Marine Marchande
CO2 : l’OMI se penche sur le projet de fonds de 5 milliards pour de la R&D

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CO2 : l’OMI se penche sur le projet de fonds de 5 milliards pour de la R&D

Marine Marchande

Le comité de protection du milieu marin (MEPC) de l’Organisation maritime internationale n’a pas tranché. Les membres de l’OMI ont examiné la semaine dernière une proposition des principales organisations du transport maritime de créer un Conseil international de recherche et de développement maritimes (IMRB) et un fonds associé de 5 milliards de dollars sur 10 ans pour promouvoir la recherche et le développement sur des solutions permettant de décarboner le transport maritime. Les huit organisations à l’origine de cette proposition, émise il y a près d’un an, suggèrent de collecter les fonds en prélevant 2 dollars par tonne de carburant consommé par les compagnies maritimes à travers le monde pour financer cette organisation non-gouvernementale à compter de 2023 et aider l’OMI à remplir ses objectifs de réduire les émissions de CO2 d’au moins 40% d’ici 2030. Mais de très nombreuses questions divergentes ont été soulevées par les délégations et, à l’issue du MEPC vendredi, les membres se sont seulement mis d’accord pour envisager de créer cet organisme. Ils ont convenu d’examiner plus en détail la proposition lors de la prochaine session en juin 2021.

Les promoteurs de cette initiative (BIMCO, Cruise Lines International Association, Intercargo, Interferry, International chamber of shipping, Intertanko, International parcel tankers association, World shipping council) ont estimé que les gouvernements avaient apporté « une contribution constructive », notamment des questions « importantes sur la gouvernance et la surveillance » de l’IMRB par l’OMI, ainsi que « la nécessité de prendre en compte les intérêts des pays les moins avancés et petits Etats insulaires en développement ». Ils ont ajouté que « l’industrie reconnaît la nature sans précédent de sa proposition et les complexités associées ».

Compromis

Comme prévu, en milieu de semaine dernière, le MEPC a examiné et approuvé un projet d’amendements à la Convention internationale pour la prévention de la pollution par les navires (MARPOL) pour réduire l’intensité carbone du transport maritime. Il s’agit notamment d’équiper les navires d’outils de limitation de puissance et d’attribuer des notes d’efficacité énergétique aux bateaux de plus de 5000 tjb allant de A à E. Les navires tombant dans les catégories D et E devront présenter des plans de réduction de leurs émissions. Ce projet d’amendements doit être proposé pour adoption lors du prochain MEPC qui se tiendra en juin 2021.

Dans le communiqué de l’OMI, le Secrétaire général, Kitack Lim admet qu’il reste « encore beaucoup à faire sur la mise en œuvre des mesures » et estime que ces amendements sont « d’importantes bases nécessaires pour rendre possibles de futures discussions sur les mesures à moyen et long termes ». La France, par la voix de la ministre de la Mer, Annick Girardin, avait admis que « le compromis final n'est pas aussi ambitieux que la France et ses partenaires européens l'auraient voulu ».

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