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Cherbourg : Le démantèlement des vieux SNLE progresse

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Cherbourg : Le démantèlement des vieux SNLE progresse

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La « Flotte du Nord » va bientôt commencer à disparaitre. Alors que Le Redoutable, premier sous-marin nucléaire lanceur d’engins français, a été transformé en musée à Cherbourg, le démantèlement des cinq autres SNLE de première génération de la Marine nationale progresse. Les opérations de séparation de la tranche réacteur de chaque bâtiment sont désormais achevées. « Il restera à éliminer les tranches réacteurs qui ont été séparées des navires. Les déchets issus des travaux de démantèlement sont triés, conditionnés et expédiés vers les filières dont ils relèvent », précise-t-on à la Direction Générale de l’Armement, maître d’ouvrage de délicat chantier mené à la pointe du Cotentin.

Le contrat de déconstruction notifié prochainement

Le « démantèlement nucléaire », comme on l’appelle, étant maintenant terminé, les vieilles coques, ressoudées et considérées comme radiologiquement inertes après l’enlèvement de la tranche réacteur (longue de 7 mètres pour un poids d’environ 700 tonnes), vont enfin pouvoir être déconstruites. Le contrat devrait être prochainement signé, « la notification interviendra comme prévu au second semestre 2016 ».   

 

Un ancien SNLE à Cherbourg (© : MARINE NATIONALE - B. PLANCHAIS)

Un ancien SNLE à Cherbourg (© : MARINE NATIONALE - B. PLANCHAIS)

 

Le chantier de la première coque débutera en 2018

Les travaux seront menés à Cherbourg, où DCNS a construit ces anciens SNLE. A cet effet, une zone dédiée avec forme de radoub va être aménagée, avec la création d’une ICPE (Installation Classée pour la Protection de l’Environnement). Il est aujourd’hui prévu que la déconstruction de la première coque débute mi-2018. Le chantier durera probablement plusieurs années et fera l’objet d’une attention toute particulière et de mesures spécifiques pour la protection des personnels et de l’environnement. En effet, s’il n’y a plus de matériaux nucléaires à bord, ces vieux sous-marins construits entre la fin des années 60 et le début des années 80 contiennent des produits dangereux, comme de l’amiante et du plomb. A la DGA, on estime qu’il faudra 18 mois à deux ans pour traiter chaque coque.

Pour mémoire, ces SNLE mesuraient 128 mètres de long pour 10.6 mètres de diamètre et un déplacement de 8000 tonnes en surface. Alors que Le Redoutable, mis en service en 1971 et désarmé en 1991, sert de musée à la Cité de la Mer depuis 2002, Le Terrible (1973-1996), Le Foudroyant (1974-1998), L’Indomptable (1976-2005), Le Tonnant (1980-1999) et L’Inflexible (1985-2008) sont progressivement arrivés à Cherbourg après le retrait du service.

 

Quatre des six SNA du type Rubis à Toulon (© : MARINE NATIONALE - S. DZIOBA)

Quatre des six SNA du type Rubis à Toulon (© : MARINE NATIONALE - S. DZIOBA)

 

Les SNA du type Rubis rejoindront la filière

La déconstruction des cinq derniers sous-marins de cette série, surnommée la « Flotte du Nord » à la pointe du Cotentin, devrait déboucher sur une activité pérenne puisque, pour des raisons de sécurité et de confidentialité notamment, la déconstruction en France des anciens sous-marins de la Marine nationale a été actée. Après les SNLE de première génération, la filière sera alimentée par les six sous-marins nucléaires d’attaque du type Rubis, mis en service entre 1983 et 1993. Basés à Toulon, ils seront remplacés entre 2018 et 2029 par les nouveaux Barracuda et rejoindront Cherbourg afin d’y être démantelés. Puis ce sera au tour, à partir des années 2030, de la seconde génération de SNLE : Le Triomphant (1996), Le Téméraire (1999), Le Vigilant (2004) et le nouveau Le Terrible (2010).

- Voir notre article détaillé sur le processus de démantèlement des SNLE 

 

 

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