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CMN : beau plan de charge et nouveau chantier à l’Horizon

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CMN : beau plan de charge et nouveau chantier à l’Horizon

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Les Constructions Mécaniques de Normandie tournent de nouveau à plein régime, avec un plan de charge assuré pour trois ans et des contrats en attente de signature pour trois à quatre années supplémentaires. En juillet, le chantier cherbourgeois a notamment mis à l’eau les deux premiers d’une série de 39 intercepteurs du type HSI 32 commandés par l’Arabie Saoudite. Des bateaux en aluminium de 32 mètres lancés avec quatre mois d’avance sur le planning initial, conformément au vœu exprimé par Ryad en janvier afin de disposer plus rapidement de ces unités considérées comme cruciale pour la lutte contre le terrorisme et, plus généralement, la protection du trafic maritime transitant autour de la péninsule arabique, comme des installations offshore et approches portuaires du royaume. Afin d’accélérer la livraison des HSI 32, la formation des équipages sera menée directement à Cherbourg et non en Arabie Saoudite, comme cela avait été initialement acté. En tout, le constructeur normand produira, d’ici début 2022, 21 de ces 39 intercepteurs, les 18 autres allant être réalisés par le groupe saoudien Zamil à Dammam.

Et la série pourrait être sensiblement allongée puisque la commande de 19 HSI 32 supplémentaires est en discussion. Il s’agit contractuellement de remplacer les trois grands patrouilleurs de 56 mètres du type La Combattante FS56 initialement commandés pour le Liban (en 2015) dans le cadre du défunt programme DONAS, qui devait être financé par les Saoudiens et portait sur de nombreux matériels militaires français (bateaux, hélicoptères, véhicules, missiles…). Toutefois, compte tenu de la situation complexe au Levant et de l’influence grandissante du Hezbollah, hostile à l’Arabie Saoudite, Ryad a décidé en 2016 de suspendre le contrat tel que prévu, tout en reprenant à son compte les commandes signées, moyennant certaines évolutions. DONAS est alors devenu le programme SFMC (Saoudi French Military Contract).

Les trois FS56 ont néanmoins été mis en chantier en 2017 et les coques des deux premiers sont bien avancées. Ces bateaux doivent être repris par l’Arabie Saoudite mais leur construction a été interrompue en attendant un accord sur les équipements dont ils vont être dotés. Cela peut aller d’un armement léger pour une fonction garde-côtes à un système de combat complet. Tout dépendra des choix du client, mais aussi de ce que le gouvernement français autorisera à exporter dans le contexte tendu des ventes d’armes à l’Arabie Saoudite en marge du conflit au Yémen.

Quant au Liban, il doit toujours moderniser sa marine et, notamment, se doter de patrouilleurs hauturiers. Un projet de quatre à six bâtiments bénéficiant d’un financement français est en cours, CMN étant candidat à leur réalisation, tout comme Socarenam, Kership et Ocea.

CMN est par ailleurs impliqué dans les accords conclus par sa maison-mère, Privinvest, avec l’Angola. Le projet porte sur huit bâtiments, de l’intercepteur au patrouilleur. Cherbourg a déjà livré à ce pays les trois premiers, des HSI 32. La construction de nouveaux bateaux n’a pas pour le moment débuté.

Toujours à l’international, le constructeur normand est en lice sur plusieurs affaires, dont le programme majeur des six futures corvettes d’environ 65 mètres destinées au Koweït. La compétition en est au stade final, CMN (qui collabore sur ce dossier avec Naval Group) ayant été retenu en short list avec l’allemand Lürssen.

Longtemps tenu à l’écart des marchés nationaux, le constructeur cherbourgeois a également retrouvé de l’activité avec la France. Il participe actuellement en coopération avec le groupe BMA et ses chantiers Merré (Nort-sur-Erdre) et CIB (Brest) au programme des 29 nouveaux remorqueurs-pousseurs de 10 tonnes qui doivent être livrés d’ici 2023 à la Marine nationale. Le premier des quatorze devant être produit par CMN a été mis à l’eau en mai dernier.

Fort de ce contrat, l’entreprise, toujours en alliance avec BMA mais aussi Socarenam, est maintenant en lice pour le programme des futurs RP 30, qui portera sur une vingtaine d’unités. CMN est enfin en compétition pour le programme des six nouveaux patrouilleurs d’outre-mer (POM) de la Marine nationale, dont la commande est prévue cet hiver. Le constructeur cherbourgeois ne s’est en revanche pas positionné, pour le moment, sur les dix futurs patrouilleurs océaniques (PO) français.

Côté personnel, les effectifs du chantier cherbourgeois, qui cherche par ailleurs à se développer sur le segment des hydroliennes, sont remontés à 330 salariés en CDI, auxquels s’ajoutent environ 80 intérimaires et CDD. Compte tenu de la charge, les recrutements se poursuivent, notamment dans les métiers de la production, où les candidats ne sont ici comme ailleurs pas légion.

Enfin, puisque le carnet de commandes a été regarni et que la visibilité s’est sensiblement accrue, l’édification d’un nouveau chantier revient au goût du jour afin de permettre à CMN de remplacer ses infrastructures vieillissantes par un outil industriel ultramoderne. Si tout se passe comme prévu, le projet devrait être finalisé dans les mois qui viennent en vue d’être lancé en 2020.

 

Constructions Mécaniques de Normandie (CMN)