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Clemenceau : Le Bureau Veritas rend son expertise sur les locaux amiantés

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Clemenceau : Le Bureau Veritas rend son expertise sur les locaux amiantés

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Trente-six mois. C'est le temps que pourrait durer le démantèlement de l'ex-porte-avions Clemenceau. Le ministère de la Défense devrait présenter, aujourd'hui à Brest, un dossier complet sur l'inspection de la coque réalisée ces derniers mois par le Bureau Veritas. Un certain nombre d'éléments ont, toutefois, été communiqués vendredi dernier, notamment à Robin des Bois et l'Andeva. Selon les associations, l'expertise a permis de relever la présence à bord du « Clem » de 17,5 kilomètres de tuyauterie dont le calorifugeage est considéré comme Amianté, mais aussi 2.380m2 de parois isolantes avec de l'amiante projetée, ainsi que 2,8 km de gaines de ventilation, 3.920 m2 de matelas dans des cloisons coupe-feu, 7.120 m2 de dalles et 44.000 m2 de peinture, tous considérés comme amiantés. Selon Robin des Bois, l'ensemble des câbles électriques, des mastics, feutres, joints et autres brides doit également être considéré comme amianté. Pour le ministère de la Défense, il n'est pas possible en l'état de convertir ces chiffres en poids d'amiante pure. Par ailleurs, les investigations du BV ont montré qu'aucun des locaux expertisés (soit 95%, 5% restant inaccessibles pour préserver l'intégrité de la coque) ne présentait d'empoussièrement atmosphérique supérieur aux seuils français réglementaires.

Pas de choix du chantier avant fin 2007

Cette cartographie et cette quantification de matériaux contenant de l'amiante va faciliter l'examen du dossier d'appel d'offres par les candidats sélectionnés, comme la dépollution de l'ancien porte-avions. L'expertise du Bureau Veritas sera complétée en début d'année prochaine par la recherche des autres substances toxiques, l'ensemble des frais étant à la charge du ministère de la Défense. Afin de démanteler la coque Q 790, 36 mois seraient donc nécessaires, contre un an initialement prévu, si le bâtiment avait été ferraillé en Inde. Le choix de l'entreprise ou du consortium qui sera chargé de sa déconstruction ne devrait pas être fait avant le troisième trimestre 2007, soit après l'élection présidentielle. Le démantèlement aurait lieu dans l'Union Européenne ou au sein de l'Association européenne de libre-échange (AELE). Au-delà du cas très médiatisé du Clemenceau, l'émergence d'une filière de déconstruction reste plus que jamais hypothétique. La rentabilité d'un tel secteur en Europe paraît très incertaine, sans oublier que l'Union ne dispose d'aucune grande structure industrielle capable de traiter des centaines de navires désarmés, qu'ils soient civils ou militaires.

283 navires expédiés chez les ferrailleurs asiatiques

Pour l'heure, l'ensemble des vieilles coques, à l'exception notable du Q 790, continue de prendre la route des chantiers asiatiques, notamment à Alang et au Bengladesh. Selon Robin des Bois, depuis le 1er janvier 2006, 283 navires ont été expédiés à la ferraille, dont 85 depuis début septembre. Agé en moyenne de 31 ans, 39 d'entre-eux étaient armés sous pavillon européen ou appartenaient à des armateurs européens. « Les prix offerts par les démolisseurs au Bangladesh ont fortement augmenté au début de l'automne jusqu'à atteindre 500 $ la tonne. Il est rappelé qu'aucun navire partant en démolition n'a fait l'objet d'une dépollution préalable. L'Inde contraint l'ex-France à une attente interminable et dangereuse pour l'intégrité du paquebot sur le littoral indien. Dans le même temps, elle accueille pour démolition de nombreux navires de croisière dont la charge en amiante est importante », souligne Robin des Bois, qui fait notamment référence au Monterey, de la compagnie MSC, arrivé tout récemment à Alang. Pour l'association : « L'Inde a fait un coup d'éclat avec le rejet du Clemenceau. Le pataquès judiciaire autour de l'ex-porte-avions français reste atypique. En 2006, aucun navire en fin de vie autre que le Clemenceau n'a été considéré comme un déchet dangereux dont l'exportation serait interdite, restreinte ou soumise à une notification en application de la convention de Bâle sur le transfert transfrontalier des déchets ».
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- Voir le diaporama du retour du Clemenceau à Brest

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