports de la notification du programme, DCNS débute, aujourd'hui, la phase de construction des sous-marins nucléaires d'attaque du type Barracuda. La première tôle de la tête de série, le Suffren, sera découpée sur le site de Cherbourg. Après 120 mois de construction, le bâtiment sera livré à la Marine nationale, qui prévoit son entrée en service en 2017. Il sera alors grand temps de remplacer les SNA de la classe Rubis, dont le désarmement devait initialement intervenir à partir de 2008. En attendant la relève, ces derniers devront jouer les prolongations pour atteindre 34 ans de service, du jamais vu pour un bâtiment français propulsion nucléaire. DCNS, comme la marine, assurent toutefois que ces navires sont robustes et qu'ils peuvent se permettre quelques années d'activité supplémentaires.
D'un coût global de 7.89 milliards d'euros, Barracuda est le plus important programme de renouvellement des forces navales françaises après les sous-marins stratégiques (*). Il porte sur la réalisation de six bâtiments dont la livraison doit s'échelonner jusqu'en 2029.
Chargés d'assurer la protection des sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE) et des groupes aéronavals, les Suffren pourront également opérer seuls pour des missions de lutte antinavire et anti-sous-marine. Plus grands et silencieux que leurs aînés, ils disposeront, par ailleurs, de nouvelles capacités en matière de renseignement et d'opérations spéciales. Enfin, les nouveaux SNA seront les premiers sous-marins français à être dotés d'un missile de croisière, le Scalp Naval, capable d'atteindre des cibles terrestres à plus de 1000 kilomètres. Ce type d'armes, qui fait cruellement défaut aux armées françaises depuis une quinzaine d'années, a déjà été largement utilisé par les marines américaines et britanniques.
Côté industriel, ce programme doit assurer l'essentiel de la charge de travail des sites DCNS de Cherbourg (construction) et Nantes-Indret (propulsion), tout en assurant une importante activité aux établissements de Ruelle (tubes lance-torpilles, lignes d'arbres, systèmes de navigation), Lorient (matériaux composites) et Toulon Le Mourillon (système de combat). A noter que 10% du contrat reviendra à Areva, co-maître d'oeuvre de la chaufferie nucléaire.
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(*) Près de 25 milliards d'euros entre 1985 et 2015 pour la construction de quatre SNLE, le développement et la réalisation des nouveaux missiles balistiques M51 et leur adaptation sur les Triomphant.

Naval Group (ex-DCNS)