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Cherbourg : La déconstruction des anciens SNLE commencera cet été

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Cherbourg : La déconstruction des anciens SNLE commencera cet été

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Lors de ses vœux, la semaine dernière, le patron du site Naval Group de Cherbourg a confirmé que la déconstruction des coques des anciens sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de la Marine nationale débutera comme prévu à l’été 2018.

L’industriel est en ligne avec le calendrier pour ce contrat notifié en octobre 2016 par la Direction Générale de l’Armement, qui supervise de son côté le démantèlement des installations nucléaires. Dans cette perspective, la tranche réacteur des sous-marins avait été extraite pour être traitée séparément, les coques étant ensuite ressoudées en prévision de leur déconstruction.

 

(© : DGA)

(© : DGA)

 

Cinq des six unités de la première génération française de SNLE sont concernées. Alors que Le Redoutable, premier de la série (1971 – 1991), a été transformé en musée à Cherbourg en 2002, il s’agit de faire disparaitre ses sisterships : Le Terrible (1973-1996), Le Foudroyant (1974-1998), L’Indomptable (1976-2005), Le Tonnant (1980-1999) et L’Inflexible (1985-2008), qui ont progressivement rejoint Cherbourg après leur retrait du service, formant ce qu’on appelle à la pointe du Cotentin la « Flotte du Nord ».

 

Anciens SNLE à Cherbourg (© : MARINE NATIONALE)

Anciens SNLE à Cherbourg (© : MARINE NATIONALE)

 

La déconstruction des coques, longues de plus de 100 mètres pour un poids d’environ 7000 tonnes après retrait de la tranche réacteur, sera conduite dans la forme 5 du site cherbourgeois de Naval Group. Dans le cadre du contrat signé fin 2016, cette zone est depuis modernisée et adaptée à ce chantier. Les travaux, qui seront achevés cet été, comprennent en particulier le carénage du bateau-porte de la forme 5, la remise en état de la station de pompage des eaux, la rénovation des circuits (eau et électricité), l’installation d’une grue sur rail de 10 tonnes, l’aménagement d’une salle blanche pour le désamiantage et l’installation d’une plateforme de tri des déchets. L’ensemble du chantier sera clos, sécurisé et son accès réglementé.

Si le nom de l’ex-Tonnant a été évoqué comme premier des ex-SNLE de la Force océanique stratégique (Fost) à être découpé, aucune information n’a été officiellement communiquée quant à l’ordre de déconstruction des coques. On rappellera que, dans le cadre de marché, Naval Group s’appuie sur deux sous-traitants principaux : Veolia Propreté Industries Services pour les prestations liées à la dépollution, à la découpe et la gestion des déchets et Neom (filiale du groupe Vinci) pour le désamiantage. Le recyclage des matériaux ayant une valeur marchande est prévu, ce qui concernera selon Vinci 85% des métaux et composants électriques.

Il devrait falloir une vingtaine de mois pour déconstruire chaque coque.

 

Anciens SNLE à Cherbourg (© : MARINE NATIONALE)

Anciens SNLE à Cherbourg (© : MARINE NATIONALE)

 

L'élimination de la « Flotte du Nord » devrait déboucher sur une activité pérenne puisque, pour des raisons de sécurité et de confidentialité notamment, la déconstruction en France des anciens sous-marins de la Marine nationale a été actée. Après les SNLE de première génération, la filière sera alimentée par les six sous-marins nucléaires d’attaque du type Rubis, mis en service entre 1983 et 1993. Le premier devait rejoindre Cherbourg il y a un an mais, compte tenu du retard pris par le programme des nouveaux SNA du type Barracuda, le Rubis est prolongé jusqu’en 2020. Viendra ensuite, dans les années 2030, la seconde génération de SNLE : Le Triomphant (1996), Le Téméraire (1999), Le Vigilant (2004) et le nouveau Le Terrible (2010).

On rappellera que Naval Group, qui occupe désormais une position unique en étant présent sur l'ensemble du cycle de vie des sous-marins, de la conception à l'élimination en passant par la construction et la maintenance, est également candidat à la déconstruction des ex-sous-marins diesels Agosta (1977 – 1997), Bévéziers (1977 – 1998) et La Praya (1978 – 2000). Le premier est à Toulon et les deux autres sont stockés à l’abri dans l’ancienne base sous-marine de Brest. 

 

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