Construction Navale
CMN : Hausse de l’activité et nouveau chantier en vue

Actualité

CMN : Hausse de l’activité et nouveau chantier en vue

Construction Navale
Défense
Energies Marines

A Cherbourg, l’heure est à l’optimisme chez CMN, où l’on achèvera en 2016 un important contrat avec le Mozambique avant d’enchainer normalement sur plusieurs projets majeurs, en cours de finalisation.  « L’année 2015 a été identique à 2014 en termes de résultats, qui sont tout à fait satisfaisants. Et je suis confiant pour 2016 et les années suivantes. Nous sommes dans une phase de transition entre le contrat Mozambique et un ou plusieurs autres contrats que nous attendons. Avant la fin janvier, nous devrions repartir avec un niveau d’activité supérieur à celui que nous avons connu ces deux dernières années et qui était déjà très important », explique Pierre Balmer, président de CMN. Si tout va bien, les effectifs, actuellement de 310 salariés, pourraient augmenter, avec plusieurs dizaines d’embauches à la clé.

 

Combattante FS56 (© CMN)

Combattante FS56 (© CMN)

 

Parmi les bonnes nouvelles attendues, l’une est connue. Il s’agit de l’entrée en vigueur des différents contrats de matériels militaires que les industriels français doivent livrer à l’armée libanaise. Avec, parmi ces équipements, trois patrouilleurs de nouvelle génération de 56 mètres du type La Combattante FS56.

 

HSI 32 (© MICHEL FLOCH)

HSI 32 (© MICHEL FLOCH)

 

Trois intercepteurs de plus pour le Mozambique

Alors que CMN, dont la gamme militaire va de l’intercepteur de 15 mètres à la corvette furtive de 90 mètres, a d’autres fers au feu, le programme de la marine mozambicaine entre dans sa phase finale. Avant la fin de l’année, les trois intercepteurs en aluminium de 32 mètres du type HSI 32 partiront pour la côte Est de l’Afrique. « Ces intercepteurs sont achevés et l’entrainement des équipages s’est très bien passé. Les marins mozambicains ont pu prendre en main ces bateaux formidables et apprécier leurs capacités en les pilotant à plus de 50 noeuds ». Après cette première série de trois unités, le Mozambique a d’ailleurs commandé trois autres HSI 32, qui sont en cours de réalisation en vue d’un achèvement mi-2016. D’ici là, CMN aura livré au même client trois patrouilleurs à coque trimaran en composite du type Ocean Eagle 43. Les travaux se terminent sur ces bateaux et la formation des équipages devrait débuter mi-janvier. Elle durera 8 à 10 semaines.

 

Ocean Eagle 43 (© MICHEL FLOCH)

Ocean Eagle 43 (© MICHEL FLOCH)

 

De nouveaux modèles qui suscitent de l’intérêt

Le HSI 32 et l’Ocean Eagle 43 constituent les premières réalisations de la nouvelle gamme militaire développée par les bureaux d’études de CMN. « Nous sommes vraiment satisfaits de ces nouveaux modèles et de leurs performances, qui sont exceptionnelles. Ils sont rapides, robustes, manoeuvrants et tiennent très bien la mer. Ceux à qui nous avons proposé de les tester sont revenus de leurs sorties en mer très impressionnés », affirme Pierre Balmer, qui souligne que disposer aujourd’hui de ces bateaux opérationnels est un atout indéniable pour convaincre d’autres marines d’en acquérir. Il n’en dira toutefois pas plus sur les clients potentiels. « Il y a des touches mais il faut rester discret », confie simplement le patron de CMN, qui compte bien voir les nouveaux fleurons du chantier faire bientôt parler d’eux.

 

HSI 32 et Ocean Eagle 43 (© AVOTRIMAGE)

HSI 32 et Ocean Eagle 43 (© AVOTRIMAGE)

 

Le retour de la pêche

En dehors du marché militaire, CMN a également renoué avec la pêche, pour la première fois depuis 1987, là encore grâce au Mozambique. Ce dernier a commandé 21 palangriers et 3 chalutiers de 23.5 mètres et 195 UMS de jauge, livrés en 2014 et 2015. Alors que le chantier cherbourgeois a développé plusieurs types de bateaux de pêche, il mise sur ce premier succès pour décrocher d’autres contrats. « Même si nous sommes un peu moins proactifs que dans le militaire, qui est notre principal cheval de bataille, nous continuons de pousser la pêche. Les bateaux mozambicains fonctionnent bien et nous avons des discussions avec un certain nombre d’armements français et étrangers ».

