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CNIM étoffe sa gamme d’engins de débarquement
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CNIM étoffe sa gamme d’engins de débarquement

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Plusieurs nouveaux modèles, dont un astucieux navire multifonctions embarquable sur bâtiment de projection et de commandement, sont venus étoffer la gamme de CNIM en matière d’unités de débarquement.

Parmi ces nouveautés, il y a donc le Landing Craft X, monocoque en acier de 29.5 mètres de long pour 6.4 mètres de large. Doté d’une plateforme de 95 m² et capable d’emporter jusqu’à 65 tonnes de chargement, il peut atteindre la vitesse de 20 nœuds avec 40 tonnes à bord, et jusqu’à 35 nœuds à vide, avec une autonomie en charge de 500 milles.

 

Le LCX (© CNIM)

Le LCX (© CNIM)

Le LCX (© CNIM)

Le LCX (© CNIM)

 

Faire des BPC des bases navales

Capable de plager, le LCX présente la particularité de disposer d’une véritable étrave, les chargements et déchargements se faisant uniquement via une rampe à l’arrière. Cela lui permet d’offrir des capacités nautiques bien supérieures aux traditionnels chalands et ainsi de pouvoir naviguer jusqu’ à mer 5.  « Ce nouvel engin a les dimensions d’un chaland de débarquement et peut projeter sur la côte des véhicules, des troupes et du matériel. Mais nous l’avons conçu comme un vrai bateau, avec une étrave lui permettant de naviguer sur tout type de mer. Le LCX a été imaginé comme un couteau suisse, l’ambition étant de proposer aux marines de transformer leurs grands bâtiments de projection et de transport de chalands de débarquement en plateformes multifonctions. Des bâtiments qui, après avoir assuré un transport océanique des forces à projeter, peuvent devenir sur zone de véritables bases navales à partir desquelles il est possible de conduire de multiples missions en plus des opérations amphibies et aéromobiles », explique Matthias Bayart, directeur de la business line Défense et Maritime de CNIM.

 

Le LCX (© CNIM)

Le LCX (© CNIM)

 

Patrouilles, lutte ASM, guerre des mines, déploiement de forces spéciales...

Au-delà de ses capacités de transport, le LCX, grâce à sa rapidité et son armement constitué de deux canons de 20mm, peut par exemple effectuer des patrouilles et sécuriser la zone où se trouve son bateau-mère. Mais CNIM l’a conçu pour remplir bien d’autres rôles grâce à l’ajout de kits de mission. Le LCX peut, par exemple, servir à la lutte anti-sous-marine côtière grâce à l’emport d’un sonar remorqué. Une approche qui a déjà été expérimentée par l’industriel et Thales, qui ont conduit entre juillet et septembre 2015 des essais du Captas 1 sur le premier L-CAT, le prototype de catamaran de débarquement de CNIM qui a servi de base aux EDAR construits ensuite pour les marines française et égyptienne. Le LCX pourrait également servir à la mise en œuvre de drones de guerre des mines ainsi qu’au déploiement de forces spéciales. Grâce à sa rampe arrière, qui peut servir de plateforme de mise à l’eau, il est en effet possible de déployer facilement de grands semi-rigides, comme les ECUME des commandos marine. Des essais en ce sens ont d’ailleurs été conduits par la Marine nationale à partir de ses EDAR. L’intérêt de projeter ainsi les semi-rigides est de préserver leur potentiel et éviter aux hommes la fatigue inhérente à de longs raids nautiques. Le bateau peut ainsi s’approcher au maximum de la zone d’intervention et donc éviter une bonne partie du transit aux semi-rigides, tout en permettant à un bâtiment de type BPC de conduire des opérations spéciales par voie maritime à plus grande distance.

 

Essais de mise en oeuvre d'un semi-rigide depuis un EDAR (© CNIM)

Essais de mise en oeuvre d'un semi-rigide depuis un EDAR (© CNIM)

Essais de mise en oeuvre d'un semi-rigide depuis un EDAR (© CNIM)

Essais de mise en oeuvre d'un semi-rigide depuis un EDAR (© CNIM)

 

Gabarit d'un chaland de débarquement pour intégrer la batellerie

L’un des avantages du LCX est son encombrement, calibré sur le gabarit d’un chaland de débarquement. Cela signifie par exemple que le radier d’un BPC du type Mistral pourrait accueillir jusqu’à quatre unités de ce type. Mais l’idée est plutôt de panacher la batellerie pour en accroître l’efficacité, ce qui est déjà le cas aujourd’hui puisque la dotation standard d’un BPC en opération est d’un EDAR et de deux chalands de type CTM. L’un de ces CTM pourrait donc être remplacé par un LCX.

