Nautisme
Christopher Pratt et DCNS 1000 achèvent la Route du Rhum

Actualité

Christopher Pratt et DCNS 1000 achèvent la Route du Rhum

Nautisme

Lauréat des Filières du Talent de DCNS, qui a investi pour la première fois dans un grand monocoque de course, Christopher Pratt vient d'achever sa première grande transat en solitaire. A la barre de DCNS 1000, le jeune skipper a terminé 8ème de la Route du Rhum, dans la catégorie IMOCA, où Roland Jourdain (Veolia Environnement) a franchi dimanche, en tête, la ligne d'arrivée. Christopher Pratt a, quant à lui, rejoint hier soir, à 20 heures 06 minutes 23 secondes (heure de Paris), la Guadeloupe. Depuis Saint-Malo, son temps de course est de 16 jours, 7 heures, 4 minutes et 23 secondes. Heureux, même s'il aurait voulu être plus haut dans le classement, où il ferme la marche chez les IMOCA, Christopher Pratt réalise ainsi son « rêve de gosse ». Et il peut être d'autant plus satisfait que les six derniers jours de course ont été difficiles à gérer. Sans électronique - donc sans fichiers météo -, sans aide à la navigation (quille notamment) et surtout, sans pilote automatique, Christopher a réussi à mener DCNS 1000 jusqu'à Pointe-à-Pitre. Rivé au cockpit du monocoque dans lequel il avait sorti un pouf à bille pour pouvoir s'allonger, barrant de la main ou du pied, le skipper dit avoir vécu cette fin de course comme une étape de solitaire du Figaro. « Il n'y a pas eu un moment de répit. Quand on part sur la Route du Rhum, on s'attend à ce que ce soit dur, mais à ce point, je pense que je ne pouvais pas l'imaginer On a eu une première semaine qui était hyper intense, hyper physique, avec des conditions musclées, et derrière ça, des conditions où il n'y avait plus du tout de vent, et par dessus, la panne moteur à quand même six jours de l'arrivée. Au niveau mental c'était vraiment super dur. Physiquement, c'est drôle là je ne me sens pas encore trop fatigué, je suis encore dans le rythme du bateau, mais c'est vrai que je ne sais pas depuis quand je n'ai pas dormi, je ne me rappelle pas en fait, je suis resté à la barre depuis 4 jours je crois, ou 5 jours, je ne sais plus. Je somnolais parfois à la barre allongé avec la barre au bout du pied ou au bout de la main, alors le bateau il allait un peu en zigzag, mais avoir pris un vrai moment pour dormir, je m'en rappelle plus », explique-t-il.

DCNS 1000  (© : AFP)
DCNS 1000 (© : AFP)

Profitant des Filières du Talent, un programme de transmission du savoir lancé en 2008 par DCNS sur l'apprentissage et la course au large, le jeune Marseillais a bénéficié de deux années de formation aux côtés de Marc Thiercelin, parrain de l'opération. A son arrivée dans le port guadeloupéen, Christopher Pratt n'a pas manqué de saluer l'expérience acquise grâce à Marc Thiercelin et bien sûr DCNS, dont l'initiative originale (c'est la première fois qu'une telle filière de détection de jeunes talents est créée dans la course au large) lui a permis de mener à bien cette course mythique. « Le but était de transmettre le maximum d'expérience en un minimum de temps, et d'apprendre à gérer ces bateaux là et ces courses là en solitaire. Je pense que Marc a réussi cela, à me faire passer un maximum de choses sur le temps imparti, et j'espère que la manière dont j'ai mené le bateau à bon port et en bon marin le confirme aujourd'hui. Je suis extrêmement reconnaissant, extrêmement content, comblé de ce projet là, de la confiance qu'ils m'ont accordée et j'ai vécu trois ans extraordinaires. Maintenant à moi de voler de mes propres ailes et d'utiliser cette expérience, autant maritime qu'humaine et sociale, pour rebondir et convaincre d'autres partenaires pour la suite ».

Christopher Pratt  (© : AFP)
Christopher Pratt (© : AFP)

Naval Group (ex-DCNS)