 

Palangriers réalisés pour le Mozambique (© CMN)

Palangriers réalisés pour le Mozambique (© CMN)

 

La fin de l’aventure dans le yachting ?

En revanche, après quelques belles réalisations à la fin des années 2000, comme les Slipstream et Cloud 9 de 60 mètres, le constructeur de Cherbourg a jeté pour le moment l’éponge sur les yachts. « Rien n’est jamais définitif mais, pour l’instant, nous n’avons plus aucune activité dans ce domaine », confirme Pierre Balmer.

 

Le modèle d'hydrolienne marine (© CMN)

Le modèle d'hydrolienne marine (© CMN)

 

Diversification avec les hydroliennes

Si la grande plaisance a été mise en sommeil, CMN cherche aujourd'hui à diversifier son activité grâce aux énergies marines, et plus particulièrement les hydroliennes. Sa première expérience remonte à 2013, année où le chantier a assemblé le prototype de l’hydrolienne HyTide, développée par Voith Hydro. L’imposante machine, d’un poids de 226 tonnes et dotée d'une turbine d’1 MW, a été installée pour essais sur le site du Centre européen d’énergie maritime (EMEC), en Ecosse. CMN s’est ensuite allié, en 2014, à Hydroquest, qui a conçu une machine innovante à axe vertical. Le projet présenté par les deux partenaires à l’occasion de l’appel à manifestation d’intérêt pour l’implantation d’une ferme pilote dans le Raz Blanchard n’a toutefois pas été retenu. « Mais nous sommes très confiants pour le nouvel AMI portant sur l’implantation de démonstrateurs sur le site de Paimpol-Bréhat. C’est important car cela nous permettra de démontrer que notre technologie fonctionne en conditions réelles ». Alors que la réponse à cet AMI est attendue au cours du premier semestre 2016, CMN, qui était entré en 2014 au capital d’Hydroquest, a augmenté sa participation de 10 à 15%. Et le chantier compte prendre le contrôle de la société, c'est à dire monter au delà de 50%, dès qu’un contrat significatif sera engrangé.  

 

Hydrolienne fluviale à Orléans (© HYDROQUEST)

Hydrolienne fluviale à Orléans (© HYDROQUEST)

 

Un fort potentiel également dans le fluvial

On notera qu’en dehors du maritime, Hydroquest travaille également sur les hydroliennes fluviales et dispose déjà de machines opérationnelles sur la Loire et en Guyane. « C’est un marché d’avenir. Nous avons dans le fluvial plusieurs fers au feu en France et nous avons commencé à prospecter à l’étranger ». Dans cette perspective, une modélisation numérique mondiale a été réalisée cet été par Artelia. « Cette cartographie répertorie les fleuves et rivières de tous les continents avec les profondeurs et courants. C’est un outil formidable qui nous permet de savoir combien de kilomètres peuvent être équipés et la puissance qui peut être générée dans chaque pays où nous allons démarcher ».  

 

Le futur chantier de Cherbourg (© LAH / AT)

Le futur chantier de Cherbourg (© LAH / AT)

 

Nouveau chantier : Les autorisations attendues d’ici 2017

Sur le plan commercial et industriel, CMN a donc du pain sur la planche. C’est pourquoi le moment est jugé propice pour ouvrir un nouvelle page d’histoire à Cherbourg, avec un tout nouveau chantier. Il s’agit de quitter les installations vieillissantes et géographiquement éclatées pour construire un tout nouveau site offrant un outil industriel moderne et concentré, capable de répondre à la hausse de la charge tout en améliorant la compétitivité. Cet investissement majeur, dont le coût est estimé entre 70 et 80 millions d’euros, doit franchir rapidement des étapes décisives. « Je suis confiant dans le fait que l’année 2016 fera évoluer de manière significative ce projet. A la fin de l’année pochaine, au plus tard au premier semestre 2017, nous comptons avoir les autorisations administratives permettant de lancer les travaux », précise Pierre Balmer. Pour l’heure, le principal verrou réside dans l’emplacement du site, CMN souhaitant ériger son nouveau chantier au nord, près du quai d’armement et du synchrolift. Ce qui nécessite apparemment des travaux de remblaiement supplémentaires par rapport à ce que le port de Cherbourg a prévu dans le cadre de l’aménagement du nouveau hub logistique dédié aux énergies marines.   

- Voir notre article complet sur le projet de nouveau chantier

 

Constructions Mécaniques de Normandie (CMN)