Radier d'un BPC avec un EDAR, un LCX et un chaland de type LCA (© CNIM)

Radier d'un BPC avec un EDAR, un LCX et un chaland de type LCA (© CNIM)

(© CNIM)

(© CNIM)

 

Un nouveau chaland débarquement, le LCA

En dehors de ce concept, CNIM a dévoilé à l’occasion du salon Euronaval, fin octobre, un nouveau modèle de chaland de débarquement. Le LCA (Landing Craft Assault) est un engin en acier de 6.4 mètres de large se déclinant en deux longueurs (23 et 29 mètres de long pour une capacité d’emport de 65 et 85 tonnes). Le plus grand modèle offre une surface de pont de 115 m². Doté d’hélices carénées, le LCA affiche une autonomie de 300 milles et une vitesse de 18 nœuds à vide et 13 nœuds en charge, ce qui le rend plus rapide que les chalands traditionnels. Il dispose de capacités roll-on roll-off avec deux rampes à l’avant et à l’arrière.

 

 

L’armement peut comprendre trois mitrailleuses de 12.7mm. « Le LCA correspond à ce que l’on pense être une bonne solution pour le marché export. C’est un engin de débarquement au concept classique mais qui correspond à un besoin des marines et continue d’être complémentaires au L-CAT ». En dehors du marché international, on notera que CNIM s’est également positionné avec le constructeur Socarenam (qui a réalisé les EDAR français et égyptiens) dans la compétition pour le renouvellement des CTM de la Marine nationale. Il s’agit du programme EDAS (engins de débarquement amphibie standards). Un appel d’offres a été émis fin 2017 pour de nouveaux chalands (jusqu’à 14), le lauréat devant être connu prochainement.

 

Un EDAR de la marine française (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Un EDAR de la marine française (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Toujours des perspectives pour le L-CAT

Parallèlement, CNIM continue de commercialiser la famille L-CAT avec le modèle ship to shore qui a servi de base aux EDAR. Cet engin en aluminium de 30 mètres de long pour 12 mètres de large dispose en son centre d’une plateforme élévatrice de 127 m² (avec rampe avant et rampe arrière) qui lui permet, en position haute, de naviguer en configuration catamaran, afin d’être plus rapide et plus stable, et lorsqu’elle est en position basse, de se comporter comme un chaland traditionnel. La capacité d’emport est de 80 à 100 tonnes, avec une vitesse de 30 nœuds à vide et 18 en charge, pour une autonomie de 500 milles. L’armement comprend jusqu’à quatre mitrailleuses.

 

Un BPC et un EDAR de la marine française (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Un BPC et un EDAR de la marine française (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Une nouvelle version shore to shore

CNIM a également développé une version shore to shore du L-CAT, spécialement conçue pour des interventions inter-régionales et en zones archipélagiques, où cet engin peut conduire des opérations à fort degré d’urgence, qu’il s’agisse de déploiement d’unités militaires, de soutien logistique ou d’intervention humanitaire. On rappellera que le groupe français avait participé avec Fincantieri (via sa filiale américaine FMG) à la compétition pour les nouveaux engins de débarquement de l’US Army, qui a finalement préféré une solution anglo-saxonne. Mais le marché pour de tels engins est apparemment assez important, avec des besoins exprimés notamment en Asie du sud-est, dans la Pacifique et au Moyen-Orient.

 

La nouvelle version shore to shore du L-CAT (© CNIM)

La nouvelle version shore to shore du L-CAT (© CNIM)

La nouvelle version shore to shore du L-CAT (© CNIM)

La nouvelle version shore to shore du L-CAT (© CNIM)

 

A Euronaval, CNIM a présenté une nouvelle évolution du L-CAT STS, avec une propulsion boostée qui permet au bateau d’atteindre 35 nœuds à vide et 25 en charge. Long de 36 mètres pour une largeur de 14 mètres, il peut sur sa plateforme élévatrice de 145 m² emporter une cargaison de 80 à 100 tonnes et affiche une autonomie atteignant 800 milles. L’armement standard comprend deux canons de 20mm mais il est également possible d’installer une autodéfense plus musclée, par exemple avec un système surface-air Simbad RC, ou encore pour l’appui feu la version navale du missile MMP.

 

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