Marine Marchande
CMA CGM prend des mesures préventives après la perte de conteneurs au large de la Bretagne

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CMA CGM prend des mesures préventives après la perte de conteneurs au large de la Bretagne

Marine Marchande

Le groupe français, qui arme 244 navires, a décidé d’opter pour des mesures préventives de chargement de ses porte-conteneurs, après les pertes du week-end dernier. Entre le 17 et le 18 février, 185 boites provenant de cinq navires sont tombées à la mer, provoquant un important déploiement de moyens pour assurer la sécurité du trafic maritime, notamment en mer d’Iroise. CMA CGM, qui souligne qu’ « aucune marchandise dangereuse ni toxique n’est concernée », a décidé de charger un peu moins ses bateaux. Une mesure de précaution, précise-t-on chez l’armateur : « Une enquête et une expertise est en cours pour savoir exactement pourquoi ces conteneurs ont été perdus. Les conditions météorologiques étaient très difficiles, avec des creux de 9 mètres, mais ça n’a rien d’exceptionnel dans le secteur ». Suivant les résultats des expertises, la compagnie pourrait prendre des mesures, s’il y a lieu. Deux de ses porte-conteneurs ont rencontré des difficultés. Le Verdi, d’une capacité de 5762 TEU, est arrivé à Southampton avec 70 conteneurs manquants et une partie de sa cargaison chancelante. L’Otello (8488 TEU), qui réalisait sa deuxième rotation entre l’Asie et l’Europe, a quant à lui déploré la perte de 48 boîtes. Les navires de CMA CGM ne sont toutefois pas les seuls à avoir laissé des conteneurs en mer. Après avoir perdu 58 conteneurs en mer du Nord, le P&O Nedlloyd Mondriaan, (Maersk Line), en a perdu 51 autres (dont 45 vides) dans le golfe de Gascogne. Sensiblement au même moment, le cargo réfrigéré panaméen Ivorian Star (Green Spanker) annonçait au Cross Etel la chute de 6 conteneurs, alors que l’IBN Sina 2 (Compagnie algérienne de navigation), situé dans le rail d’Ouessant, signalait des boîtes éventrées sur son pont.

Le préfet maritime en appelle à la responsabilité des armateurs

La perte de conteneurs n’est pas rare, puisqu’on estime que plusieurs milliers de boites tombent chaque année des ponts des navires. Ces accidents sont relativement fréquents sur la route Atlantique/Manche/mer du Nord, l’une des plus fréquentées au monde, notamment par les porte-conteneurs en provenance de Chine et de l’ensemble de l’Asie. Selon certains assureurs, les pertes représenteraient à peine 0,006% de la quantité totale transportée. Il n’empêche, la croissance exponentielle du trafic conteneurisé et la présence à la mer de près de 200 boites en une seule nuit a de quoi inquiéter les autorités : « Si tous les camions de déménagement qui sont sur l’autoroute pour aller à Paris perdaient leurs valises, leurs armoires et leurs lits, je crois qu’on s’interrogerait. Et bien moi je m’interroge sur tous ces conteneurs qui tombent à l’eau », a tonné mardi le préfet maritime de l’Atlantique, au cours d’une conférence de presse. Exaspéré, le vice amiral d’escadre Laurent Mérer appelle les armateurs à la « responsabilisation » et les instances internationales à réexaminer la réglementation en matière d’arrimage et de chargement. Aujourd’hui, certains navires, comme les dernières unités de Maersk, sont capables de transporter près de 10.000 boites, l'équipage n'étant que d'une tentaine d'hommes. Les pouvoirs publics s’interrogent sur la compatibilité de la sécurité avec des délais de chargement et de livraison toujours plus courts. Par chance, aucune boite en perdition le week-end dernier ne contenait de produit toxique et la plupart ont rapidement coulé. Elles représentent toutefois un risque pour les pêcheurs et, pour celles qui flottent, comme les conteneurs réfrigérés, un danger majeur pour la navigation. Dépêchés au large de Brest, les bâtiments de soutien Alcyon et Argonaute ne sont parvenus à récupérer que deux conteneurs, une opération particulièrement difficile et dangereuse, compte tenu de la météo.

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