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Cherbourg : Un récif artificiel réalisé à partir de coquilles vides

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Cherbourg : Un récif artificiel réalisé à partir de coquilles vides

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La mise en place d’un récif artificiel expérimental a débuté mercredi en grande rade de Cherbourg et s'achèvera en début de semaine prochaine. Douze structures de 3 mètres de long, 2 mètres de large et 1.35 mètre de haut sont immergées par un bateau de travaux maritimes d’EMCC, filiale de Vinci Construction tout comme TPC, qui a fabriqué les modules. Disposées en triangles, les structures sont regroupées en trois îlots comprenant chacun quatre modules. La particularité de ce récif artificiel est qu’il est réalisé avec un béton qui, en lieu et place des traditionnels graviers, est réalisé avec des coquilles vides (huitres, Saint-Jacques…) produites par l’industrie la conchyliculture. Une manière de mieux valoriser ces ressources marines, qui représentent jusqu’à la moitié de la matière première du récif.

 

Le navire de d'EMCC ayant servi à la pose (© VINCI CONSTRUCTION)

Le navire de d'EMCC ayant servi à la pose (© VINCI CONSTRUCTION)

Immersion des modules (© VINCI CONSTRUCTION)

Immersion des modules (© VINCI CONSTRUCTION)

 

Projet européen piloté par l’ESITC de Caen

Le projet est piloté par l’Ecole supérieure d’ingénieurs des travaux de la construction (ESITC) de Caen, spécialisée dans le BTP qui dispose d’un laboratoire dont les travaux sont axés sur les matériaux et éco-matériaux de construction en prenant en compte leur impact environnemental. Il s’inscrit dans le cadre du programme européen ITERREG RECIF, qui regroupe huit partenaires français et britanniques (Université de Caen Basse-Normandie, TPC et EMCC pour le groupe Vinci, la station marine de Dinard du Muséum d’histoire naturelle, le Plymouth Marine Laboratory, ainsi que les Universités de Southampton et de l’Exeter). Doté d’un budget total de 2.7 millions d’euros, RECIF a été mis en place en 2013. Il fait partie des réflexions et actions menées en faveur de l’amélioration de l’écosystème de la Manche et pour une meilleure gestion des ressources marines. Pour répondre à ces enjeux économiques et environnementaux, le projet vise plusieurs objectifs : valorisation des ressources et coproduits marins (coquilles vides), développement de matériaux de construction innovants pour récifs artificiels et mise en place de récifs artificiels pour l’amélioration de la biodiversité et de la production de l’écosystème marin en Manche.

 

Immersion des modules (© VINCI CONSTRUCTION)

Immersion des modules (© VINCI CONSTRUCTION)

 

Pêche au casier : Compenser l’extension du port

Le récif artificiel immergé en grande rade de Cherbourg vont maintenant faire l’objet d’une phase d’expérimentation de 5 ans. Un suivi environnemental qui servira à évaluer son impact et sa productivité, notamment dans son rôle de nurserie pour les espèces visées. Les observations permettront de réaliser des analyses multidisciplinaires partagées avec l’ensemble des acteurs intéressés par ce concept de récifs artificiels. Ce sera le cas évidemment de Ports Normands Associés (PNA), qui gère le port de Cherbourg et a intégré RECIF parmi les mesures compensatoires liées au plan d’extension visant à aménager 39 hectares de terre-plein dans de la cadre de l’installation de nouvelles activités liées au développement des énergies marines (éoliennes offshore, hydroliennes). Un espace gagné sur la grande rade et qui va voir la disparition d’une zone jusque là dédiée à la pêche-plaisance, où des casiers étaient mouillés. La création d’un nouveau lieu propice au développement des espèces pêchées (crabes et crevettes notamment) a donc été décidée et le récif artificiel posé cette semaine en fait partie. « Ce projet constitue une partie de la mesure d’accompagnement décidée. Néanmoins, pour que cette mesure soit complète et écologiquement performante, des aménagements complémentaires et indépendants sont mis en place par PNA. Ils correspondent à la création de liaisons entre les blocs du projet RECIF, liaisons réalisées grâce à des enrochements régulièrement espacés garantissant les meilleures chances de colonisation. Le lieu d'immersion a été retenu de façon à ne pas gêner les autres activités nautiques. PNA assurera la signalisation par balisage de la zone, soustraite à toute pression de pêche », explique l'autorité portuaire, qui sera également partie prenante du suivi environnemental.

 

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