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Cinq jours de perturbations en perspective dans les ports français

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Cinq jours de perturbations en perspective dans les ports français

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A trois mois de l'aboutissement légal du processus de réforme des anciens ports autonomes français, initié par la loi de juillet 2008, les professionnels qui pressentaient une dernière ligne droite délicate pourraient bien avoir raison. Les Grands Ports Maritimes vont connaitre, à compter de ce mercredi, au moins cinq jours de perturbations. Car, en début de semaine, le conflit entre la CGT et le gouvernement, qui semblait avoir été apaisé à l'automne, repart de plus belle. La tension monte de nouveau autour de la question des départs anticipés à la retraite des travailleurs portuaires pour cause de pénibilité. Or, de cette négociation dépend la conclusion de la nouvelle convention collective nationale unifiée (CCN) des travailleurs portuaires, qui servira de cadre commun aux dockers et aux personnels de manutention dans établissements publics, ces derniers étant transférés aux opérateurs privés dans le cadre de la réforme. Et celle-ci ne pourra justement être mise en oeuvre qu'avec l'aboutissement des négociations sur la CCN unifiée.

Remise en cause de l'accord obtenu fin 2010

Hier, la Fédération Nationale des Ports et Docks CGT a affirmé que l'accord conclu avec le patronat le 27 octobre et validé début novembre par le directeur de cabinet de Jean-Louis Borloo, alors ministre de l'Ecologie et des Transports, était remis en cause. Lundi, les représentants syndicaux, qui devaient initialement être reçus par le nouveau secrétaire d'Etat aux Transports, Thierry Mariani, ont finalement rencontré les responsables de l'Union des Ports de France (UPF) et de l'Union Nationale des Industries de la Manutention (UNIM). Au cours de cette réunion avec les organisations patronales, la FNPD semble avoir subi une douche froide. « Le gouvernement revient sur plusieurs points : remise en cause du périmètre des salariés concernés par le dispositif, anticipation de deux ans au lieu de quatre ans, dispositif conventionnel mais d'une durée limitée », explique la fédération, qui juge cette nouvelle position inacceptable. « Comment pourrait-on retourner voir nos mandants, qui ont validé nos négociations, en leur expliquant que le dispositif n'est applicable que pour certains, pour deux ans, et surtout pas pour les nouveaux entrants dans la profession ? », s'interroge-t-elle.

Cinq jours de grève et reprise des anciennes actions

« C'est une entrave à la démocratie et surtout à la négociation entre les partenaires sociaux d'une branche d'activité. La remise en cause des engagements actés en négociations est inacceptable et balaye d'un coup, deux ans et demi de négociations intenses », affirme la FNPD CGT, qui appelle les travailleurs portuaires français « à réagir vivement, avec détermination ». Le mouvement débute ce mercredi, avec le dépôt d'un arrêt de travail de 24 heures pour les dockers et les agents des GPM de Marseille, du Havre, de Dunkerque, de Nantes Saint-Nazaire, de Rouen, de Bordeaux et de La Rochelle. Le mouvement se poursuivra demain avec un appel à cesser le travail pour les dockers. Puis, vendredi, la fédération a déposé un préavis de 24 heures pour les agents des ports. Samedi, ce sera de nouveau au tour des dockers puis, dimanche, les personnels des GPM prendront le relais. La FDPD appelle, par ailleurs, à la suppression des heures supplémentaires, shifts exceptionnels ou deux shifts de nuit, au travail dans le strict respect des règles de sécurité, ainsi qu'à 1 heure de grève par profession et par fréquence de travail. Enfin, des mots d'ordres sont d'ores et déjà donnés pour que les ports soient bloqués au cours des prochains week-ends. La fédération entend, ainsi, faire revenir le gouvernement sur les avancées obtenues en novembre, avec une position très claire : « Sans dispositif pénibilité correspondant aux engagements actés, pas de CCN unifiée, et donc pas de réforme ».

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