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Clemenceau : La Marine nationale n'interviendra pas contre les militants de Greenpeace

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Clemenceau : La Marine nationale n'interviendra pas contre les militants de Greenpeace

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Les deux militants écologistes, qui sont parvenus, ce matin, à se hisser à bord de l’ex porte-avions Clemenceau, ne seront pas délogés, du moins pour le moment. C’est ce qu’indique la Marine nationale, qui a dépêché sur les lieux l’Aconit. Le Groupement d’Intervention Rapide (GIR) de la frégate, est monté à bord du Clemenceau « pour leur signifier que l’occupation du navire n’était pas légale », précise la marine. Les fusilliers sont toutefois repartis sur leur bâtiment, sans tenter de déloger les activistes qui se trouvent, comme à Toulon le 12 décembre, en haut de la mâture. Ils dénoncent le transfert du « Clem » vers le chantier indien Shree Ram Vessel scrap Limited, d’Alang (Etat du Gujarat). « Le Clemenceau présente aujourd'hui un danger immédiat et direct pour l'environnement et les ouvriers indiens », explique Jérémy, l'activiste français de Greenpeace actuellement présent sur le Clemenceau. « La France, qui ne respecte pas la convention de Bâle, n'a tenu ni ses engagements de désamiantage ni ses engagements de formation des personnels indiens. Elle doit arrêter son hypocrisie en continuant de qualifier cette coque rouillée de navire militaire. Nous ne pouvons simplement pas laisser le bateau aller plus loin : ce déchet doit repartir en France où il doit être désamianté complètement et les autorités indiennes ne doivent pas l'accepter en l'état. »

Imbroglio politico juridico diplomatique: L'Egypte pourrait bloquer le navire!

L’Aconit est pour le moment en stand by. « Le ministère de la Défense regarde ce qui peut être faut juridiquement contre les militants de Greenpeace. Le parquet de Marseille a été saisi », nous a-t-on expliqué à l’Hôtel de Brienne. Pendant ce temps, les deux jeunes Danois et Français restent perchés à 70 mètres au dessus des flots et le convoi, à moins d’une journée de navigation du canal de Suez, poursuit sa route. Selon un officier : « C’est dangereux d’être à bord car le navire est vétuste. En plus, il ne faudrait pas qu’il leur vienne à l’idée de couper la remorque ». Une telle action serait un délit manifeste de mise en danger de la navigation et de l’environnement, dans un secteur où le trafic maritime est particulièrement dense. Greenpeace, de son côté, est intervenu auprès du gouvernement égyptien : « L'association demande à l'Egypte, signataire de la convention de Bâle, qu'elle refuse au Clemenceau l'accès au Canal de Suez », souligne Greenpeace France, qui a affirmé, cet après-midi à l'AFP, que Le Caire avait interdit au navire son entrée dans les eaux territoriales du pays. Une information démentie par le minsitère de la Défense: « Seules des informations complémentaires pour savoir s'il y a avait des produits toxiques et des polluants à bord ont été demandées ». Des négociations sont en cours avec les autorités françaises.
Profitant d’une fenêtre météo favorable (29 décembre au 2 janvier), la marine avait décidé de faire appareiller le Clemenceau le 31 décembre. La veille, les associations anti-amiante, emmenées par l’Andeva et Ban Abestos, avaient vu leur ultime recours rejeté devant le tribunal administratif de Paris. Selon les associations, malgré les lourds travaux de désamiantage entrepris par l'Etat avant le remorquage vers Alang, les quelques dizaines de tonnes de marinite encore présentes constituent une menace pour les ouvriers indiens, notamment les enfants, qui procèderont à la destruction du navire.

Voir notre article sur le volet indien de l’affaire avec l’avis négatif de la commission des déchets toxiques

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