Marine Marchande
CO2 : la France va plaider pour une réduction de la vitesse des navires

Actualité

CO2 : la France va plaider pour une réduction de la vitesse des navires

Marine Marchande

La France vient d’annoncer qu’elle allait présenter une proposition de mise en place immédiate de régulation de la vitesse des navires lors de la prochaine session de négociation de l’Organisation Maritime Internationale au mois de mai. Derrière cette proposition, il y a la nécessité, pour le transport maritime, de prendre en compte et de réduire ses émissions de CO2. Naviguer moins vite, c’est consommer moins et donc, mécaniquement, émettre moins. Cette régulation de vitesse pourrait ensuite être suivie de la mise en place d’un plafond annuel d’émissions de gaz à effet de serre attribué à chaque armateur qui aurait le choix de la méthode à appliquer pour le respecter.

Pour Philippe Louis-Dreyfus, interrogé par Mer et Marine, cette annonce est un « grand succès pour la cause maritime mais aussi une victoire personnelle ». Il plaide depuis « au moins deux ans » pour cette solution. « Cela fait plus de dix ans, dans mes différentes responsabilités en tant qu’armateur, à l'ECSA ou au BIMCO, que je martèle l’importance, pour notre métier, d’être moteur en matière environnementale. Cela ne sert à rien de faire l’autruche en espérant que les règlementations ne se feront pas. Nous devons proposer des idées. Réduire la vitesse des navires, c’est avant tout une solution de bon sens, qui permet de réduire à la fois les émissions de soufre et de CO2 », résume Philippe Louis-Dreyfus.

L’OMI a adopté, l’an passé, une stratégie de réduction de gaz à effet de serre des navires. Celle-ci fixe des objectifs ambitieux avec notamment une réduction d’émission à la tonne transportée de 40% en 2030 et de 50% en 2040. Pour cela, la méthodologie n’avait pas encore été établie. Et tout est envisageable, du quota à la taxe. « Notre proposition a, dans un premier temps, rencontré beaucoup de résistance au niveau international et national. Et puis, progressivement, les armateurs se sont rendus compte que réduire la vitesse, c’était un moindre mal ».

Dans les instances armatoriales internationales, l’opposition initiale tend à diminuer. « Les Grecs et les Japonais y sont désormais favorables, ainsi que les présidents actuels de l’ECSA et du BIMCO. Ce sont des signes très encourageants ». Au niveau national, il a fallu trouver l’unanimité au sein des membres d’Armateurs de France, qui a ensuite soutenu et appuyé la demande. Parallèlement, Philippe Louis-Dreyfus a pu évoquer le problème avec Emmanuel Macron, auprès duquel il a trouvé une oreille attentive. Ce qui a sans doute permis d’accélérer le processus ministériel.

La proposition est là, saluée par le gouvernement et la profession, à l’image de Jean-Marc Roué, président d’Armateurs de France, qui y voit « une solution efficace pour relever le défi environnemental auquel le shipping est confronté. Selon les secteurs d’activités du transport maritime (NDLR : les ferries et les lignes conteneurs ne sont pas concernés par cette proposition), elle doit désormais être réglementée pour une application pérenne, en évitant toute distorsion de concurrence  ». La proposition va désormais devoir passer devant les instances de l’OMI et y remporter l’adhésion de ses membres. Un processus qui risque d’être long.

 

Divers marine marchande