Marine Marchande
CMA CGM : Dans l'attente du nouveau montage capitalistique

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CMA CGM : Dans l'attente du nouveau montage capitalistique

Marine Marchande

Annoncée depuis de nombreux mois, l'arrivée de nouveaux investisseurs dans CMA CGM n'est toujours pas officialisée. Le groupe turc Yildirim est plus que jamais pressenti pour entrer au capital de l'armement français, alors que le Fonds stratégique d'investissement (FSI) pourrait également prendre une participation. Fin octobre, le FSI avait d'ailleurs indiqué qu'il étudiait la possibilité d'un co-investissement avec Yildirim. En tout état de cause, ce dossier devrait prochainement trouver son épilogue, après de très longues négociations et un défilé d'investisseurs potentiels. En un peu plus d'un an, ces derniers ont été nombreux à se dire intéressés par CMA CGM, avant de faire finalement machine arrière (fonds du Qatar, Colony Capital, Louis-Dreyfus, Albert-Frères...)
Après avoir rencontré de très grosses difficultés financières en 2008 et 2009, le groupe français, numéro 3 mondial du transport maritime conteneurisé, a redressé la barre à partir de la fin 2009. Au premier semestre 2010, CMA CGM a, ainsi, enregistré un chiffre d'affaires de 6.8 milliards de dollars, en progression de 41% par rapport à la même période de l'année précédente. Les volumes transportés ont augmenté de 22%, surfant sur la reprise des échanges mondiaux. Les performances de la compagnie se sont donc considérablement améliorées, sous le double effet des mesures de rationalisation mises en place durant la crise et le retour à la croissance de l'économie mondiale, notamment portée par l'essor du marché chinois.

Plus de 400 navires en flotte

Après avoir réduit la voilure, CMA CGM a repris le développement de sa flotte, dépassant cet été, pour la première fois de son histoire, le cap des 400 navires. Le groupe français s'approche, ainsi, du Suisse Méditerranean Shipping Company (MSC), numéro 2 mondial du secteur derrière le Danois Maersk Line. Ces derniers ne sont évidemment pas en reste, profitant eux aussi de la hausse de la demande. MSC mise notamment sur les porte-conteneurs géants, plus rentables, avec un impressionnant programme d'acquisition de 48 unités de plus de 13.000 EVP.
De nombreux experts restent néanmoins prudents quant au rebond du transport maritime, qui doit toujours gérer la mise en service progressive de très nombreux navires commandés avant la crise. Le carnet de commandes des chantiers demeure énorme et, si les constructeurs ont accepté de reporter de nombreuses livraisons, il faudra bien les prendre compte à partir de 2011. La croissance du marché sera-t-elle suffisante pour absorber les entrées en flotte ? C'est toute la question et une réponse positive est plus que souhaitable. Car, si ce n'est pas le cas, le transport maritime va droit à la rechute.

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