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Christophe Vilpellet : Marin, pompier et coureur cycliste

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Christophe Vilpellet : Marin, pompier et coureur cycliste

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Toutes les routes mènent à la marine et, manifestement, la marine permet d'entretenir les passions. Tous les soirs, après une journée de cours à l'École navale, Christophe Vilpellet enfourche son vélo et part à l'assaut de l'asphalte de la presqu'île de Crozon. A 25 ans, le jeune aspirant, natif de la région Centre, passe quotidiennement 2 à 3 heures sur son vélo. S'il s'entraine si dur, c'est qu'il s'élancera, mercredi, sur le Tour du Burkina Faso, en compagnie de l'équipe de France des sapeurs-pompiers. Car, en plus de la marine et du vélo, Christophe est également pompier volontaire depuis plusieurs années. C'est sur sa terre natale que le Berrichon découvrira cette vocation et aura l'idée d'entrer dans la marine. Après avoir décroché un DUT en Hygiène, Sécurité et Environnement à Poitiers, il reviendra à Bourges pour suivre une maîtrise en risques industriels et un master en Retour d'Expérience. La formation est en alternance, avec trois mois en école et trois mois en entreprise, en l'occurrence chez Nexter (ex-GIAT). En parallèle, Christophe devient pompier volontaire et c'est pendant son passage chez le fabriquant de chars qu'il décide de mettre un peu de sel dans sa vie. « Quand je suis passé au GIAT, j'ai rencontré un ancien marin qui m'a fait part de son expérience et m'a donné envie d'intégrer les marins-pompiers. Avec ma formation, j'avais la possibilité d'entrer dans la marine en tant qu'officier sécurité, dont plus de 80 % de l'effectif est constitué d'officiers du bataillon des Marins-Pompiers de Marseille », explique-t-il.

  Christophe Vilpellet, à droite  (© : DROITS RESERVES)
Christophe Vilpellet, à droite (© : DROITS RESERVES)

« Des possibilités d'évolution dans de multiples domaines »

Christophe tente alors le concours d'Officier sous contrat (OSC), qu'il décroche. Plutôt que de rester chez Nexter, où à la sortie de ces études il a signé un contrat à durée indéterminée, le jeune homme décide de rejoindre la Marine nationale. « Il y a de bonnes possibilités d'évolution, que ce soit au sein des marins-pompiers ou sur les bâtiments. Le Charles de Gaulle, par exemple, compte trois officiers sécurité. On peut aussi travailler dans les préfectures maritimes comme ingénieur sécurité, où l'on sera chargé de la prévention des risques ou de problématiques environnementales. La marine offre des possibilités d'évolution dans de multiples domaines, tout en ayant des responsabilités très rapidement ». L'aspirant Vilpellet note, d'ailleurs, que les contrats d'OSC (il a signé pour un engagement de 8 ans), constituent une véritable opportunité pour beaucoup de jeunes diplômés. « Il y a de nombreux débouchés, de l'infographiste à l'ingénieur en propulsion. L'avantage, c'est que nous sommes recrutés sur notre expérience et nos compétences ». Après une formation de six mois commune à tous les OSC, Christophe Vilpellet, dont la spécialité est la sécurité, quittera l'Ecole navale en janvier pour rejoindre le Centre d'Instruction Navale de Saint-Mandrier et, enfin, l'Ecole des marins-pompiers, à Marseille.

Christophe s'entraine après les cours    (© : DROITS RESERVES)
Christophe s'entraine après les cours (© : DROITS RESERVES)

   Christophe Vilpellet, à droite (© : DROITS RESERVES)
Christophe Vilpellet, à droite (© : DROITS RESERVES)

Poursuivre le vélo

Mais la marine, c'est aussi, pour lui, la possibilité de continuer son autre passion : Le cyclisme. « Quand on est sapeur pompier, la condition physique est importante. J'ai d'abord commencé par un sport collectif, le football, puis je me suis mis au cyclisme à l'âge de 16 ans ». Après avoir commencé en niveau départemental, Christophe évolue rapidement en régional puis en équipe nationale espoir. On le retrouvera notamment sur les pavés du Paris-Roubaix ou encore sur des courses comme Paris-Tours. Contacté par plusieurs équipes, il devra mettre cette activité en sommeil durant ses études. « Je suis finalement revenu à un niveau supérieur grâce aux sapeurs-pompiers, qui ont une équipe cycliste ». Et au sein de cette formation, le coureur réalise de belles performances. Vainqueur de Bordeaux-Paris en 2006 après 17h58 d'efforts et 650 km, vice champion de France en 2007 et 2008, il terminera cette année troisième du championnat du monde des sapeurs-pompiers. Cette compétition, qui s'est déroulée aux Mureaux, a réuni pas moins de 140 participants, dont des Italiens, Espagnols, Allemands ou Russes.

Sur la deuxième marche du podium au championnat de France    (© : DROITS RESERVES)
Sur la deuxième marche du podium au championnat de France (© : DROITS RESERVES)

Tour du Burkina Faso : Du sport et un projet humanitaire

C'est grâce à ces résultats que le jeune aspirant a été sélectionné pour participer, avec l'équipe de France des sapeurs-pompiers, au Tour du Burkina Faso. Durant 11 jours, le jeune sprinter et ses cinq compagnons vont se mesurer à de nombreuses formations internationales, mais aussi aux pistes et au climat africain. « C'est quelque chose d'atypique et quand on entend les gens qui l'on fait en parler, cela donne des frissons. C'est la découverte d'un pays que je ne connais pas et, je pense, une fantastique aventure humaine et personnelle ». Sur place, les Français vont vivre au rythme du pays, bivouaquant notamment dans la savane entre deux étapes. « Il y a des routes mais aussi beaucoup de pistes. Or, le cyclisme est un sport avant tout mécanique et, quand la mécanique est mise à rude épreuve, tout peut arriver. On ne s'attend pas à remporter la course, notamment à cause du climat, auquel les Européens s'adaptent mal, mais on espère au moins revenir avec une victoire d'étape et figurer dans les 15 premiers au classement général ». Il va donc y avoir du spectacle pour les Burkinabés, mais aussi de l'humanitaire car les équipes vont profiter de leur passage pour faire découvrir ce sport et aider les jeunes à le pratiquer. « Nous avons un projet qui consiste, durant trois étapes, à distribuer du matériel cycliste pour développer ce sport au niveau local. On emportera des pièces de rechange, des outils pour monter le matériel... Certains vont même laisser leur vélo sur place ». En attendant de fouler la terre africaine, Christophe Vilpellet a continué de s'entrainer, ces derniers jours, sur les routes et chemins de la presqu'île où est implantée l'Ecole navale. Ce n'est certes pas l'Afrique mais, déjà, son vélo lui offre une véritable évasion : « Je ne connaissais pas Crozon et je profite des entrainements pour découvrir des points du vue magnifiques. C'est une région vraiment splendide et je tente tous les chemins que je trouve, ce qui fait d'ailleurs que je rencontre un certain nombre de culs de sac ! Malheureusement, côté préparation, le climat et le relief breton ne sont pas idéaux pour une course au Burkina Faso », estime-t-il avec le sourire.

   (© : DROITS RESERVES)
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